La start-up ghanéenne TroTro Tractor propose des services de mécanisation aux agriculteurs et agricultrices.
Photo: giz

Un seul monde sans faim – Les Centres d’innovations vertes exploitent le potentiel du numérique

La technologie de l’information et des communications (TIC) est de plus en plus utilisée dans l’agriculture pour la transmission d’informations et de connaissances, ainsi que pour les transferts financiers dans les pays dits du Sud. Dans le cadre d’une initiative mondiale du ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), les Centres d’innovations vertes soutiennent actuellement plus de 30 projets TIC différents dans 16 pays d’Afrique et d’Asie.

Actuellement, grâce aux technologies numériques de l’information et des communications (TIC), les petits exploitants agricoles bénéficient d’informations et de connaissances spéciales auxquelles ils n’avaient pas accès auparavant. La création et l’utilisation bon marché de grandes quantités de données leur permettent d’améliorer leur productivité et leur efficacité. Ainsi, le numérique présente un potentiel considérable d’amélioration de la productivité agricole et, par conséquent, des revenus.

C’est l’objectif que l’initiative mondiale « Centres d’innovations vertes dans le secteur agricole et agroalimentaire (GIAE) » du BMZ s’est fixé avec la mise en œuvre de plus de 30 projets TIC différents dans 16 composantes pays. Les TIC sont utilisées sur l’ensemble de la chaîne de valeur. Elles sont le moteur du développement économique et améliorent l’intégration des producteurs et productrices, ainsi que des micro-, petites et moyennes entreprises,  dans des marchés fonctionnels. À cette fin, les Centres d’innovations vertes recherchent particulièrement des solutions TIC numériques permettant d’éliminer les goulots d’étranglement dans les chaînes de valeur. 

Il faut continuer d’élaborer et de diffuser des innovations TIC efficaces dans les pays partenaires pour que d’autres composantes pays GIAE et plus de projets puissent en profiter. 

Un exemple, l’application « TroTro Tractor » au Ghana – des tracteurs pour tous 


Le faible niveau de mécanisation est souvent un des principaux facteurs qui limitent la productivité des petites exploitations au Ghana. Compte tenu des faibles superficies exploitées, la possession d’un tel matériel ne permet pas de couvrir les dépenses engagées. C’est à ce problème que s’attaque le Centre d’innovations vertes du Ghana, en coopération avec la startup ghanéenne TroTro Tractor qui offre des services de mécanisation aux exploitants agricoles. Les clients peuvent commander ces services grâce à une application numérique.

Les entrepreneur·e·s sont souvent confronté·e·s à des problèmes qui sont typiques du secteur informel caractérisé par la faible superficie des exploitations agricoles. Les obstacles rencontrés concernent la création de contacts avec les petits exploitants et la gestion des paiements.

La plateforme numérique TroTro Tractor offre une solution permettant aux exploitants de louer un tracteur au moyen d’un simple SMS dans lequel ils précisent le type de service dont ils ont besoin, leur adresse, ainsi que la superficie et l’emplacement de leur champ. TroTro Tractor regroupe ensuite les commandes et les communique au prestataire de service disponible le plus proche.

Le Centre d’innovations vertes au Ghana met TroTro Tractor en contact avec des petites exploitations agricoles en milieu rural qui ont besoin des prestations de mécanisation offertes. La start-up bénéficie en outre d’un soutien sous forme de mesures de formation visant à développer et à améliorer les compétences entrepreneuriales.

À l’avenir, TroTro Tractor pourra potentiellement élargir sa gamme de services dans le cadre de la zone d’intervention des Centres d’innovations vertes. Par exemple, il sera possible de louer d’autres machines agricoles ou des véhicules de transport. 

Autre exemple, « DigiFarm » dans l’élevage laitier au Kenya 


Pour les agriculteurs kényans, l’accès à l’aide, aux services et aux intrants est souvent insuffisant. On leur refuse fréquemment tout financement, notamment parce que de nombreux prêteurs sont incapables d’évaluer leur solvabilité. Dans bien des cas, cela se traduit par de nombreuses démarches administratives et de mauvaises conditions de crédit pour les agriculteurs. 

En collaboration avec Safaricom, prestataire de services mobiles, le Centre d’innovations vertes du Kenya propose aujourd’hui une solution aux exploitations laitières du pays. L’application DigiFarm utilise les technologies de la téléphonie mobile dans l’agriculture afin de faciliter les processus de la chaîne d’approvisionnement et d’éviter les goulots d’étranglement financiers pour les membres des coopératives laitières. 

La « solution de gestion laitière DigiFarm » et le programme d’analyse des données correspondantes offert par Safaricom constituent un service en ligne en temps réel qui collecte les données individuelles des livraisons, des achats et des services de conseil des membres inscrits avant de les leur communiquer sous forme de messages faciles à comprendre.

Pour bénéficier de ces services, les agriculteurs doivent d’abord se connecter à DigiFarm avec leur téléphone portable. Le personnel de la coopérative commence par déterminer la quantité de lait livrée et les moyens de production qui ont été vendus avant de stocker les données dans l’application. Une fois par semaine, toutes les données collectées sont transmises à Safaricom où elles sont intégrées dans le système de comptabilisation.

Chaque agriculteur reçoit ultérieurement un court message lui donnant un relevé détaillé de ses livraisons de lait, des moyens de production achetés et des services demandés. 


Christian Schulze-Koch,
Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (giz) GmbH – Centres d’innovations vertes, coordinateur du groupe de travail TIC, Bonn, Allemagne

Pour plus de détails, contacter :  
Christian Schulze-Koch : christian.schulze@giz.de