Des membres d’un groupe appartenant à la communauté des Turkana ferment un four circulaire en acier pour fabriquer du charbon de bois près de leur village dans le Morungole, comté de Turkana, Kenya. Photo: Luis Tato/ FAO

La biomasse pour l’énergie et la restauration des paysages forestiers

Dans les communautés rurales, notamment, des millions de ménages font brûler du bois ou du charbon de bois pour se chauffer et cuire leurs aliments. Toutefois, ces traditionnelles filières bioénergétiques ne sont pas durables et ont notamment pour conséquence de dégrader les sols. La bioénergie moderne permet de répondre à la demande d’énergie abordable tout en restaurant les paysages forestiers. L’exploitation de ce lien offre plusieurs opportunités de production d’énergie et de génération de revenus, mais la transition n’est pas facile.

Dans certaines parties du monde, l’énergie traditionnelle tirée du bois reste la principale source d’énergie pour de nombreux ménages. En Afrique subsaharienne (ASS), plus de 80 pour cent des ménages vivant en zones urbaines utilisent exclusivement du bois de chauffage et du charbon de bois (appelés combustibles bois) pour chauffer l’eau et cuire les aliments, et les filières bois-énergie emploient des millions de personnes. La demande de combustibles bois devrait augmenter du fait de la croissance démographique.

L’énergie traditionnelle à base de bois n’est pas durable

Les filières traditionnelles bois-énergie ne sont pas durables. La demande croissante d’énergie a entraîné une surexploitation et un approvisionnement non réglementé se traduisant par la déforestation, la perte de biodiversité et, par conséquent, la dégradation des paysages. De plus, il y a non seulement le problème de l’exploitation non durable du bois et autre biomasse forestière, mais aussi la conversion et l’utilisation inefficaces du combustible lui-même, qui peuvent être la cause d’un certain nombre de problèmes environnementaux et socio-économiques : production accrue d’émissions de gaz à effet de serre (GES) par rapport à d’autres solutions énergétiques « moins polluantes », pollution de l’air intérieur et ses répercussions sur la santé, et accès limité aux énergies modernes, ce qui réduit les opportunités de développement.

L’abattage illégal d’arbres, la gestion non durable des terres et la conversion de zones boisées en zones destinées à d’autres usages sont parmi les principaux responsables de la dégradation des terres forestières qu’on définit comme une réduction de la vitalité des forêts qui diminue leur capacité à offrir des biens et services. Cette dégradation a une incidence sur les habitants des forêts, les populations autochtones et celles qui dépendent directement des ressources naturelles, et elle favorise le changement climatique en augmentant les émissions de GES et en réduisant les puits de carbone.

Les terres dégradées sont plus exposées au vent, à la pluie et aux inondations ; elles perdent leur capacité d’offrir des ressources précieuses et compromettent ainsi la sécurité alimentaire. En Afrique subsaharienne, le taux de déforestation enregistré est cinq fois plus élevé que la moyenne mondiale, ce qui réduit considérablement la résilience des terres et des communautés au changement climatique, tout en étant néfaste à la productivité des écosystèmes forestiers et à la préservation de la biodiversité.

Énergie bois moderne et restauration des paysages forestiers

Une des nombreuses mesures nécessaires pour la restauration des paysages forestiers (RPF) consiste à réformer les pratiques non durables d’utilisation du combustible bois, activité censée redonner aux paysages forestiers déboisés ou dégradés leur fonctionnalité écologique. Ce processus concerne les fonctions écologiques, sociales et économiques des paysages ainsi que les biens et services écosystémiques apparentés, et il vise essentiellement à accroître la santé et le nombre des arbres tout en restaurant les paysages et leur productivité biologique.   

La production de bioénergie moderne offre de multiples opportunités de contribuer à la RPF et d’en profiter. L’utilisation exclusive de la biomasse ligneuse pour la production d’énergie peut stimuler la demande de produits tirés des plantations forestières et de l’agroforesterie. Plusieurs variétés de plantes et d’essences d’arbres tels que le peuplier et le saule, sources d’une précieuse énergie biomasse, sont même capables de pousser dans des terres marginales ou improductives, ce qui permet de restaurer des zones inexploitées tout en séquestrant et en stockant du CO2, en réduisant la contamination des sols et en améliorant leur santé et les rendements agricoles.

Ces solutions de restauration ont un énorme potentiel énergétique. En Afrique subsaharienne, 75 millions d’hectares à restaurer dans le cadre de l’initiative de Restauration du paysage forestier en Afrique pourraient produire environ six exajoules de bioénergie primaire par an – selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), ce qui représenterait 23 pour cent de la consommation totale d’énergie de l’Afrique en 2019.

