Parc national d’Amboseli, Kenya : les glaciers du Kilimandjaro reculent. La biodiversité des vallées qu’ils dominent dépend de l’eau qu’ils libèrent.
Photo: ©Almut Arneth, KIT

Le changement climatique compromet la réalisation des objectifs de biodiversité

Il y a un lien étroit entre changement climatique et perte de biodiversité. Les experts estiment qu’une approche souple de la conservation permettrait d’obtenir des réponses dynamiques aux effets du changement climatique sur les habitats et les espèces.

La réalisation d’un nombre considérable d’objectifs de biodiversité post-2020 fixés ou proposés par des organisations internationales risque d’être gravement compromise par le changement climatique, même si d’autres obstacles tels que l’exploitation des habitats sont levés. Tel est l’avertissement donné par des experts de l’Institut de technologie de Karlsruhe (KIT) en décembre dernier. Selon eux, le réchauffement de la planète accélère la perte de biodiversité. A contrario, les mesures prises pour protéger la biodiversité peuvent également atténuer les impacts du changement climatique. 

Environ un million d’espèces végétales et animales sont menacées dans le monde. Or, au moins 13 des 17 objectifs de développement durable fixés par les Nations unies dépendent de la biodiversité, notamment la diversité des espèces, la diversité génétique au sein des espèces et la diversité des écosystèmes. 

Tout comme la surexploitation des ressources naturelles terrestres et aquatiques, et la pollution de l’environnement, le changement climatique entraîne des pertes de diversité biologique. Cette situation va empirer avec le temps.

Coordonner les objectifs de biodiversité avec l’Accord de Paris 


Dans le cadre d’une étude dont les résultats ont été publiés dans la revue scientifique américaine PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences), des chercheurs ont analysé l’ensemble des objectifs révisés de protection de la biodiversité actuellement négociés par les parties pour l’après-2020 et qui doivent être atteints d’ici à 2030 ou 2050. Ils ont constaté que la réalisation de nombreux objectifs existants ou proposés est menacée par le réchauffement de la planète, même si l’augmentation moyenne des températures mondiales restait à la limite basse des projections.  

 « C’est un problème de taille, mais c’est aussi une belle opportunité de mieux gérer, au niveau politique, les interactions entre le changement climatique et la perte de biodiversité, et de mieux coordonner les objectifs de biodiversité avec l’Accord de Paris sur le changement climatique et les objectifs de développement durable, » explique Almut Arneth, professeure à la division de recherche environnementale atmosphérique de l’Institut de recherche météorologique et climatique (IMK-IFU/KIT). Selon elle, les objectifs de biodiversité proposés devraient par conséquent tenir compte bien plus explicitement du changement climatique.  

Une meilleure coordination des accords politiques est nécessaire 


Almut Arneth donne un exemple : pour les réserves naturelles, un objectif de biodiversité doit tenir compte du fait que la composition et la croissance de la végétation vont varier avec le changement climatique et que certaines espèces végétales et animales vont soit migrer, soit être menacées en cas de changement des conditions climatiques. 

Par exemple, le changement climatique entraîne la fonte et le recul des glaciers. Toutefois, dans les régions semi-arides, les écosystèmes des vallées en aval dépendent de la fonte des glaciers en été. Si la quantité d’eau disponible diminue en raison du recul des glaciers, les précipitations, à elles seules, peuvent ne pas être suffisantes pour alimenter en eau la végétation du bassin versant. Cette situation affecte à son tour les animaux qui dépendent de cette végétation.

L’étude souligne le besoin de réduire, rapidement et de manière significative, les émissions anthropiques de gaz à effet de serre et de stopper le changement climatique. À l’inverse, elle montre également que les mesures visant à protéger la biodiversité contribuent à protéger le climat. « Une meilleure coordination des accords politiques et des connaissances scientifiques peut accélérer la décarbonisation urgente de l’économie et assurer un ralentissement du changement climatique par des mesures de protection de la diversité, » a déclaré Almut Arneth en résumé.

(KIT/ile)

Read more at KIT website (en anglais)

Publication initiale :
Almut Arneth, Yunne-Jai Shin, Paul Leadley, Carlo Rondinini, Elena Bukvareva, Melanie Kolb, Guy F. Midgley, Thierry Oberdorff, Ignacio Palomo, Osamu Saito: Post-2020 biodiversity targets need to embrace climate change. PNAS, 2020. DOI: 2009584117

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