La zone de libre-échange continentale (ZLEC) de l’Union africaine couvrira un marché de 1,2 milliard de consommateurs et un PIB de 2 500 milliards de dollars US.

La ZLEC couvrira un marché de 1,2 milliard de consommateurs et un PIB de 2 500 milliards de dollars US.
Photo : © Fondation de l’UA

Entrée en vigueur de la zone de libre-échange continentale de l’Union africaine

L’accord intrarégional de zone de libre-échange continentale de l’Union africaine cherche à résoudre les graves problèmes structuraux du continent africain. À ce jour, le commerce intra-africain est très en-dessous de son potentiel et ne représente que 17 pour cent du volume global des échanges en Afrique. Comparativement, dans l’Union européenne, ce sont plus de 60 pour cent des biens qui sont échangés en Europe.

L’accord de zone de libre-échange continentale (ZLEC) de l’Union africaine est entré en vigueur le 30 mai 2019. Cette entrée en vigueur intervient 30 jours après la ratification de l’accord par le 22ème État membre, la Gambie. La ZLEC sera officiellement célébrée le 7 juillet 2019 lors d’un Sommet africain exceptionnel organisé à Niamey, République du Niger.

Selon Financial Times entre autres, la ZLEC sera, quant au nombre de pays concernés, la plus importante zone de libre-échange depuis la création de l’Organisation mondiale du commerce. Surtout, elle couvrira un marché de 1,2 milliard de consommateurs et un PIB de 2 500 milliards de dollars US.

L’accord cherche à atteindre divers objectifs, et notamment la promotion et la réalisation de la transformation économique et sociale durable et inclusive des États membres de l’Union africaine. Il vise à créer un marché unique continental de biens et de services, à faciliter la circulation des capitaux, des personnes physiques et des investissements, à améliorer la compétitivité des économies des États membres de l’UA sur le marché continental et le marché mondial, et à encourager le développement industriel grâce à la diversification et au développement de la chaîne de valeur régionale.

Abaissement considérable des droits de douane

D’énormes obstacles doivent être surmontés, et notamment le fait que l’accord constitue un cadre de base quasi inopérant tant que de nombreux détails cruciaux ne seront pas réglés. Selon Carlos Lopes, un des architectes de l’accord, la mise en œuvre de l’accord définitif pourrait prendre au moins trois ans. Les membres commencent à aplanir les problèmes liés aux règles d’origine, à la propriété intellectuelle et aux mécanismes de règlement des différends. « Il est avéré que le dynamisme, l’ambition et la volonté d’agir vite sont là, » déclare Carlos Lopes, ancien secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique. « Cela dit, cet accord est encore très faible et beaucoup reste à faire. »

Les pays africains sont mieux connectés aux autres continents. L’infrastructure de l’Afrique était faite sur mesure pour l’exportation coloniale des matières premières – et les choses ont peu évolué depuis que les nations africaines ont commencé à acquérir leur indépendance, dans les années 1950. Pour un pays comme le Nigeria, il est souvent plus facile de faire du commerce avec les États-Unis qu’avec un pays frontalier comme le Bénin. Les partisans de l’accord espèrent que la ZLEC contribuera à aplanir certaines difficultés liées au commerce intra-africain en réduisant considérablement les droits de douane qui sont ses plus importants obstacles.

La majeure partie du continent a été exploitée par des pays plus développés à la recherche des matières premières dont leurs industries avaient besoin, et peu de choses ont changé en ce qui concerne les produits qui quittent l’Afrique : pétrole brut, minerais et produits agricoles non transformés tels que les denrées alimentaires et le coton. « Mais un des rares points positifs tient à ce que 42 pour cent du commerce intra-africain concernent des produits fabriqués ou transformés, » déclare Carlos Lopes.

La ZLEC devrait éliminer 90 pour cent des droits de douane et créer un marché unique avec libre circulation des marchandises et libre prestation des services. Cinquante-deux pays ont signé l’accord, même si le Nigeria, la plus forte puissance économique d’Afrique, refuse encore, sous la pression de ses puissants syndicats et lobbies de producteurs. « Ce que nous disons aux États membres, c’est que si on examine l’histoire des économies africaines, force est de constater qu’elles sont peu importantes et fragmentées, » déclare Albert Muchanga, commissaire au commerce de l’Union africaine. C’est un des principaux obstacles que la ZLEC cherche à surmonter, ajoute-t-il.

(BMZ / CGTN / Financial Times / db)

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