Les chaînes modernes d’approvisionnement en énergie bois appliquent des principes d’économie circulaire à la gestion des forêts et créent de la valeur à partir des sous-produits, des résidus et des déchets à l’autre bout de la chaîne. Par exemple, on peut utiliser les résidus forestiers et les résidus du bois pour produire des matières premières améliorées telles que les granules, les briquettes et les copeaux pour la production d’énergie.

Ainsi, le charbon à usage agricole (biochar), sous-produit de la gazéification de la biomasse ligneuse (combustion de biomasse avec peu d’oxygène à haute température) peut être utilisé comme engrais organique et pour le stockage du CO2  dans le sol. Il sert à amender le sol, à constituer un substrat sans sol pour la culture des jeunes plants forestiers et à recycler des nutriments dans le sol, bouclant ainsi la boucle en améliorant l’écosystème dont dépend la filière.

L’utilisation traditionnelle du bois-énergie est souvent associée à la pollution de l’air intérieur et ses répercussions sur la santé.
Photo: Jörg Böthling

Globalement, l’approvisionnement en énergie bois moderne grâce à la restauration des forêts est une pratique de gestion durable des terres qui évite les questions de changement d’utilisation des terres et favorise la sécurité alimentaire et le développement socio-économique dans les zones non productives. Pour la RPF, les avantages sont directs (par exemple amélioration de la fertilité des sols) mais aussi indirects (dans la mesure où la filière bois-énergie moderne réduit les pressions exercées sur les ressources forestières en intégrant d’autres matières premières telles que les déchets alimentaires, agricoles ou ligneux). Autres avantages : réduction de la pollution atmosphérique intérieure grâce à des solutions de chauffage et de cuisson plus efficaces ; création de revenus et d’opportunités d’emplois pour les agriculteurs ; et amélioration de la sécurité énergétique et de la résilience au changement climatique.

Les solutions d’énergie bois modernes s’attaquent aux principales causes de la dégradation des paysages forestiers tout en luttant contre ses conséquences et en trouvant des solutions pour la restauration des paysages forestiers.

Le passage aux solution durables modernes doit être progressif

Les filières traditionnelles bois-énergie peuvent avoir des répercussions directes ou indirectes sur les paysages forestiers, mais leur éradication soudaine est à la fois difficile et inappropriée dans la mesure où des millions de personnes dépendent d’elles pour leurs besoins énergétiques et leurs moyens de subsistance. Le passage à des solutions durables modernes doit donc être progressif.

Il est essentiel de commencer par s’attaquer au manque général de connaissances sur la disponibilité et les avantages des filières bois-énergie modernes, en commençant par des campagnes d’information et de sensibilisation sur les potentiels sociaux, économiques et environnementaux. Pour cela, différents outils de communication sont essentiels pour informer divers groupes cibles, et notamment les techniciens, le grand public et les jeunes. Partant de là, des dialogues locaux, nationaux et internationaux peuvent stimuler la collaboration et favoriser les échanges pour élargir la perception de la transition énergétique.

Le secteur forestier et les acteurs de la filière bois-énergie ont souvent été confrontés à des priorités divergentes, ces derniers mettant l’accent sur des questions de fiabilité et d’abordabilité de l’approvisionnement en bois-énergie, et le premier recherchant des investissements pour la restauration de la gestion durable des paysages forestiers. De fait, il y a synergie entre les deux. La création de plateformes multipartites – autorités du secteur public et acteurs sur le terrain, dont des ONG, la société civile, des organisations de travailleurs et des chercheurs – est une solution permettant aux parties prenantes d’avoir également accès aux ressources matérielles et aux connaissances. Cela permet d’accéder à des activités conjointes d’apprentissage, de formation et de renforcement des capacités facilitant des interventions informées, scientifiquement valides et axées sur la durabilité.   

Une politique efficace et des interventions pratiques ont besoin de données appropriées sur l’état de l’art et les potentialités. Par conséquent, des initiatives de création de ces données sont également essentielles ; par exemple : campagnes de collecte de données géoréférencées complètes cartographiant les potentialités nationales d’approvisionnement en bois-énergie, les ressources naturelles ainsi que toutes les entreprises nationales, mise en lumière des opérations et des technologies les plus efficaces. En outre, les évaluations de la durabilité actuelle et la potentialité du bois-énergie de contribuer à la RPF sont essentielles pour aider aussi complètement que possible les législateurs à prendre des décisions en connaissance de cause. Un certain nombre de cadres existent à cette fin, par exemple les indicateurs de durabilité du partenariat mondial pour les bioénergies (Global Bioenergy Partnership Sustainability Indicators) utilisés pour évaluer les impacts économiques, sociaux et environnementaux de la bioénergie.

