Les solutions basées sur la nature – par exemple la conservation des mangroves pour protéger les côtes – présentent d’importants avantages. Ici, la conservation est associée à l’élevage de crabes.
Photo: Jörg Böthling

L’aspect économique de la biodiversité

Selon le Forum économique mondial, plus de la moitié du PIB mondial dépend fortement de la nature et des services qu’elle offre. Mais que savons-nous exactement du lien qui existe entre services écosystémiques, biodiversité, prospérité économique et bien-être humain ? Et tous les critères d’évaluation que nous utilisons sont-ils vraiment les bons ? L’auteur montre pourquoi un changement de paradigme est nécessaire dans notre façon de percevoir le progrès et le bien-être et quel peut être le rôle des solutions basées sur la nature dans ce contexte.

Malgré l’engagement de stopper la perte de biodiversité et des services écosystémiques, la plupart des pays n’ont pas atteint les 20 objectifs d’Aichi concernant la biodiversité, comme indiqué dans le Plan stratégique des Nations unies pour la diversité biologique 2011–2020. Lorsqu’elle ne s’est pas accélérée, la dégradation de la biodiversité et des écosystèmes s’est poursuivie à un rythme soutenu au cours de la dernière décennie.

Le récent rapport d’évaluation mondiale sur la biodiversité et les services écosystémiques effectué par la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) indique qu’un million d’espèces sont menacées d’extinction au cours des décennies à venir. Sur 18 services écosystémiques évalués, à l’exception de la production agricole, halieutique et bioénergétique, ainsi que de la collecte de matières, tous ont connu des tendances négatives entre 1970 et 2019.

Selon le Centre de recherche forestière internationale (CIFOR), tous les ans le monde perd pour 6 300 milliards de dollars US (USD) de services écologiques en raison de la dégradation des forêts et des terres. Un rapport de l’IPBES indique qu’annuellement, la réduction de la production végétale mondiale due aux pertes de pollinisateurs varie de 235 à 577 milliards de dollars US. On estime que chaque année la pollution est la cause d’environ 9 millions de décès prématurés et que d’autres risques pour la santé liés à l’environnement sont à l’origine de millions d’autres. Le changement d’utilisation des terres et de couverture végétale ainsi que le changement climatique sont parmi les principaux facteurs contribuant à la perte de biodiversité et de services écosystémiques.

Si rien n’est fait, ces changements auront des conséquences néfastes sur les économies, les écosystèmes, la vie et les moyens de subsistance. Ils compromettront également la réalisation des objectifs de développement durable (ODD).

La biodiversité fournit des biens et services qui sont essentiels au bien-être et à la bonne qualité de vie des humains. Son patrimoine génétique contribue à la création de nouvelles variétés cultivées et de médicaments qui permettent de lutter contre les effets néfastes du changement rapide de l’environnement. La nature peut aider à réduire la vulnérabilité aux risques climatiques et sanitaires. Un rapport des Nations unies a estimé qu’entre 1998 et 2017, les pertes économiques directes dues à des catastrophes naturelles se sont élevées à 2 980 milliards USD (en dollars US de 2017), 78 pour cent d’entre elles étant liées au changement climatique.

Économie – au-delà des termes monétaires

Les avantages économiques offerts par la biodiversité et les services écosystémiques sont considérables. Par exemple, la valeur économique annuelle des services écosystémiques fournis par les écosystèmes forestiers s’exprime en milliards de dollars US. Les valeurs économiques estimatives dépendent toutefois des méthodes, des normes et des prix utilisés pour évaluer les services écosystémiques ainsi que du nombre de services écosystémiques évalués. Ainsi, d’autres valeurs de la nature (p. ex. les valeurs relationnelles concernant la qualité des interactions humain-nature) ne peuvent s’exprimer en termes monétaires.

Les experts favorisent l’utilisation d’approches plurielles pour évaluer les diverses valeurs de la nature. L’évaluation économique n’en est pas moins utile dans la mesure où elle parle une langue que les responsables des orientations politiques comprennent facilement.

