Dans les territoires autochtones, les forêts jouent un rôle important dans l’action contre le changement climatique et dans la lutte contre la pauvreté, la faim et la malnutrition.
Photo: ©FAOAmericas

Les peuples autochtones et tribaux sont les meilleurs gardiens des forêts

L’amélioration des régimes fonciers dans le Bassin de l’Amazonie peut faire baisser les taux de déforestation et les pertes de biodiversité. En Amérique latine et dans les Caraïbes, les peuples autochtones et tribaux sont les meilleurs gardiens de leurs forêts comparativement aux responsables des autres forêts de la région.

En mars 2021, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) déclare qu’en Amérique latine et dans les Caraïbes, les taux de déforestation sont nettement plus faibles dans les territoires autochtones et tribaux dont les droits de propriété collective ont officiellement été reconnus par les gouvernements. L’accroissement de la sécurité de la propriété foncière de ces territoires est donc un moyen efficace et économique de réduire les émissions de carbone. 

« Les peuples autochtones et tribaux et les forêts comprises dans leurs territoires jouent des rôles vitaux dans la lutte contre le changement climatique et contre la pauvreté, la faim et la malnutrition », a déclaré le représentant régional de la FAO, M. Julio Berdegué. « Leurs territoires renferment un tiers environ de tout le carbone stocké dans les forêts d'Amérique latine et des Caraïbes et 14 pour cent du carbone stocké dans les forêts tropicales de l'ensemble du monde. »

Les taux de déforestation les plus faibles ont été constatés dans les territoires autochtones dont les droits de propriété collective des terres sont officiellement reconnus : de 2000 à 2012, les taux de déforestation dans ces territoires situés en Amazonie bolivienne, brésilienne et colombienne n'ont représenté que la moitié ou le tiers de ceux des autres forêts dotées de caractéristiques écologiques similaires.

Dans le Bassin amazonien, 45 pour cent des forêts intactes se situent dans des territoires autochtones. Alors qu’entre 2000 et 2016 la superficie de forêt intacte n’a diminué que de 4,9 pour cent dans les régions gérées par des populations autochtones, elle a reculé de 11,2 pour cent dans les autres régions.

La garantie de la sécurité foncière a un impact considérable  


Dans les forêts gérées par des peuples autochtones dont les droits de propriété sont garantis, et comparativement aux autres forêts, le taux de déforestation était 2,8 fois plus faible en Bolivie, 2,5 plus faible au Brésil et 2 fois plus faible en Colombie.   

Les émissions de CO2 évitées dans les territoires détenus en propriété collective par des peuples autochtones se situaient dans la fourchette annuelle de 42,8 à 59,7 millions de tonnes dans ces trois pays ; le total des émissions évitées était équivalent au retrait de la circulation de 9 à 12,6 millions de véhicules dans une année.

Sur les 404 millions d'hectares occupés par les peuples autochtones, les gouvernements ont reconnu officiellement la propriété collective ou les droits d'usufruit de ces peuples sur quelque 269 millions d'hectares. Alors que la garantie de la sécurité foncière a des effets considérables, son coût est très faible.

Selon la FAO, le coût de la sécurisation foncière de terres autochtones est 5 à 42 fois inférieur au coût moyen de l'évitement d'émissions de CO2 par la séquestration et le stockage du carbone fossile destiné aux centrales à charbon et à gaz.

Les peuples autochtones et tribaux protègent la biodiversité 


Les peuples autochtones et tribaux sont des acteurs de la gouvernance communale de massifs forestiers couvrant 320 à 380 millions d'hectares dans la région. Ces massifs emmagasinent environ 34 000 millions de tonnes de carbone, soit davantage que toutes les forêts d'Indonésie ou de la République démocratique du Congo.

Alors que de 2003 à 2016, les territoires autochtones du Bassin amazonien perdaient moins de 0,3 pour cent du carbone de leurs forêts, les zones protégées non autochtones en perdaient 0,6 pour cent et les secteurs autres que les territoires autochtones et les zones protégées en cédaient 3,6 pour cent.

Les peuples autochtones et tribaux jouent un rôle important dans la sauvegarde de la biodiversité. Les territoires autochtones du Brésil comptent plus d'espèces de mammifères, d'oiseaux, de reptiles et d'amphibiens que l'ensemble des zones protégées du pays situées en dehors de ces territoires. En Bolivie, deux tiers des espèces vertébrées du pays et 60 pour cent des espèces végétales se trouvent dans les seuls territoires autochtones de Tacana et Leco de Apolo.

(FAO/ile)

Pour en savoir plus, aller sur le site de la FAO

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