La pluralité et la diversification des pratiques de la filière bois-énergie sont un atout pour gérer durablement les forêts et pour faire face à l’accroissement de la demande. Un moyen d’y arriver consiste à promouvoir l’innovation technologique pour des méthodes plus efficaces de production d’énergie telles que la pyrolyse et la micro-gazéification où de nouvelles matières premières telles que les résidus agricoles et forestiers sont intégralement brûlées et utilisées pour cuire les aliments, ce qui évite les pertes d’énergie et de revenu. Cela peut être encouragé par la création de programmes d’entrepreneuriat, la stimulation du marché grâce à des incitations financières et la création d’opportunités socio-économiques.

Par ailleurs, le subventionnement de la diffusion de fourneaux améliorés produits localement dynamiserait un marché interne de matières premières améliorées, ce qui générerait des revenus supplémentaires. La création de filières bois-énergie courtes visant à réduire le nombre d’intermédiaires entre les consommateurs et les producteurs pourrait également contribuer à réduire les obstacles financiers.

Opportunités pour les producteurs et meilleures pratiques

Les producteurs jouent un rôle essentiel dans le passage aux filières bois-énergie modernes en synergie avec les paysages forestiers. Des interventions politiques peuvent contribuer à stimuler la transition, mais dans bien des cas, des pratiques de la filière bois-énergie favorables à la RPF peuvent déjà être des solutions financièrement viables pour les producteurs.

Par exemple, au Sri Lanka, des petits exploitants agricoles produisent du combustible bois à partir du Gliricidia sepium, un arbuste légumineux cultivé à côté des cultures alimentaires et ayant la particularité de fixer l’azote, ce qui permet de considérablement augmenter les rendements. L’excédent de bois est vendu à des centrales électriques alors que le feuillage est transformé en aliment pour le bétail et en engrais, ce qui produit de l’énergie et des revenus tout en régénérant le sol.

Au Liban, les déchets d’élagage sont généralement brûlés sur place, cause de fréquents incendies de forêts. Les déchets peuvent au contraire être utilisés pour produire de l’énergie et leur collecte réduit les risques d’incendies de forêts et la dégradation qui en résulte. En outre, l’excédent de bois et de résidus peut être transformé en compost, ce qui permet de tirer de l’engrais ainsi que de l’énergie économiquement viable des déchets.

Un projet mis en œuvre par la Al Shouf Cedar Society (ACS), une organisation créée en collaboration avec le ministère libanais de l’Environnement pour gérer la Shouf Biosphere Reserve en est un bon exemple. Le projet a appuyé la mise en place d’une installation bioénergétique locale pour la production de briquettes destinées au chauffage et à la cuisson des aliments et tirées de déchets locaux issus de la fabrication d’huile d’olive par pressage, de l’élagage des oliviers et des arbres fruitiers, ainsi que de l’éclaircissage et l’élagage des forêts de chênes et de pins. Pour la même quantité de chaleur, le coût de l’énergie a été réduit de plus de deux tiers comparativement au fuel – principale source d’énergie des ménages locaux. Cela a également des effets positifs sur la consommation et l’épargne de la population locale et entraîne une réduction de la pollution et des problèmes de santé dus à l’utilisation du carburant diesel.

Même les espèces invasives peuvent devenir d’utiles sources d’énergie pour les producteurs, comme le montre l’exemple du Prosopis juliflora, un arbuste invasif du Kenya, localement appelé ‘mathenge’. Pour contrôler la propagation du Prosopis, il a été exclu d’une interdiction gouvernementale d’exploitation forestière dans toutes les forêts publiques et communautaires. Cet arbre est maintenant utilisé pour produire du bois de chauffage et du charbon de bois, ce qui réduit la pression exercée sur les forêts autochtones, permet leur régénération et accroît la biomasse sur pied, la résilience et les revenus des agriculteurs. Les fours améliorés permettent de produire le charbon de bois à moindre coût, avec une moindre consommation de bois et un taux de récupération quatre fois supérieur à celui des méthodes traditionnelles. Avant cette interdiction, qui visait à atténuer les effets d’une sécheresse généralisée, les communautés locales de Baringo produisaient du charbon de bois à partir d’essences autochtones, surtout l’Acacia lahi.

En résumé

Les filières traditionnelles bois-énergie ne sont pas durables et ont des répercussions environnementales, sociales, économiques et sanitaires. Elles n’en sont pas moins cruciales pour des millions de personnes et la dépendance des économies rurales au bois-énergie traditionnel devrait persister dans un avenir proche. Une vision à long terme est par conséquent nécessaire pour faciliter un passage progressif à des filières bois-énergie modernes visant à restaurer plutôt qu’à aggraver la situation des paysages forestiers. Le processus commence par un accroissement de la sensibilisation aux avantages mutuels des filières bois-énergie durables et de la RPF en attirant l’attention sur leurs potentiels en matière d’énergie et de revenu.

