En Afrique l’Ouest, la pandémie de COVID-19 frappe de plein fouet une situation alimentaire déjà très fragile.
Photo : ©Sylvain Cherkaoui, Oxfam

50 millions de personnes sont menacées de famine en Afrique de l’Ouest

L’impact du coronavirus conjugué à la saison de soudure et aux conflits et à l’insécurité pourrait considérablement accroître l’insécurité alimentaire en Afrique l’Ouest, alertent les ONG.

D'après la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), avec l’impact du COVID 19, le nombre de personnes en crise alimentaire et nutritionnelle en Afrique de l’Ouest pourrait passer de 17 à 50 millions entre juin et août 2020, déclare OXFAM International en avril 2020.

Les agriculteurs, éleveurs, pêcheurs et transformateurs peinent à poursuivre leurs activités et voient leurs moyens d’existences menacés. Des mesures doivent être prises pour protéger les plus vulnérables et assurer la production alimentaire, pour que la faim et la malnutrition ne soient plus un danger quotidien, exigent des ONG dans une déclaration commune.

Elles appellent l’ensemble des gouvernements à, d’une part contrôler les prix, assurer l’approvisionnement des marchés en denrées alimentaires issues des exploitations familiales et les transports de marchandises, et d'autre part, mettre en place des filets sociaux, pour venir en aide aux plus vulnérables.  

Dans certains pays, l’accès à la nourriture est devenu très difficile


Dans les villes comme dans les zones rurales de la région, malgré les efforts des États, les populations sont aujourd’hui confrontées à des difficultés d’accès aux marchés alimentaires, à un début de hausse des prix, à une baisse de la disponibilité de certaines denrées de base, conséquences des mesures restrictives mises en place, confinement ou couvre-feu, la fermeture des frontières et insécurité dans certaines zones.

La crise du coronavirus conjuguée à l’insécurité, exacerbe la menace de la stabilité des marchés et frappe de plein fouet une situation alimentaire déjà très fragile. Dans les pays confrontés à des crises humanitaires, l’accès à la nourriture est devenu très difficile. Au Burkina-Faso ou au Niger, l’aide humanitaire ne parvient pas à atteindre et à couvrir les besoins alimentaires des milliers de déplacés, l’urgence est devenue vitale.

Les communautés pastorales sont profondément affectées par la fermeture des régions ou des frontières


Alors que débute également la campagne agricole, les producteurs et les agriculteurs sont déjà sévèrement touchés économiquement par la crise et ont des difficultés pour accéder aux semences et aux engrais de qualité. L'agriculture contribue à 30,5 pour cent de l'économie de l'Afrique de l'Ouest et est la plus grande source de revenus et de moyens d’existence pour 70 à 80 pour cent de la population, et des femmes principalement, qui se retrouvent en première ligne.

Les communautés pastorales, confrontées déjà durement aux conséquences du changement climatique, sont également impactées, ne pouvant plus assurer la transhumance du bétail, rendue impossible à cause de la fermeture des régions ou des frontières, ce qui risque d’augmenter les conflits entre éleveurs et agriculteurs.

(Oxfam/ile)

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