Photo: Manon Koningstein/ IWMI

L’eau – résoudre les problèmes et trouver des solutions dans un monde exposé au changement climatique

L’eau est devenue un problème bien réel du changement climatique. Mais, selon nos auteurs, nous pouvons faire en sorte qu’elle ne soit plus un problème et devienne, au contraire, une opportunité.

L’eau est à l’origine de la vie sur Terre. Il y a 300 000 ans que l’homme moderne (Homo sapiens) habite sur cette planète, la majeure partie du temps en tant que chasseur-cueilleur. Il y a environ 10 000 ans, lorsqu’il a commencé à mener une vie agraire, l’homme s’est peu à peu sédentarisé. Toutes les premières civilisations se sont installées à proximité de vastes plans d’eau – rivières, lacs et océans. L’eau représente environ 70 pour cent de la superficie de notre planète, soit plus ou moins l’équivalent de ce qu’elle représente dans le corps humain. On peut donc dire que l’eau, c’est la vie.

L’eau est indispensable à pratiquement toutes les activités humaines : agriculture, industries, production d’énergie, loisirs, boisson, cuisson des aliments et hygiène. Elle est également à la base de tout écosystème sur la planète. Comme telle, la gestion de l’eau va au-delà des secteurs d’activité et des frontières internationales. Par ailleurs, les villes attirent de plus en plus de monde et l’accroissement de la population, ainsi que l’évolution des attentes socio-économiques, a une incidence sur l’eau. La gestion de l’eau englobe également des thèmes tels que la gouvernance, l’équité, la gestion des ressources naturelles, le changement climatique et le développement économique. La fluidité de l’eau exige des systèmes de gestion tout aussi fluides.

De combien d’eau disposons-nous et pouvons-nous y avoir accès ?

L’eau salée des océans représente environ 97,5 pour cent des ressources en eau de la Terre. Par conséquent, seulement 2,5 pour cent de l’eau de la planète est de l’eau douce, ce qui en fait une ressource relativement limitée. De plus, environ 68,7 pour cent de cette eau douce est de l’eau gelée (glaciers, calottes glaciaires), et 30,1 pour cent est difficile d’accès car elle est stockée sous la surface du sol (eau souterraine). Cela veut dire que, sur l’ensemble de la Terre, seulement 1,2 pour cent de l’eau douce est accessible sous forme d’eau de surface (lacs, marécages, cours d’eau, ruisseaux, humidité du sol ou eau biologique. Le cycle hydrologique se compose essentiellement de flux d’eau entre diverses formes de stockage (par ex. atmosphère, océans, neige et glace, cours d’eau, lacs, réservoirs, marécages, sols et aquifères).  

Les calculs sur la disponibilité des ressources en eau sont basés sur les ressources en eau disponibles par unité spatiale (par ex. bassin ou pays) et de temps (disponibilité quotidienne, mensuelle, saisonnière, annuelle, voire sur des délais plus longs). L’inadéquation entre la disponibilité et la demande entraîne des problèmes de rareté de l’eau qui renforcent les tensions que connaissent les sociétés. On constate d’importantes différences entre la disponibilité et la demande d’eau dans les différentes régions du monde (voir la figure ci-dessous). L’eau disponible dans un pays donné peut venir de l’intérieur ou de l’extérieur de ce pays. Par exemple, les pays d’amont tels que le Bhutan, le Népal, l’Éthiopie ou la Chine produisent généralement leur eau à l’intérieur de leurs frontières géographiques alors que dans des pays d’aval tels que le Bangladesh, l’Égypte, certaines parties du Vietnam ou les Pays-Bas la grande majorité de l’eau vient d’au-delà de leurs frontières géographiques.

Dans certains endroits, par exemple les hautes terres de régions montagneuses, la disponibilité de l’eau peut être faible même si un grand fleuve coule à quelques centaines de mètres de là, en contrebas dans la vallée. Lorsque les hautes terres ont les moyens économiques d’accéder à l’eau du fleuve par pompage, elles ne sont pas confrontées à un problème de rareté de l’eau. De même, de l’eau souterraine ou des nappes phréatiques peu profondes peuvent être disponibles, mais par manque d’infrastructure pour pomper l’eau souterraine et en l’absence des capacités nécessaires, de nombreux pays sont confrontés à ce qu’on appelle la rareté économique de l’eau. Cela est particulièrement vrai dans de nombreuses régions d’Afrique, d’Asie du Sud et d’Asie du Sud-Est.