Les parties prenantes concernées devraient se réunir pour harmoniser les points de vue et mettre les meilleures pratiques en commun. Il est donc essentiel d’organiser des formations collectives et des activités de renforcement des capacités pour transmettre les connaissances durables et les outils scientifiques permettant de mesurer et de résoudre les problèmes de durabilité et de fournir un support technique aux responsables des orientations politiques. D’autres interventions devraient stimuler l’innovation technologique pour améliorer et diversifier les sources d’énergie et les pratiques, en accroissant les opportunités socio-économiques dans le secteur et en encourageant les producteurs à adopter certains des innombrables processus énergétiques de la filière bois-énergie qui agissent en symbiose avec les paysages forestiers.

Au total, les paysages forestiers offrent d’extraordinaires opportunités de génération de revenu et d’énergie moderne qui, à leur tour, réduisent la pression sur les ressources naturelles, accroissent la biodiversité, améliorent la fertilité des sols, accroissent la restauration des paysages forestiers et créent de la valeur à partir des sous-produits et des déchets.

Partenariat mondial pour les bioénergies

Créé en 2006, le Partenariat mondial pour les énergies (GBEP) s’efforce de rassembler les parties prenantes, de faciliter le renforcement des capacités et de promouvoir l’innovation technologique. Une de ses priorités consiste à faciliter le passage à une énergie-bois moderne et à la restauration des paysages forestiers (RPF).

En Afrique subsaharienne, le GBEP a organisé trois dialogues sur le bois-énergie et la RPF, aussi bien au niveau international (Forum mondial des paysages, Accra, 2019) qu’au niveau national (Dialogues nationaux au Togo et au Ghana), avec la contribution active de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) et de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ). Des formations exhaustives et la communication de connaissances transversales ont eu lieu, avec des démonstrations pratiques sur les technologies modernes et les stratégies RPF adaptées à la région.

Le GBEP offre au Togo et au Ghana des évaluations sur mesure de leur RPF et de leurs secteurs bois-énergie, ainsi que des actions prêtes à être mises en œuvre, des stratégies et des messages à retenir. Les parties prenantes concernées ont joué un rôle crucial dans les dialogues holistiques qui les ont encouragées à créer un groupe de travail national multipartite permanent chargé d’assurer la coordination continue et un soutien politique.


Matteo Milani travaille comme volontaire au secrétariat du partenariat mondial pour les bioénergies (Global Bioenergy Partnership – GBEP) à l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), où il participe à la rédaction d’articles et de propositions de projets. Il a une formation en analyse de données et en économie.

Constance Miller est conseillère technique en chef au secrétariat du GBEP, à la FAO, où elle coordonne les activités techniques du Partenariat, aussi bien en termes de renforcement des capacités que d’évaluation de la durabilité. Elle a une formation en énergie dans le domaine du développement rural et des sciences naturelles.

Maria Michela Morese est cadre supérieur des ressources naturelles à la FAO où elle dirige les travaux de l’équipe Énergie. Elle a plus de 20 ans d’expérience, aussi bien aux Nations unies qu’au niveau gouvernemental, dans les relations internationales dans un large éventail de domaines, notamment ceux du changement climatique, de l’environnement et de l’énergie.

Contact: gbep-Secretariat@fao.org

 

Références :

Animated video: Sustainable wood energy and Forest Landscape Restoration - together in achievement of the SDGs.

Fritsche, U.; Moosmann, K.; Pirelli, T.; Sander, K., 2020. “Forest landscape restoration and bioenergy: a missing element of the land discussion, but needed to achieve the Paris Agreement, and the SDG.”

GBEP National Dialogues in Togo and Ghana – Bringing together stakeholders for wood energy and forest landscape restoration, February 2020

GBEP, Working Group on Capacity Building Activity Group 4 - Towards Sustainable Modern Wood Energy Development, Collection of examples: Positive Relationships between Sustainable Wood Energy and Forest Landscape Restoration, June 2020

Koech, Grace & Sola, Phosiso & Wanjira, Erick & Kirimi, Moses & Rotich, Henry & Njenga, Mary. (2021). Charcoal production from invasive Prosopis juliflora in Baringo County, Kenya.
https://www.cifor.org/knowledge/publication/8334/

Pirelli, T., Morese, M.M. and Miller, C. 2020. International dialogues on Forest Landscape Restoration and wood energy – Preliminary outcomes from multi-stakeholders consultations in sub-Saharan Africa. Rome, FAO. ISBN 978-92-5-132738-8.

Shouf Biosphere Reserve, 2019. Forest and Landscape Restoration Guidelines. 263 pp. Available online: 
https://www.medforval.org/wp-content/uploads/2019/12/Forest-Landscape-Restoration-Guidelines_Shouf_2019.pdf

https://www.globalbioenergy.org/fileadmin/user_upload/gbep/docs/AG4/AG4_Collection_of_examples_links_sust._wood_energy_and_FLR_June2020.pdf

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