Inondation près de la ville de Kampur, district de Nagaon, État d’Assam, en Inde, en mai 2020. Les événements météorologiques extrêmes tels que les inondations et les sécheresses seront probablement plus fréquents à l’avenir.
Photo: ©Simanta Talukdar/Shutterstock

Les objectifs climatiques sont loin de se réaliser

Selon le dernier rapport du GIEC, l’action humaine peut encore conditionner l’avenir du climat. Le dioxyde de carbone est le principal facteur du changement climatique, même si d’autres gaz à effet de serre et polluants atmosphériques ont également un effet sur le climat.

Selon le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) publié le 9 août 2021, de nombreux changements climatiques observés dans le monde sont inédits depuis des millénaires et certains des changements qui sont déjà à l’œuvre (élévation du niveau des mers, etc.) sont irréversibles pour des centaines ou des milliers d’années.

Des réductions drastiques et durables des émissions de dioxyde de carbone (CO2) et d’autres gaz à effet de serre pourraient toutefois limiter le changement climatique. Si l’on en croit le rapport du Groupe de travail I du GIEC intitulé Changement climatique 2021 : les éléments scientifiques, les bénéfices en termes de qualité de l’air seraient probablement assez rapides, mais il faudrait 20 à 30 ans pour voir les températures mondiales se stabiliser.

Le rapport du Groupe de travail I est le premier volet du sixième rapport d’évaluation (RE6) du GIEC qui sera achevé en 2022.

Réductions immédiates et à grande échelle des gaz à effet de serre


Le rapport contient de nouvelles estimations de la probabilité que la barre des 1,5 °C de réchauffement mondial soit franchie au cours des prochaines décennies et estime qu’en l’absence de réductions immédiates, rapides et à grande échelle des émissions de gaz à effet de serre, il sera impossible de limiter le réchauffement à 1,5 °C ou même à 2 °C.

Le rapport montre que les émissions de gaz à effet de serre résultant des activités humaines sont responsables d’un réchauffement d’environ 1,1 °C depuis les années 1850-1900 et estime que le réchauffement mondial devrait atteindre ou dépasser 1,5 °C en moyenne au cours des 20 prochaines années. Cette évaluation est basée sur des données d’observation améliorées destinées à évaluer le réchauffement passé, ainsi que sur les progrès accomplis dans la compréhension scientifique de la réponse du système climatique aux émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine.

De nombreuses caractéristiques du changement climatique dépendent directement du niveau du réchauffement mondial, mais la réalité pour les populations touchées est souvent bien différente de la moyenne mondiale. Par exemple, le réchauffement des terres émergées est plus important que la moyenne mondiale et il est plus de deux fois plus élevé dans l’Arctique.
 

Les chaleurs extrêmes atteignent des seuils de tolérance critiques pour l’agriculture et la santé


Selon le rapport, les changements climatiques vont augmenter dans toutes les régions au cours des prochaines décennies. Si le réchauffement mondial se limite à 1,5 °C, il y aura davantage de vagues de chaleur, des saisons chaudes plus longues et des saisons froides plus courtes. Avec un réchauffement mondial de 2 °C, les chaleurs extrêmes atteindront plus souvent des seuils de tolérance critiques pour l’agriculture et la santé.

Mais tout cela n’est pas uniquement une question de températures. Le changement climatique est à l’origine de multiples évolutions qui varient selon les régions et qui s’accentueront toutes si le réchauffement se poursuit. Ces évolutions concernent notamment l’humidité, la sécheresse, le vent, la neige, la glace, les régions côtières et les océans. Par exemple :

  • Le changement climatique intensifie le cycle de l’eau. Il en résulte des chutes de pluie plus soutenues et donc des inondations, ainsi que des sécheresses plus intenses dans de nombreuses régions.
     
  • Le changement climatique affecte les régimes de précipitation. Les latitudes élevées risquent d’assister à une hausse des précipitations qui devraient, au contraire, baisser dans une grande partie de la zone subtropicale. Des changements devraient intervenir dans les régimes de mousson, mais de manière variable selon les régions.
     
  • Les zones côtières enregistreront une élévation du niveau des mers tout au long du XXIe siècle, ce qui entraînera des inondations plus fréquentes et plus sévères dans les zones de faible altitude et un phénomène d’érosion côtière. Les crues millénales liées au niveau des mers pourraient avoir lieu tous les ans d’ici la fin du siècle.
     
  • La poursuite du réchauffement va amplifier la fonte du permafrost, la baisse de la couverture neigeuse saisonnière, la fonte des glaciers et des calottes glaciaires et la diminution de la banquise d’été dans l’Arctique.
     
  • Les changements constatés au niveau des océans, tels que le réchauffement, les vagues de chaleur marines plus fréquentes, l’acidification des océans et la baisse des niveaux d’oxygène, sont clairement associés à l’influence humaine.
     
  • Ces changements, qui affectent à la fois les écosystèmes océaniques et les personnes qui en dépendent, se poursuivront au moins jusqu’à la fin du siècle.
     
  • En ce qui concerne les villes, certains aspects du changement climatique pourraient être amplifiés, notamment la chaleur (sachant que les zones urbaines sont généralement plus chaudes que les régions environnantes), les inondations résultant des épisodes de fortes précipitations et l’élévation du niveau des mers dans les villes côtières.
     

Évaluation régionale du changement climatique

Pour la première fois, le sixième rapport d’évaluation fournit une évaluation plus détaillée du changement climatique au niveau des régions, en apportant notamment des informations utiles pour éclairer l’évaluation des risques, l’adaptation et d’autres processus décisionnels, ainsi qu’un nouveau cadre qui aide à traduire les changements physiques liés au climat (chaleur, froid, pluie, sécheresse, neige, vent, inondations côtières, etc.) en conséquences pour la société et les écosystèmes.

Ces informations régionales détaillées sont disponibles dans le nouvel Atlas interactif interactive-atlas.ipcc.ch, ainsi que dans les fiches régionales, le résumé technique et le rapport sous-jacent.


(GIEC/ile)

Plus d’informations sur le site Internet du GIEC

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