La minuscule mouche planche (aleurode) cause des milliards de dollars de dégâts à la culture du manioc et à d’autres cultures alimentaires.
Photo: Natural Resources Institute

Décryptage du patrimoine génétique d’un insecte destructeur de récoltes

Des chercheurs ont décrypté le patrimoine génétique d’espèces de mouches blanches (aleurodes) qui propagent les maladies des plantes et endommagent les récoltes. Ils font ainsi naître l’espoir d’un remède contre cet insecte dévastateur.

Accusé d’endommager les plantes et de propager des maladies végétales, l’aleurode du tabac, Bemisia tabaci, est un des 100 principaux ennemis des cultures du monde. Ce minuscule insecte – adulte, il ne mesure qu’un millimètre de longueur – cause des milliards de dégâts à la culture du manioc, du coton, de la tomate et de légumineuses à grains et, de ce fait, menace la sécurité alimentaire des pays en développement.

Le décodage du génome (ou décryptage du patrimoine génétique) de la mouche blanche est l’aboutissement des travaux de plus de 50 chercheurs participant au projet africain de lutte contre la mouche blanche du manioc (African Cassava Whitefly Project – ACWP) mené par l’institut des ressources naturelles (Natural Resources Institute – NRI) de l’université de Greenwhich, Royaume-Uni. Ce projet de recherche est financé depuis 2014 par des subventions de la Fondation Bill & Melinda Gates.

Le professeur John Colvin, du NRI, a dirigé le projet. Il explique qu’un génome est le code génétique qui détermine ce qu’est un organisme et déclare « il est indispensable pour comprendre toutes sortes de relations biologiques. C’est lui qui permet de comprendre ce qu’est un organisme, de déterminer ses liens avec d’autres espèces, d’identifier les voies biochimiques, de savoir s’il est résistant ou non aux insecticides, etc. »  

Le décodage du génome de la mouche blanche est fondamental pour la sécurité alimentaire
 

Les conséquences du décodage du génome de la mouche blanche, en ce qui concerne son importance pour l’agriculture, la production alimentaire et l’humanité, sont équivalentes à celles que la cartographie du génome humain par les généticiens a eues pour la médecine. Ses effets seront tout aussi importants pour les populations dont l’alimentation dépend du manioc, une des cultures victimes de la mouche blanche. Les producteurs de manioc sont parmi les personnes économiquement les plus pauvres du monde, or le manioc joue un rôle important pour leur alimentation de base, leurs revenus et leur sécurité alimentaire en période de sécheresse et de difficultés.

Les chercheurs déclarent qu’ils ont fait une découverte majeure qui leur a pris 20 ans et qui constitue une solution sans précédent pour la lutte contre cet insecte ravageur et les pandémies phytovirales qui lui sont associées. 

Il existe plus de 40 espèces de mouche blanche qui, collectivement, portent le nom de Bemisia tabaci. Elles sont identiques d’aspect et c’est seulement en examinant leurs génomes et en les décodant que le professeur John Colvin et son équipe ont pu les différencier les unes des autres et, par la même occasion, considérablement élargir leur connaissance de la complexité des espèces. 

« Nous pouvons dorénavant considérablement élargir nos recherches, » déclare John Colvin, « et chercher à savoir pourquoi telle espèce transmet des virus et telle autre n’en transmet pas, quelles sont les interactions entre les virus et les protéines chez l’insecte, pourquoi ce dernier se nourrit de manioc, pourquoi les défenses chimiques du manioc ne le tuent-elles pas, et ainsi de suite. Une fois qu’on dispose de cette ressource – le génome (le génie dans la bouteille) – il s’agit de savoir comment l’utiliser. La production de ces génomes revient à débloquer des quantités d’informations. »

Andy Yates, chef d’équipe à l’Institut européen de bioinformatique (EMBL-EBI), ajoute : « les génomes des insectes vecteurs jouent un rôle croissant dans le domaine de la sécurité alimentaire. À l’échelle mondiale, ces ressources génomiques vont contribuer à améliorer la santé et le bien-être de plus de 800 millions de personnes pour lesquelles le manioc est un aliment de base. Leur intégration dans des plateformes d’analyse et de visualisation à grande échelle telles que Ensembl est essentielle pour la poursuite de ces travaux. »

Les six génomes séquencés et annotés sont en libre accès dans la base de données Ensembl Metazoa.
(NRI/wi)

Pour en savoir plus :

Lien avec la plateforme Ensembl Metazoa 

Lien avec EMBL-EBI

Lien avec le projet ACWP (African Cassava Whitefly Project)

Lien avec l'Institut des ressources naturelles

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