Rizières en terrasses aux Philippines*
Photo: ©André Künzelmann/UFZ

La préservation de la biodiversité – quels avantages pour le climat ?

Jusqu’à maintenant, les mesures visant à protéger le climat et la biodiversité ont souvent été élaborées en parallèle, mais de nombreuses approches peuvent protéger et le climat et la biodiversité.

En avril 2022, le Centre Helmholtz pour la recherche environnementale (UFZ) a indiqué sur son site web que, selon une équipe de chercheurs internationale, environ deux tiers des potentiels futurs objectifs mondiaux de la biodiversité (objectifs d’action post-2020 pour 2030) peuvent contribuer à ralentir le changement climatique. 

Lorsqu’au cours du deuxième semestre, la communauté internationale se rencontrera pour la seconde partie de la Convention des Nations unies sur la diversité biologique à Kunming, Chine, elle devra également adopter la nouvelle génération d’objectifs des Nations unies pour la biodiversité. Ceux-ci remplaceront alors les objectifs d’Aichi fixés pour 2020. 21 « objectifs d’action post-2020 pour 2030 » ont déjà été pré-formulés. Ils doivent encore être définitivement approuvés, mais ils visent à réduire les menaces potentielles pour la biodiversité, à améliorer le bien-être des êtres humains et à mettre en œuvre les outils et les solutions de préservation de la biodiversité. 

Dans une étude de synthèse pour la revue scientifique Global Change Biology, les auteurs ont évalué la mesure dans laquelle la réalisation de ces 21 objectifs de biodiversité peut également ralentir le changement climatique. Résultat : 14 des 21 objectifs (c’est-à-dire les deux tiers) contribuent à la protection du climat. 

Cela vaut notamment pour l’objectif de raccordement des aires protégées par des couloirs ou d’élargissement des aires protégées à au moins 30 pour cent de la surface du globe. Par exemple, on estime que la totalité des aires protégées terrestres du globe stockent actuellement de 12 à 16 pour cent du carbone total. Et, bien que les connaissances soient encore limitées, les écosystèmes de haute mer peuvent également stocker d’importantes quantités de carbone sur les fonds marins. Toutefois, l’objectif de 30 pour cent est loin d’être atteint et, de plus, très controversé. Selon les chiffres dont disposent actuellement les Nations unies depuis 2021, les proportions des superficies des aires protégées sont de 15,7 pour cent sur terre et de 7,7 pour cent en mer.

Mais le climat bénéficie également de certains autres objectifs mondiaux de biodiversité récemment formulés. Par exemple, un objectif prévoit de restaurer au moins 20 pour cent des écosystèmes dégradés comme les forêts tropicales et subtropicales ou les habitats côtiers tels que les récifs coralliens, les herbiers marins et les mangroves. Selon l’étude, à l’échelle mondiale, le captage du carbone dans les systèmes côtiers est considérablement inférieur à celui des forêts terrestres en raison de leur plus faible superficie. Cependant, la quantité de carbone capté par unité de superficie de végétation côtière est considérablement plus élevée. 

La prise en compte de la biodiversité dans les lois, les directives et les processus de planification spatiale contribue également à protéger le climat car, entre autres, elle empêche le défrichage des forêts qui constituent un important réservoir de CO2. D’autres objectifs sont positifs pour la biodiversité et la protection de climat. C’est notamment le cas de l’expansion des infrastructures vertes et bleues dans les villes (p. ex. parcs, toitures végétales et lacs) ou de l’amélioration des relations publiques visant à encourager le grand public à gérer les déchets de manière plus durable et à consommer moins.

Il peut toutefois y avoir conflit entre certains objectifs de protection de la biodiversité et du climat. En Europe centrale, la préservation des paysages agricoles est un exemple montrant qu’il n’est pas facile de tout concilier. D’un côté, l’imitation des systèmes traditionnels d’utilisation des terres au lieu de l’intensification de l’agriculture, voire l’abandon de l’utilisation des terres, présente des avantages évidents pour la préservation de la biodiversité. De l’autre, il y a des conflits car certaines mesures sont néfastes au climat dans la mesure où, la majeure partie des terres étant utilisée pour l’agriculture, la proportion de forêt est moindre et moins de carbone est stocké. En outre, l’élevage de bovins et d’ovins libère du méthane qui est néfaste pour le climat.

*Ce site du patrimoine mondial, avec ses champs irrigués, doit son existence à l’approvisionnement continu en eau assuré par la forêt qui le surplombe. Certes la culture du riz produit du méthane mais, parallèlement, la diversité génétique traditionnelle du riz est préservée, ce qui peut constituer la base de futures adaptations de l’utilisation des sols. Elle préserve également la forêt qui se caractérise par une très grande biodiversité et une forte proportion d’espèces sauvages et végétales. Parallèlement, cette protection contribue à la séquestration du carbone dans les forêts.

(UFZ/ile)

Pour en savoir plus, consulter le site web de l’UFZ (en anglais)

Pour en savoir plus et télécharger la première version du Cadre mondial de la biodiversité pour l’après 2020, aller sur le site du PNUE 

Publication : 
Yunne-Jai Shin, Guy F. Midgley, Emma R. M. Archer, AlmutArneth, David K. A. Barnes, Lena Chan, Shizuka Hashimoto, Ove Hoegh-Guldberg, Gregory Insarov, Paul Leadley, Lisa A. Levin, Hien T. Ngo, Ram Pandit, Aliny P. F. Pires, Hans-Otto Pörtner, Alex D. Rogers, Robert J. Scholes, Josef Settele, Pete Smith: Actions to halt biodiversity loss generally benefit the climate, Global Change Biology, https://doi.org/10.1111/gcb.16109

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