Les paysages bocagers, faits de petites parcelles et de longues haies, abritent une plus grande diversité d’espèces que les paysages faits de parcelles de grande taille.
Photo: ©Marek Mierzejewski/Shutterstock

Créer des paysages respectueux de la biodiversité

Les paysages faits de parcelles de petite taille abritent une diversité considérable d’espèces. Il est important de promouvoir les paysages respectueux de la biodiversité – au-delà de l’agriculture biologique. Ce sont des chercheurs qui le disent.

Selon les déclarations d’une équipe internationale de chercheurs conduite par l’université de Göttingen, Allemagne, en août 2021, les paysages constitués d’une mosaïque d’habitats naturels et de zones cultivées réduites et variées sont la clé de la promotion de la biodiversité à grande échelle dans l’agriculture traditionnelle et biologique. 

Pour eux, les décideurs politiques vont devoir reconnaître cette évidence pour effectuer le changement de paradigme que cela implique dans l’agriculture. Cette déclaration a été publiée dans la revue Trends in Ecology and Evolution.

Pour ces chercheurs, les paysages remarquables pour leur grande diversité de cultures et leurs champs de petite taille, et dans lesquels les habitats quasi-naturels représentent au moins un cinquième de la superficie totale, peuvent favoriser la biodiversité bien plus que les seules certifications biologiques. 

Les paysages constitués de parcelles de petites taille et de longues haies abritent un nombre considérablement plus grand d’espèces que les paysages de grande culture, et conviennent aussi bien à l’agriculture traditionnelle qu’à la culture biologique. Les paysages dans lesquels les champs font un hectare au lieu de six peuvent abriter jusqu’à six fois plus d’espèces végétales et d’insectes. Les chercheurs ajoutent que la diversité des cultures peut également doubler le nombre d’espèces et accroître considérablement la lutte biologique contre les parasites, ainsi que la pollinisation.

Ils critiquent le fait que la certification biologique met surtout l’accent sur l’interdiction des produits agrochimiques de synthèse. Pour eux, elle présente peu d’avantages pour la biodiversité et entraîne de fortes pertes de rendement, bien que l’agriculture devienne plus intensive et spécialisée. 

« Les zones cultivées dans le respect de la certification biologique comptent un tiers d’espèces en plus, mais leur rendement n’atteint pas celui de l’agriculture traditionnelle. Autrement dit, il faut plus de terres pour obtenir le même rendement, » explique l’auteur principal de l’étude, le professeur Teja Tscharntke, du groupe Agroécologie, à l’université de Göttingen. Mais comme la superficie nécessaire est plus grande, les avantages pour la biodiversité disparaissent. 

De plus, il est faux de dire que l’agriculture biologique n’utilise jamais de pesticides – tout comme il est faux de penser que l’agriculture biologique se pratique dans le cadre idyllique d’exploitations agricoles familiales. Teja Tscharntke fait remarquer que les monocultures biologiques se pratiquent souvent sur des superficies similaires à celles des exploitations traditionnelles, et souvent en serre, aux dépens de la biodiversité. 

Les pesticides sont autorisés dans l’agriculture biologique dès lors qu’ils sont considérés comme naturels. Ainsi, les vignes, les arbres fruitiers, mais aussi les légumes, sont traités de manière extensive et répétée, surtout avec des produits à base cuivre, alors même que ces produits s’accumulent dans le sol. 

Dans la région méditerranéenne, les feuilles de plastique utilisées pour couvrir les cultures de légumes dénaturent des paysages entiers, et pourtant une proportion croissante de l’agriculture pratiquée dans cette région n’en obtient pas moins la certification biologique.

(Université de Göttingen/ile)

Pour en savoir plus, consulter le site web de l’université de Göttingen (en anglais)

Publication initiale :
Teja Tscharntke, Ingo Grass, Thomas C. Wanger, Catrin Westphal, Péter Batáry: Beyond organic farming – harnessing biodiversity-friendly landscapes. Trends in Ecology and Evolution (2021).

Commentaires sur les nouvelles

Ajoutez un commentaire

×

Le nom est requis!

Enter valid name

Une adresse e-mail valide est requise!

Enter valid email address

Un commentaire est requis!

Captcha Code Can't read the image? Click here to refresh

Captcha is required!

Code does not match!

* Ces champs sont obligatoires.

Soyez le premier à faire un commentaire
Cookie settings