Les systèmes de distribution d’eau douce et de production alimentaire sont intrinsèquement liés

L’agriculture est la plus importante activité consommatrice d’eau ; elle représente environ 70 pour cent de la totalité des prélèvements d’eau douce, essentiellement pour l’irrigation. Le Rapport mondial des Nations unies sur la mise en valeur des ressources en eau (2018) prévoit une augmentation de 60 pour cent de la demande alimentaire d’ici à 2050, ce qui exigera plus de terres arables et une intensification de la production, et se traduira également par une augmentation de l’eau utilisée. Le récent rapport EAT-Lancet sur l’alimentation durable indique clairement que notre façon de produire nos aliments et la nature de ce que nous consommons sont en train de devenir un des plus gros problèmes que nous avons à résoudre, et que la santé des gens et la qualité de l’environnement dépendent des solutions que nous pourrons trouver.

Plus de 820 millions de personnes n’ont pas suffisamment de quoi manger, et un nombre bien plus élevé consomment des aliments mauvais pour la santé qui contribuent à l’obésité, aux décès prématurés et aux maladies. Parallèlement, la production alimentaire mondiale a de graves conséquences pour la stabilité du climat et l’intégrité des écosystèmes, et elle est le principal facteur de dégradation environnementale, de changement climatique et d’instabilité du système terrestre.

Les systèmes agricoles dépendent de l’hydrologie et des institutions qui y sont liées ; c’est-à-dire des systèmes de gouvernance qui assurent l’utilisation durable et avisée de la terre et de l’eau. La transformation des systèmes alimentaires et agricoles mondiaux exige une gestion durable, efficace et abordable de l’eau. Il n’y a pas d’agriculture sans eau. Par conséquent, la gestion durable de l’eau est fondamentale pour produire plus de denrées alimentaires avec moins de ressources – c’est ce qu’on appelle l’intensification agricole durable (IAD). Par ailleurs, l’eau constitue une part importante de l’empreinte environnementale des pratiques agricoles. À titre d’exemples, citons les surprélèvements effectués dans les cours d’eau et les nappes phréatiques, qui entraînent un épuisement excessif de la ressource ainsi que le transport de polluants vers des plans d’eau adjacents.

Selon les estimations de Gosling et Arnell, d’ici à 2050 jusqu’à 3 milliards de personnes pourraient connaître un problème d’accroissement de la rareté de l’eau en raison du changement climatique qui modifie profondément le système hydrographique. La cinquième évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) indique, avec un niveau de confiance moyen, que les températures de surface du globe entre 2016 et 2035 seront de 0,3 à 0,7°C plus élevées que celles de la période 1986 à 2005. Vers la fin du 21ème siècle, la température de surface du globe devrait, avec un niveau élevé de confiance, être de plus de 1,5°C supérieure aux températures des années 1800. Bien sûr, divers scénarios d’émissions anthropiques donnent différents écarts de température et soulignent la nécessité d’agir pour lutter contre les émissions.

L’incidence du changement climatique sur la disponibilité de l’eau

Pour le GIEC, même si les changements prévus, notamment en ce qui concerne les précipitations, ne sont pas uniformes à l’échelle de la planète, les épisodes de très fortes pluies seront plus intenses et plus fréquents dans de nombreuses régions. Un lien a été établi entre le réchauffement de la planète et un large éventail de risques liés à l’eau ayant un impact indirect et direct sur la production agricole – y compris sur l’élevage et la pêche – et par conséquent sur la production et la sécurité alimentaire : ­

  • intensification du cycle mondial de l’eau entraînant des épisodes météorologiques (inondations, sécheresses et tempêtes tropicales) de plus en plus violents ; ­
  • variabilité fluctuante des cycles saisonniers des pluies, du début et de la durée des saisons, des vagues de chaleurs et des périodes de grand froid ; ­
  • moindre couverture neigeuse, fonte des glaciers et modifications des débits fluviaux ayant un impact sur la disponibilité de l’eau ; ­
  • montée du niveau de la mer entraînant des intrusions d’eau salée dans les systèmes côtiers ; ­
  • moindre qualité de l’eau due au fait que l’élévation des températures a une forte influence sur l’augmentation des niveaux de matières organiques, de nitrate et de phosphore dans l’eau des rivières ;
  • accroissement de la pollution de l’eau dû à une plus grande fréquence d’épisodes climatiques extrêmes et à des teneurs plus élevées en sédiments, nutriments, carbone organique dissous, agents pathogènes, pesticides et sel ; ­
  • changements considérables des débits fluviaux et, par conséquent, impacts sur l’habitat du biote aquatique ;
  • ­impacts sur la disponibilité des eaux souterraines. Par exemple, de 2000 à 2007, dans le bassin Murray-Darling, le niveau de la nappe phréatique a considérablement baissé suite à une forte réduction de la recharge lors de la sécheresse du millénaire (1996 – 2010), dans le sud de l’Australie.

Grâce à une meilleure connaissance des problèmes dus au réchauffement de la planète, il est largement reconnu que l’eau est le principal moyen par le biais duquel la société ressent les pressions liées au changement climatique. Selon l’étude de Smith et al., l’eau est devenue un problème bien réel du changement climatique. Mais nous pouvons faire en sorte qu’elle ne soit plus un problème et devienne, au contraire, une opportunité. Les spécialistes mondiaux de l’eau partagent largement le point de vue selon lequel l’eau n’est pas seulement un risque ; elle est également la clé de l’adaptation au changement climatique. Le monde a la possibilité d’établir une politique et de mettre en œuvre des programmes d’adaptation au changement climatique en fonction de la résilience de l’eau. Ce lien étroit entre adaptation et gestion des ressources en eau est de plus en plus reconnu, au point que certains sont allés jusqu’à appeler la COP 25 – la Conférence des Nations unies sur le changement climatique de 2019 – une « COP de l’eau » en raison des vastes débats sur les questions de changement climatique liées à l’eau.

L’ANALYE DES DONNÉES HISTORIQUES NE SUFFIT PLUS

Depuis au moins deux siècles, l’hypothèse sous-jacente de gestion de la variabilité et des situations extrêmes des ressources en eau est que nous pouvons évaluer les futurs épisodes météorologiques, prévoir les risques liés aux ressources en eau ou concevoir des infrastructures en analysant les données historiques. Le changement climatique et d’autres changements environnementaux ont invalidé cette hypothèse – nous ne pouvons plus prévoir et planifier le futur en nous basant sur les tendances du passé.

La gestion des inondations, par exemple, s’est traditionnellement appuyée sur les antécédents pour déterminer des paramètres tels que les pics de crue sur 100 ans. Toutefois, comme nous pouvons nous attendre à une augmentation de la fréquence et de la gravité des inondations en raison du changement climatique et aussi, souvent, relativement à d’autres changements environnementaux (changement d’utilisation des terres, urbanisation, canalisation de cours d’eau, etc.), les calculs des risques s’appuyant sur le passé ne sont pas utilisables. Par exemple, les niveaux de précipitation dans la région de Houston, Texas, au passage de l’ouragan Harvey, en 2017, ont été supérieurs à une période de retour de 1 000 ans pour des précipitations extrêmes de trois jours dans la plupart des localités et de 9 000 ans dans une même ville.

Des tendances similaires sont constatées pour les sécheresses. La sécheresse « jour zéro » du Cap, qui a pris fin en 2018, a été estimée comme un épisode survenant une fois tous les 300 ans, sur la base de documents accumulés pendant 400 ans. Lorsque deux importants cyclones tropicaux, Idai et Kenneth, ont frappé le sud-est de l’Afrique, en 2019, cela a été, selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), la première fois que deux tempêtes d’une telle intensité touchaient le Mozambique la même saison.

Des approches intégrées « au fil de l’eau »

Les impacts directs du changement climatique sur l’eau seront, de fait, « multipliés » par ses effets sur les autres secteurs associés au lien eau-énergie-alimentation-environnement-moyens d’existence. Donc, il est clair que nous avons besoin d’approches intégrées. L’amélioration des options de gestion de l’eau au niveau des bassins, à condition d’être appropriée, réduira non seulement les risques et insécurités actuels liés à l’eau mais atténuera également bon nombre d’impacts négatifs potentiels du changement climatique. L’accroissement de la capacité d’adaptation et, simultanément, l’amélioration de la sécurité hydrique, alimentaire et énergétique, sont souvent des « effets domino » de l’amélioration de la gestion de l’eau et de l’accroissement de la résilience de la société.

Pour tirer parti du potentiel d’adaptation de l’eau au changement climatique – et minimiser les risques liés à ce changement – nous avons besoin de systèmes de gestion intégrés. Plusieurs concepts tels que la gestion intégrée des ressources en eau, le nexus eau-énergie-alimentation et les cadres d’évaluation de la sécurité hydrique encouragent diverses approches intégratives et holistiques de la gestion de l’eau des bassins. De nombreuses initiatives, par exemple la création d’autorités de gestion des bassins hydrographiques, ont été prises pour introduire, dans le monde entier, des processus pertinents qui encouragent la gestion et le développement intégrés des bassins hydrographiques.

Par exemple, dans l’Union européenne, la gestion intégrée des bassins hydrographiques (GIBH) est encouragée par deux directives cadres qui ont été élaborées dans le but d’assurer la gestion durable, intégrée et efficace des bassins hydrographiques. La première est la directive-cadre sur l’eau de 2000 qui a pour objectif d’évaluer la qualité de l’eau et d’assurer le bon état de tous les aquifères. Par ailleurs, la directive de gestion des risques d’inondation concerne l’évaluation et la gestion de tels risques. Malgré ces exemples, la gestion réelle des eaux dans la plupart des pays, et notamment dans le Sud global, reste très fragmentée et sectorielle. Cela est une source d’inefficacité, de non-durabilité et même, dans certains conditions, de conflits.