En outre, elle souligne le fait que ce n’est pas parce qu’un service écosystémique n’est pas négocié sur un marché ou parce qu’il est difficile à évaluer qu’il n’a pas de prix ou de valeur. Ce n’est pas parce que l’oxygène – dont l’existence est indispensable à la vie – est gratuitement disponible dans l’atmosphère qu’il n’a pas une valeur économique. En Inde, la deuxième vague de COVID-19, particulièrement dévastatrice, a contribué à déterminer la véritable valeur économique de l’oxygène lorsque les patients atteints de la COVID-19 essayaient désespérément d’acheter des bouteilles d’oxygène ou lorsque le gouvernement indien et d’autres instances achetaient ou importaient de toute urgence des réservoirs, des concentrateurs et des bouteilles d’oxygène.

Bien-être humain et ODD

En plus d’offrir de multiples avantages aux personnes en termes de biodiversité et de services écosystémiques, la nature contribue à réduire la vulnérabilité aux catastrophes liées au climat, ainsi qu’aux épisodes atmosphériques extrêmes et aux risques sanitaires. Elle joue un rôle important en ayant une influence sur le bien-être humain et sur la qualité de vie.

Deux objectifs de développement durable, les ODD 14 et 15 (Vie aquatique et Vie terrestre), sont liés aux écosystèmes aquatiques et terrestres et couvrent la biodiversité et les services écosystémiques. En abordant les questions de pauvreté, de faim, de santé, d’eau, d’hygiène, etc., la plupart des 17 ODD font directement ou indirectement référence à la nature. Le fait de ne pas atteindre les 20 objectifs d’Aichi concernant la biodiversité met déjà en péril la réalisation des ODD, par ailleurs compromise par la pandémie de COVID-19. La définition des objectifs de biodiversité post-2020 doit veiller à les aligner de manière à ce qu’ils puissent faire l’objet d’un suivi en conformité avec les indicateurs des ODD.

Les activités basées sur la nature assurent une part considérable des revenus et du bien-être de nombreuses nations, notamment des pays en développement, et des communautés autochtones pauvres. Le rapport du Forum économique mondial (FEM) sur l’augmentation des risques naturels rappelle que certaines économies mondiales dont la croissance est la plus rapide sont très vulnérables aux pertes naturelles. Par exemple, environ un tiers du produit intérieur brut (PIB) de l’Inde et de l’Indonésie provient de secteurs tributaires de la nature. Pour les pays africains, cette proportion est de 23 pour cent.

Même de grandes puissances économiques telles que la Chine, l’Union européenne et les États-Unis qui, à elles seules, représentent 60 pour cent du PIB mondial, ont déclaré qu’une part importante de leur PIB (soit 2 700 milliards de dollars US en Chine, 2 400 dans l’UE et 2 100 aux États-Unis) provient de secteurs tributaires de la nature. Les communautés autochtones pauvres dépendent de l’environnement naturel pour leur subsistance, leurs revenus et leur emploi. Les produits forestiers non ligneux (PFNL) et l’emploi forestier représentent une part considérable des revenus des ménages.

Le rapport du FEM a analysé 163 industries et leurs chaînes d’approvisionnement et a constaté qu’environ 44 000 USD de création de valeur économique – soit plus de la moitié du PIB mondial – dépendent fortement de la nature et de ses services. Les secteurs concernés sont ceux de la construction, de l’agriculture, de l’alimentation et des boissons, avec une valeur économique de 7 900 milliards USD – soit plus ou moins le double de l’économie allemande (environ 4 000 milliards USD). L’industrie pharmaceutique dépend des forêts et des plantes tropicales pour de nombreux médicaments existants et potentiels. Ainsi, 25 pour cent des médicaments utilisés par la médecine moderne sont issus de plantes de la forêt tropicale. Environ 50 pour cent des médicaments sur ordonnance sont basés sur des molécules d’origine végétale.

Avantages des solutions basées sur la nature

Les solutions basées sur la nature (SBN – voir encadré) sont préconisées pour réduire la vulnérabilité aux risques dus au changement climatique, à la dégradation de l’environnement et aux maladies zoonotiques. Elles sont rentables et peuvent contribuer à la promotion d’objectifs multiples tels que la stabilisation du climat, la protection de la nature et le développement. Elles ont des coavantages tels que la création d’emplois et l’amélioration de la biodiversité, et sont essentielles pour la réalisation des ODD.

