Le COVID-19 en Afrique : protéger les vies et les économies africaines

Selon les auteurs de ce rapport, pour le continent africain, les coûts économiques de la pandémie ont été plus rudes que l’impact direct du COVID-19. Néanmoins, on estime que sans protection suffisante, plusieurs centaines de milliers d’Africains pourraient perdre la vie à cause du COVID-19.

Selon le rapport COVID-19 : Protéger les vies et les économies africaines, publié en avril 2020 par la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), plus de 300 000 Africains risquent de perdre la vie à cause du coronavirus. Cela, alors que la pandémie continue d’avoir un impact sur les économies en difficulté du continent dont la croissance devrait passer de 3,2 à 1,8 pour cent dans le meilleur des cas, plongeant près de 27 millions de personnes dans l’extrême pauvreté. 

Le rapport indique également qu’en raison de la progression de la crise, les systèmes de santé déjà fragiles de l’Afrique devront faire face à des coûts supplémentaires alors qu’au moment de la publication de ce rapport on compte plus de 16 000 cas confirmés de contamination et plus de 800 décès.

Vera Songwe, sous-secrétaire générale des Nations unies et secrétaire exécutive de la Commission économique pour l’Afrique, fait remarquer que « les coûts économiques de la pandémie ont été plus durs que l’impact direct du COVID-10. Dans tout le continent, les pays souffrent du choc soudain auquel leur économie est confrontée. Les mesures de distanciation physique nécessaires pour contenir la pandémie étouffent l’activité économique. »

Le rapport indique que les petites et moyennes entreprises africaines risquent de cesser toute activité si un soutien immédiat ne leur est pas accordé. Par ailleurs, le prix du pétrole, qui représente 40 pour cent des exportations africaines, a diminué de moitié et les exportations africaines majeures, par exemple celles des textiles et des fleurs coupées, se sont écroulées. Le tourisme, qui représente 38 pour cent du PIB de certains pays africains, est à l’arrêt, tout comme l’est le transport aérien dont il dépend. 

Côté positif, le rapport note l’existence d’un certain nombre d’efforts concertés visant à maintenir le flux des échanges commerciaux, notamment en ce qui concerne les produits médicaux essentiels et les produits alimentaires de base, grâce à la mise en œuvre d’une politique volontaire d’interdiction d’exporter. Il propose également la mise en commun de la propriété intellectuelle applicable aux fournitures médicales, aux nouveaux tests et aux vaccins pour aider le secteur privé africain à jouer son rôle dans la lutte contre la pandémie. 

Ce rapport est le résultat d’analyses approfondies présentées aux ministres africains des Finances lors de deux réunions virtuelles, ainsi que de consultations de représentants importants de la société civile, d’institutions financières internationales et du secteur privé. 

(CEA/ile)

Pour en savoir plus, télécharger le rapport sur le site de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA).