Pour de nombreuses familles africaines vivant dans la « ceinture du karité », le karité est une importante source d’alimentation et de revenu.
Photo : ©Iago Hale/UNH

Des ressources génomiques pour orienter l’amélioration du karité

Des chercheurs ont séquencé le génome du karité, arbre dont l’importance sociale et économique est vitale et qui est surtout connu comme source de beurre de karité, un ingrédient populaire qu’on trouve dans des produits tels que les cosmétiques et le chocolat.

Le karité est un arbre dont l’importance sociale et économique est vitale et qui est surtout connu pour la production du beurre de karité, ingrédient utilisé dans la fabrication de cosmétiques, de produits de soins personnels, de produits pharmaceutiques et de chocolat, et dont la commercialisation pèse plusieurs millions de dollars. Pour des centaines de milliers de familles africaines vivant dans la « ceinture du karité », c’est également une source cruciale d’alimentation et de revenu. 

Malgré une demande croissante, le karité (arbre qui pousse lentement) est menacé par d’autres cultures commerciales et sa préservation passe très probablement par son amélioration génétique. Dans cette optique, une équipe internationale de chercheurs conduite par l’université du New Hampshire, États-Unis, a séquencé le génome du karité, travaux dont les résultats sont précieux pour le développement stratégique de l’espèce.

« Un karité peut mettre 25 ans, voire plus, avant de commencer à produire ; il peut par conséquent être très coûteux pour un producteur d’attendre aussi longtemps et il peut également se demander si cela en vaut la peine, » déclare Iago Hale, professeur associé en amélioration des plantes à l’université du New Hampshire. «
Avec une période de croissance aussi longue, les stratégies de sélection traditionnelles ne sont tout simplement pas viables ; c’est pour cette raison qu’il n’existe pas de variété de karité performante. Le génome du karité va permettre aux chercheurs de mesurer le potentiel d’un plant dès la germination, et grâce à une sélection génomique nous pouvons commencer à faire bouger les choses en ce qui concerne cette essence très particulière. »

Dans leur étude publiée en septembre dans la revue Frontiers in Plant Science, les chercheurs ont assemblé un génome de référence du karité à l’échelle du chromosome. Comme le chromosome humain, le chromosome du karité contient des gènes qui définissent les particularités aidant les chercheurs à déterminer les caractéristiques de l’arbre. L’annotation génomique par les chercheurs a permis d’identifier 38 505 gènes codants. 

Un séquençage comparatif ultérieur avec une collection variée d’arbres a permis de déterminer près de 3,5 millions de variations génétiques naturelles, appelées polymorphismes nucléotidiques (PN), qui peuvent être utilisées pour distinguer les arbres et commencer à comprendre la génétique qui sous-tend d’importants attributs.  

Le karité, c’est « l’or des femmes » 


Le beurre de karité joue un rôle considérable dans la vie quotidienne de millions de familles africaines vivant dans le Sahel, région qui couvre plus de 20 pays. La cueillette des noix de karité est une activité familiale quasi universelle dans la « ceinture du karité » et, contrairement à d’autres activités économiques, elle est presque entièrement contrôlée par les femmes. Selon les données disponibles sur la consommation quotidienne de beurre de karité, on estime à plus de 18 millions le nombre de femmes prenant part à la cueillette des noix de karité. 

On dit du karité que c’est « l’or des femmes » car la vente de ses produits permet aux femmes de se procurer, pour leurs familles, d’autres produits alimentaires lorsque les réserves de céréales sont épuisées et pour gagner de l’argent leur permettant de couvrir les dépenses des ménages (vêtements, médicaments et frais de scolarité). 

La saisonnalité du karité est également critique car ses fruits sont la seule source alimentaire largement disponible et très énergétique à la fin de la saison sèche. 

« Les parcs à karité sont en déclin en raison de la menace que font peser sur eux d’autres cultures commerciales généralement contrôlées par les hommes, par exemple celles de l’anacardier et du manguier, et des gains immédiats tirés de l’abattage d’arbres dont la productivité est discutable pour en faire du bois de chauffage, » précise Iago Hale. « Les femmes doivent parcourir de plus grandes distances pour cueillir les noix de karité, ce qui, pour elles, veut dire plus de travail et moins de profits. Pour contrer ces tendances, nous devons améliorer la valeur du karité dans le paysage. La sélection génomique est peut-être la solution à ce problème. » 

Au plan international, le beurre de karité est précieux grâce à son utilisation comme équivalent du beurre de cacao de qualité dans l’industrie chocolatière. Cela tient à sa composition en acides gras relativement simples et sa haute teneur en stéarine, principal déterminant de sa qualité. Les chercheurs ont utilisé le génome récemment cartographié pour identifier, dans le karité, quarante-cinq gènes de biosynthèse des acides gras déterminant probablement la teneur en stéarine. La possibilité d’identifier ces enzymes pourrait aider les chercheurs à élaborer des stratégies de sélection des plants. 

(UNH/wi)

Référence :
Iago Hale et al.: Genomic Resources to Guide Improvement of the Shea Tree
Front. Plant Sci., 09 septembre 2021 | https://doi.org/10.3389/fpls.2021.720670

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