Une approche holistique de la gestion de l’eau est nécessaire

Ces dernières décennies, l’adaptation aux impacts du changement climatique est devenue une stratégie essentielle de développement souvent prise en compte par les politiques et plans nationaux. Mais il reste encore beaucoup à faire pour traduire ces politiques mondiales et nationales en plans et services d’action locale. Par ailleurs, la coordination entre les systèmes de gestion et de gouvernance pose un problème majeur et empêche de s’assurer que la gestion des ressources en eau vise à équilibrer les avantages entre divers secteurs, parties prenantes et futurs risques climatiques. Il est important que les plans de résilience et d’adaptation des ressources en eau tiennent compte des divers niveaux de vulnérabilité climatique dans un bassin, compte tenu des inégalités structurelles existantes en matière de genre, de niveau de revenu, de classe, de race, d’ethnicité, etc.

Dans le Sud global, surtout, la durabilité des ressources en eau est confrontée à un large éventail de problèmes. On manque souvent de données et d’analyses approfondies des ressources en eau au niveau des bassins / pays, et la planification et la gestion du développement sont généralement sectorielles (« mentalité de cloisonnement ») et fragmentées. De plus, les actuels processus et structures de gouvernance ne facilitent pas l’adoption d’une vision commune de durabilité des ressources en eau au niveau des bassins / pays. Sans compter le manque de connaissance de l’orientation et de l’importance des futurs changements et des risques liés aux ressources en eau et toutes ses implications pour l’environnement, la société et l’économie.

À l’échelle mondiale, les 17 objectifs de développement durable et les 169 cibles qui leur sont associées exigent un développement holistique et intégré. Le changement d’objectif – de la simple augmentation de la productivité à la prise en compte parallèle de l’équité, de la justice sociale, de la santé environnementale et de tous les autres aspects de la durabilité – a conduit les discours sur le développement à une croisée des chemins. De nouvelles cibles et de nouveaux indicateurs modifient le mode de mesure de la réussite. La gestion intégrée des ressources en eau va jouer un rôle majeur dans la mise en œuvre des ODD en raison de l’interdépendance de nombreux objectifs et de nombreuses cibles. Il va donc être indispensable de bien gérer les compromis.

Nous entrons dans un monde dans lequel, au lieu de gérer les ressources en eau pour des secteurs individuels, par exemple la santé et l’assainissement, nous devons en tenir compte dans d’autres domaines nécessaires tels que l’irrigation, l’énergie hydraulique, l’industrie et les écosystèmes. Cette intégration doit porter sur de multiples utilisateurs et de multiples usages.

Idéalement, la future gestion et le futur développement des ressources en eau doivent tenir compte de toutes les demandes sectorielles et atteindre divers objectifs sociétaux de manière équilibrée, dans le cadre d’un large éventail de futurs plausibles, et intégrer des solutions adaptatives et flexibles. Et nous devons soutenir ces solutions en mettant en œuvre des structures et des politiques de gouvernance nous permettant de gérer nos problèmes de ressources en eau dans des conditions difficiles. Notre survie en dépend.

Luna Bharati est chercheuse principale à l’Institut international de gestion de l’eau (International Water Management Institute – IWMI) et travaille au Centre de recherche pour le développement (ZEF), à l’université de Bonn, Allemagne.
Stefan Uhlenbrook est directeur de programme stratégique – Eau, alimentation et écosystèmes, à l’Institut international de gestion de l’eau, à Colombo, Sri Lanka.

Contact: L.bharati@cgiar.org

Les auteurs remercient sincèrement le programme de recherche coordonné Eau, terre et écosystèmes (ETE), du CGIAR, pour le soutien qu’il leur a accordé. Ils souhaitent remercier Adam Hunt, ETE, IWMI, pour ses commentaires et son travail de rédaction sur une version antérieure du manuscrit.

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Smith, D. Mark; Matthews, J. H.; Bharati, Luna; Borgomeo, Edoardo; McCartney, Matthew; Mauroner, A.; Nicol, Alan; Rodriguez, D.; Sadoff, Claudia; Suhardiman, Diana; Timboe, I.; Amarnath, Giriraj; Anisha, N. (2019). Adaptation’s thirst: accelerating the convergence of water and climate action. Background paper prepared for the 2019 report of the Global Commission on Adaptation. Rotterdam, Netherlands: Global Commission on Adaptation (GCA) 42p.

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