Agricultrice dans le comté de Makueni, Kenya, juin 2019. Les petits producteurs de denrées alimentaires sont confrontés à des problèmes disproportionnés d’accès aux intrants et aux services.
Photo: ©FAO/Luis Tato

Lenteur des progrès dans la réalisation des ODD liés à l’alimentation et l’agriculture

Selon la FAO, le monde est en retard dans la réalisation de la plupart des objectifs de développement durable liés à l’alimentation et l’agriculture. Le secteur agricole a besoin d’investissements suffisants, mais les dépenses publiques dans ce domaine sont à la baisse. L’Afrique subsaharienne et l’Océanie sont particulièrement touchées par l’insuffisance des investissements publics dans l’agriculture.

L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a analysé quatre objectifs de développement durable (ODD) : ODD 2 – Faim zéro, ODD 6 – Eau propre et assainissement, ODD 14 – Vie aquatique et ODD 15 – Vie terrestre. Les résultats publiés en juillet 2019 indiquent que la situation empire : le monde est en retard dans la réalisation de la plupart des cibles des objectifs de développement durable (ODD) liés à la faim, la sécurité alimentaire et la nutrition.

Aujourd’hui, plus de 820 millions de personnes souffrent encore de la faim. À l’échelle mondiale, le nombre de personnes souffrant de la faim a augmenté pour la troisième année consécutive et retrouve son niveau de 2010-2011. Parallèlement, leur proportion par rapport à la population totale a légèrement augmenté : de 10, 6 pour cent en 2015, elle est passée à 10,8 pour cent en 2018.

Les petits producteurs de denrées alimentaires – soit la majorité des exploitants agricoles dans de nombreux pays en développement – sont confrontés à d’énormes problèmes d’accès aux intrants et aux services, et par conséquent leurs revenus et leur productivité sont systématiquement inférieurs à ceux des grands producteurs. Dans la plupart des pays, leurs revenus sont plus de deux fois inférieurs à ceux des grands producteurs de denrées alimentaires. 

Plus de la moitié des races d’élevage locales sont menacées d’extinction

En moyenne, 60 pour cent des races d’élevage locales sont menacées d’extinction dans les 70 pays disposant d’informations sur l’état du risque. Plus précisément, dans le monde entier, sur 7 155 races d’élevage locales (c’est-à-dire des races présentes dans un seul pays), on considère que 1 940 sont menacées d’extinction. Ce nombre pourrait toutefois être plus élevé car pour deux tiers des races d’élevage locales, notamment au Moyen et en Proche-Orient, en Afrique et en Asie, on ne dispose pas de données sur les animaux menacés d’extinction. 

La FAO nous informe qu’aucun progrès n’a été réalisé dans la préservation des ressources génétiques animales et constate que les efforts actuellement déployés pour préserver ces ressources semblent insuffisants. La situation est plutôt meilleure en ce qui concerne la préservation du matériel génétique végétal. Néanmoins, selon le rapport, les efforts visant à garantir la diversité des plantes cultivées restent insuffisants, notamment pour les plantes sauvages apparentées aux plantes cultivées, les plantes alimentaires sauvages, ainsi que les espèces végétales cultivées mais négligées et sous-utilisées. 

La surpêche et l’irrégularité de mise en œuvre des instruments internationaux menacent la durabilité de la pêche 

Aujourd’hui, un tiers des stocks mondiaux de poissons de mer sont surpêchés, comparativement à seulement 10 pour cent en 1974. Malgré quelques récentes améliorations au niveau de la gestion des pêches et des stocks dans les pays développés, la proportion de stocks pêchés à des niveaux biologiquement durables a considérablement diminué dans les pays en développement. 

Par ailleurs, environ 30 pour cent des pays ont encore un niveau faible ou moyen de mise en œuvre des principaux instruments internationaux visant à lutter contre la pêche illégale, non déclarée et non réglementée, et environ 20 pour cent des pays ont un niveau faible ou moyen de mise en œuvre des principaux instruments visant à favoriser l’accès des petits pêcheurs aux ressources productives, aux services et aux marchés.

Recul de l’investissement public dans l’agriculture

Selon la FAO, bon nombre des problèmes susmentionnés seraient probablement moins pressants si on investissait plus dans le secteur agricole (y compris la pêche et la foresterie). Malheureusement, les dépenses publiques dans l’agriculture ont diminué par rapport à sa contribution au produit intérieur brut (PIB). C’est en Afrique subsaharienne et en Océanie (à l’exception de l’Australie et la Nouvelle-Zélande) que les valeurs relatives de l’investissement public dans l’agriculture ont été les plus faibles.

Recommandations pour inverser ces tendances négatives :

  • promouvoir l’amélioration de la productivité et renforcer la résilience des petits producteurs de denrées alimentaires et leur capacité d’adaptation ;
  • lutter contre les anomalies au niveau des prix en améliorant les informations sur les prix  et sur l’offre et la demande des produits alimentaires de base, ce qui permettrait aux marchés de fonctionner plus efficacement ; 
  • améliorer la productivité de l’eau et de l’irrigation dans l’agriculture et réduire les pertes sur les réseaux municipaux de distribution et dans les processus de refroidissement industriels et énergétiques sont parmi les principales actions à mener pour lutter contre le stress hydrique ;
  • enfin, tous les pays ont un besoin urgent de mettre en œuvre des changements visant à transformer la gestion et la gouvernance de la pêche.

(FAO/ile)

Plus d’informations (en anglais) : Tracking progress on food and agriculture-related SDG indicators -
A report on the indicators under FAO custodianship http://www.fao.org/sdg-progress-report/en/