SOLUTIONS BASÉES SUR LA NATURE (SBN)
Les SBN sont définis par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) comme « des actions visant à protéger, gérer de manière durable et restaurer des écosystèmes naturels ou modifiés pour relever directement les enjeux de société de manière efficace et adaptative tout en assurant le bien-être humain et des avantages pour la biodiversité », le changement climatique, la sécurité alimentaire, les risques de catastrophes naturelles, la sécurité hydrique, le développement social et économique, ainsi que la santé humaine constituant les enjeux sociétaux communs.

Les avantages économiques des SBN sont considérables. La conservation des mangroves, les aires protégées, les plaines inondables et les bassins versants ont d’importants avantages, y compris des avantages non marchands tels que la séquestration du carbone, la protection du sol et de l’eau, la gestion des inondations et la protection contre les tempêtes.

Par exemple, selon une étude réalisée en Thaïlande, on estime que les avantages nets de la conservation des mangroves sont 3,6 fois supérieurs aux avantages que procurent les élevages de crevettes. Une autre étude évalue à 120-130 milliards USD par an, et à l’échelle mondiale, les pertes évitées en inondations côtières et autres avantages non marchands des forêts de mangrove.

Une étude sur la restauration de la plaine d’inondation du Parc national de Waza, Cameroun, a établi à 6,5:1 le rapport avantage-coût obtenu grâce à une meilleure gestion des inondations et d’autres avantages tirés d’un meilleur écoulement des eaux. Le projet Rewilding Europe (réensauvagement de l’Europe) a fait état de résultats encourageants (rétablissement de la santé écosystémique et d’espèces) s’accompagnant de coavantages tels que l’accroissement du taux de fréquentation touristique.

Selon un rapport des Nations unies, la restauration, d’ici à 2030, de 350 millions d’hectares de paysages dégradés à l’échelle mondiale, comme l’envisage le Défi de Bonn (Bonn Challenge), produirait des bénéfices d’une valeur de 9 000 milliards USD pour un investissement de 1 000 milliards USD (environ 0,1 pour cent du PIB mondial entre 2021 et 2030), retirerait de 13 à 26 gigatonnes supplémentaires de CO2 de l’atmosphère et contribuerait à réduire la pauvreté. Les SBN pourraient également faire partie intégrante de programmes de stimulation de la reprise post-COVID-19.

Comment améliorer la biodiversité et la prospérité économique – messages clés du Dasgupta Review sur l’économie de la biodiversité

La réunion de la COP15 de la Convention des Nations unies sur la diversité biologique, à Kunming, Chine, qui aura lieu du 11 au 24 octobre 2021, devrait finaliser le cadre mondial de la biodiversité post-2020 pour un avenir dans lequel l’humanité vivra en harmonie avec la nature. Dans ce contexte, il est intéressant d’examiner les messages clés d’un rapport commandé par le gouvernement du Royaume-Uni et dont la rédaction a été dirigée par Sir Partha Dasgupta pour évaluer la valeur économique de la biodiversité et identifier les actions qui, simultanément, amélioreront la biodiversité et la prospérité économique.

Le rapport demande un changement de paradigme dans notre façon de penser, d’agir, de mesurer la réussite économique, et de protéger et améliorer notre prospérité et le monde naturel. Il plaide pour des réformes institutionnelles, commerciales, financières et éducationnelles visant à améliorer les résultats pour la nature. Les messages clés du rapport sont les suivants :

La façon qu’ont les gouvernements d’évaluer le progrès ou le bien-être à l’aune du PIB doit changer. Le PIB est une mesure imparfaite car elle ne tient pas compte de la façon dont la dégradation de l’environnement ou la répartition des revenus impactent sur le bien-être à long terme. Par exemple, un baril de pétrole ou une tonne de minerai de fer extrait aujourd’hui est compté comme une addition au PIB. Comme elles sont non renouvelables, ces ressources, une fois extraites, ne sont plus à la disposition des générations futures et restreindront la croissance économique et le bien-être à long terme.

La comptabilité traditionnelle du revenu national tient compte de la dépréciation du capital anthropique, mais pas du capital naturel, alors que son épuisement aura une incidence sur le bien-être à long terme et le développement durable. Le rapport fait valoir que pour mesurer le bien-être de manière précise, il faudrait tenir compte du concept de richesse inclusive, qui englobe le capital produit (usines, machines et routes), le capital humain (compétences et connaissances) et le capital naturel (p. ex. sols, forêts et lacs). Un suivi des changements survenus dans ces trois formes de capital permettrait de mieux traduire le bien-être social.

