Les menaces écologiques pourraient aggraver la faim et les déplacements. De nombreuses personnes vivent dans des pays qui seront probablement dans l’incapacité d’atténuer les nouvelles menaces écologiques et de s’y adapter.
Photo: ©FAO/Luis Tato

Plus d’un milliard de personnes pourraient être déplacées d’ici à 2050

Pas moins de 141 pays seront exposés à au moins une menace écologique d’ici à 2050. Selon les experts, les menaces écologiques des prochaines décennies pourraient conduire à une augmentation dramatique de l’insécurité alimentaire et des déplacements de population de masse.

Plus d’un milliard de personnes sont sous la menace d’un déplacement d’ici à 2050 en raison des changements environnementaux, des conflits et des troubles sociaux, avertit le Registre des menaces écologiques (ETR) publié par l’Institute for Economics & Peace (IEP) en septembre 2020. L’ETR mesure les menaces écologiques auxquelles les pays sont actuellement confrontés et fournit des projections jusqu’en 2050.

L’Afrique subsaharienne, l’Asie du Sud, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord sont les régions qui se trouvent sous la menace du nombre le plus élevé de crises écologiques. Parmi les pays qui affichent le plus grand nombre de menaces écologiques, 19 se trouvent dans la liste des 40 pays les moins pacifiques du monde, comme l’Afghanistan, la Syrie, l’Irak, le Tchad, l’Inde et le Pakistan, ce qui montre bien les liens étroits qui existent entre menaces écologiques et conflits. 

Bon nombre des pays les plus à risque du point de vue écologique devraient également enregistrer une croissance démographique significative, ce qui est notamment le cas du Nigéria, de l’Angola, du Burkina Faso et de l’Ouganda. Ces pays, qui ont déjà du mal à gérer les problèmes écologiques, souffrent en outre d’un manque de ressources, d’une prédisposition aux conflits et de taux de pauvreté élevés. 

Plus de la moitié de la population mondiale risque d’être confrontée à un stress hydrique important


Au cours des 10 dernières années, le nombre d’incidents violents et conflictuels liés à l’eau a augmenté de 270 pour cent dans le monde. D’ici à 2040, pas moins de 5,4 milliards de personnes (plus de la moitié de la population que devrait compter la planète à cette date) vivront dans les 59 pays soumis à un stress hydrique élevé ou extrême, dont font partie l’Inde et la Chine. 

Plus d’un milliard de personnes vivent dans 31 pays dont la résilience risque d’être insuffisante pour supporter l’impact des événements écologiques d’ici à 2050, contribuant à des déplacements de population de masse. 

Augmentation dramatique de l’insécurité alimentaire


Le manque de résilience des pays étudiés par l’ETR entraînera une aggravation de l’insécurité alimentaire et de la lutte pour les ressources, ce qui risque d’accroître les troubles sociaux et les déplacements de masse et d’exposer les pays développés à un afflux croissant de réfugiés. Pas moins de 3,5 milliards de personnes pourraient souffrir d’insécurité alimentaire d’ici à 2050, soit une augmentation de 1,5 milliard par rapport à aujourd’hui. 

Création de conditions propices aux déplacements de masse


Plus d’un milliard de personnes vivent dans des pays qui seront probablement dans l’incapacité d’atténuer les nouvelles menaces écologiques et de s’y adapter, ouvrant la porte à des déplacements de masse d’ici à 2050. 

Le pays qui affiche le plus grand nombre de personnes exposées au risque de déplacement de masse est le Pakistan, suivi par l’Éthiopie et l’Iran. Haïti est le pays le plus menacé d’Amérique centrale. Dans ces pays, même les menaces écologiques et les catastrophes naturelles les plus minimes pourraient entraîner des déplacements de population de masse, avec un impact potentiel sur la sécurité régionale et mondiale.

Les régions les plus résilientes, comme l’Europe et l’Amérique du Nord, ne seront pas pour autant immunisées contre les nombreux impacts des menaces écologiques, notamment en termes de nombre de réfugiés. La crise européenne des réfugiés qui a suivi les guerres de Syrie et d’Irak en 2015 a vu 2 millions de personnes fuir vers l’Europe. Elle montre bien le lien étroit qui existe entre mouvements de population rapides et troubles politiques et sociaux. 

Le nombre de menaces écologiques auxquelles l’Europe, les États-Unis et d’autres pays développés sont confrontés est toutefois beaucoup plus limité sachant que ces pays possèdent en outre des niveaux de résilience accrus qui leur permettent de mieux gérer ces risques. Les pays développés que sont la Suède, la Norvège, l’Irlande et l’Islande font partie des 16 pays qui ne sont confrontés à aucune menace. 

(IEP/ile)

Plus d'informations sur le site de l’IEP (en anglais)