L'océan est confronté à des menaces sans précédent en raison des activités humaines.
Photo: ©shutterstock/somavarapu madhavi

Notre océan, notre avenir, notre responsabilité

La surexploitation des ressources maritimes et la pollution des mers et des océans ne cessent d'augmenter. La Conférence des Nations unies sur les océans a pour objectif ambitieux d’appuyer la réalisation de l'Objectif de développement durable 14 des Nations unies (« Vie aquatique »).

« Les océans doivent devenir un modèle d'utilisation communautaire des ressources. Sans océans sains, il n'y a pas de planète saine », a déclaré António Guterres, Secrétaire général des Nations unies, au début de la Conférence des Nations unies sur les océans qui s’est tenue à Lisbonne, au Portugal, fin juin 2022. L'accord récent de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) pour mettre fin à la pêche néfaste et instaurer un instrument juridique pour la préservation de la diversité biologique hors des zones de compétence nationale en est un exemple. 

Pourtant, des doutes subsistaient au début de la conférence car, comme l’a souligné le président du Kenya Uhuru Kenyatta, l'ODD 14 est le moins financé des objectifs de développement durable. Surangel Whippes, président des Palaos et porte-parole des petits États insulaires, a rappelé qu'en 2050, il y aura plus de déchets plastiques flottant dans les océans que de poissons.

L’océan occupe 70 % de la surface de la Terre ; il est la plus grande biosphère de la planète et abrite jusqu’à 80 % de toute la vie dans le monde. Il produit 50 % de nos besoins en oxygène, absorbe 25 % de toutes les émissions de dioxyde de carbone et capture 90 % de la chaleur supplémentaire générée par ces émissions.

L'Organisation maritime internationale (OMI) a lancé en mars de cette année des négociations internationales en vue d'une législation contraignante. Plus de 50 nations ont déjà ratifié un traité visant à rendre la navigation plus sûre et plus propre. Cependant, les causes de la pollution sont si diverses qu'il est difficile de s'y attaquer. Souvent, les sources de pollution ne peuvent pas être identifiées.

De grands défis pour la pêche 


La directrice générale de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), Madame Ngozi Okonjo-Iweala, s’est montrée satisfaite de sa conférence à Lisbonne. C’est avant tout aux petits États insulaires et aux pays les moins avancés (PMA) que les accords sur la pêche donnent des chances de croissance maritime. Après 21 ans de négociations, l'OMC peut se féliciter d’une percée décisive lors de sa 12e conférence ministérielle qui s’est tenue à la mi-juin. La communauté mondiale s'engage à lutter contre la pêche illicite, y compris en dehors des zones économiques exclusives (ZEE) nationales, et à garantir une gestion durable des stocks de poissons.

L'accord de l'OMC a servi de schéma directeur de la Conférence sur les océans. Mais, la situation est plus complexe dans la pratique. Shakuntala Thilsted, du Programme alimentaire mondial, a déploré que les petits pêcheurs, en particulier, n'aient pas voix au chapitre dans le grand commerce mondial. Du fait de la pandémie, ils ont en outre plus difficilement accès au crédit, à l'assurance, à la formation et aux soins de santé.

L'organisation environnementale marine « Fair Oceans » a saisi l’occasion de la conférence pour faire part de la situation des pêcheurs côtiers au Sénégal. Avec l'élévation du niveau de la mer et la dégradation du littoral, les pêcheurs doivent aller de plus en plus loin en mer et rencontrent des flottes de pêche internationales. Le nouveau réseau de voies rapides le long de la Côte atlantique chasse les pêcheurs de leurs lieux de pêche coutumiers.

L'argent doit être réparti équitablement


Selon le professeur Achim Schlüter de l'Institut Leibniz de recherche marine tropicale, les conflits d'objectifs résultent des différences d’interprétation de la définition de l’« économie bleue ». Pour les uns, l’expression est synonyme de politique maritime durable alors que pour les autres, elle décrit la condition préalable à l'exploitation économique des dernières ressources.

L'OMC débloque environ dix milliards de dollars US pour l'adaptation de la petite pêche. La Banque mondiale met également des fonds à disposition. Les représentants des petits États insulaires déplorent des lacunes dans le financement international. Ainsi, le Belize met en œuvre des mesures de protection pour les mers, mais les programmes sont sous-financés selon le Premier ministre John Briceño. Il demande une compensation sociale de la part des pays qui causent le plus de préjudices aux océans.

Le monde inconnu


« Pour protéger, il faut connaître », a déclaré Amélie de Montchalin, qui dirige le ministère français de la Transition écologique. « Nous avons simplement une idée de la valeur de cette ressource et avons besoin d'une base de données scientifiques valables ». Le « Groupe des 77 » pays en développement plus la Chine appelle à davantage de recherche dans les pays les moins avancés et les petits États insulaires.

La conférence n'a permis d’aboutir qu’à de petites avancées vers la protection des océans. La ministre allemande de l'Environnement, Steffi Lemke, reconnaît les efforts de la conférence : « La conférence envoie un cri d’alarme face à l'état dramatique des océans. Il est urgent d'agir, car nos mers sont acidifiées, polluées et surexploitées. Cette attention publique est importante pour parvenir à de bonnes solutions lors des négociations à venir, par exemple sur la préparation d’un instrument juridique contraignant sur la protection de la haute mer ».

Roland Krieg, journaliste, Esens, Allemagne

Pour plus d’informations :
Déclaration finale
Visitez le site internet de la Conférence
Visitez le site internet de l'organisation environnementale marine « Fair Oceans »

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