Le rapport du PNUE sur la richesse inclusive 2018 (Inclusive Wealth Report) a comparé la croissance (revenu) du PIB par habitant dans 140 pays avec la richesse (inclusive) par habitant et a constaté que 44 des 140 pays avaient déclaré un recul de leur richesse (inclusive) par habitant entre 1990 et 2014, alors que le PIB par habitant avait augmenté dans la plupart des pays. Cependant, tout comme le PIB, l’indice de richesse inclusive (IRI) a lui aussi des lacunes en ceci qu’il ne nous dit rien sur la répartition des revenus (ou de la richesse) dans les pays, ce qui a une incidence sur le bien-être.

Il faut accroître les investissements dans les aires protégées, aussi bien sur terre qu’en mer. D’après le rapport, pour protéger 30 pour cent des terres et des océans et les gérer efficacement d’ici à 2030, il faudrait investir en moyenne 140 milliards USD par an, soit environ 0,16 pour cent seulement du PIB mondial et moins d’un tiers des subventions actuellement accordées à l’échelle mondiale pour financer des activités qui détruisent la nature. Les avantages qui en résulteraient seraient énormes et contribueraient notamment à réduire les risques climatiques et sanitaires. Sans parler d’augmenter la couverture des aires protégées, le rapport fait remarquer que seulement 20 pour cent de celles qui existent sont bien gérées et il demande une plus forte participation des populations autochtones et des communautés locales à leur gestion.  

Pour maintenir nos niveaux de vie actuels, il faudrait 1,6 Terre, ce qui n’est pas soutenable. Le rapport demande de passer à un système durable de production alimentaire, de décarboniser nos systèmes d’énergie et de transport, de réorganiser nos habitudes de consommation et de production, et de réduire le gaspillage alimentaire qui, estime-t-on, représente un tiers de la production alimentaire mondiale, de manière à réduire notre empreinte carbone. Il souligne par ailleurs la nécessité de réduire les subventions perverses (dont le montant, à l’échelle mondiale, est estimé à 4 000 – 6 000 milliards USD par an) qui favorisent la destruction de la nature. Il demande une augmentation des flux financiers et la mise en œuvre de programmes de paiement des services écosystémiques et d’échanges dette-nature pour récompenser les pays et les communautés qui protègent la nature et fournissent des services écosystémiques. ­

Les entreprises et les institutions financières s’inquiètent de plus en plus des risques financiers liés à la nature et de leur impact sur leurs productions et leurs recettes. Elles doivent donc tenir compte des questions de durabilité pour se protéger de ces risques. Le rapport demande un accroissement des investissements verts et des solutions basées sur la nature pour faire face aux risques liés à la nature auxquels les entreprises, les institutions financières et les économies sont confrontées. ­

Pour établir un lien entre les populations et la nature, le rapport demande une réforme de notre système d’éducation de sorte que l’étude de l’histoire naturelle fasse partie du programme d’enseignement dès les premières classes. En fin de compte, il faudrait que tous les citoyens soient en partie des naturalistes. Pour améliorer la situation de la nature, le rapport demande la responsabilisation des citoyens.

À moins d’un profond changement dans la façon dont les gouvernements et les sociétés perçoivent la valeur et le rôle de la nature dans la promotion du bien-être humain et du développement durable, les perspectives de la biodiversité et de l’humanité seront sombres. Si vous prenez soin de la nature, à son tour elle prendra soin de vous. Si vous abusez de la nature, la nature abusera de vous. Comme le disait le Mahatma Gandhi : « La Terre fournit suffisamment pour satisfaire aux besoins de chacun, mais pas à la cupidité de chacun. »
 

K. N. Ninan est Senior Fellow au World Resources Institute (WRI) India, New Delhi, et auteur principal de la contribution du groupe de travail III au sixième rapport d’évaluation du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat, Genève, Suisse. Auparavant, il a été professeur d’économie écologique à l’Institute for Social and Economic Change de Bangalore, Inde, et co-président, Methodological Assessment of Scenarios and Models of Biodiversity and Ecosystem Services à la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques à Bonn, Allemagne.

Contact: ninankn@yahoo.co.in

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