Flux et reflux

Ce rapport en deux volumes met en lumière l'impact de l'eau sur les migrations et le rôle de l'eau dans les conflits au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

Alors que le changement climatique aggrave la crise mondiale de l'eau, la variabilité des précipitations devrait être l'une des forces contribuant à la migration, selon le rapport Ebb and Flow (Flux et reflux), publié par la Banque mondiale en août 2021. Le rapport se compose de deux volumes le premier sur l’eau, les migrations et le développement et le second sur l'eau dans l'ombre des conflits dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.

Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MENA), où 60 pour cent de la population vivent dans des zones connaissant un fort stress hydrique, le rapport note que l'eau est déjà l'une des principales vulnérabilités auxquelles sont confrontées les populations, en particulier les personnes déplacées par les conflits et leurs communautés d'accueil.

Le rapport constate que les déficits hydriques sont à l’origine d’une hausse de 10 pour cent des flux migratoires à l’échelle de la planète entre 1970 et 2000. D'ici la fin du siècle, l'aggravation des sécheresses devrait toucher environ 700 millions de personnes. Ces chocs climatiques auront un impact disproportionné sur les pays en développement, plus de 85 pour cent des personnes victimes de la variabilité de la pluviométrie vivant dans des pays à revenu faible ou intermédiaire. Or, ce sont souvent les pauvres qui n'ont pas les moyens de partir. Le rapport constate que les habitants des pays pauvres ont quatre fois moins de probabilité de se déplacer que ceux des pays à revenu intermédiaire.

À l'échelle mondiale, les chocs hydriques affectent non seulement le nombre de personnes qui se déplacent, mais aussi les compétences qu'elles apportent avec elles.  Les travailleurs migrants qui quittent des régions pénalisées par la faiblesse des précipitations et la fréquence des sécheresses ont généralement un niveau d’instruction et des compétences moindres que les autres travailleurs migrants, ce qui implique des salaires nettement inférieurs et un accès plus restreint aux services de base dans leur pays d’accueil. 

Dans la région MENA, la guerre, les conflits et le chômage sont des facteurs de migration plus déterminants que les événements liés à l'eau, tels que la sécheresse. Toutefois, avec l'intensification des effets du changement climatique, ces schémas historiques pourraient perdre leur validité. Dans les zones où la bonne gouvernance fait défaut, le changement climatique pourrait exacerber les vulnérabilités et créer des tensions autour des ressources hydriques, entraînant un cercle vicieux d'insécurité et de fragilité.

L’eau est plus souvent une victime du conflit qu’un motif de départ. Le rapport constate que, depuis 2011, il y a eu au moins 180 cas où les infrastructures hydrauliques ont été ciblées pendant les conflits à Gaza, au Yémen, en Syrie et en Libye, privant ainsi des centaines de milliers de personnes d’un accès à l'eau.

Selon les conclusions du rapport, des mesures visant à renforcer la sécurité hydrique sont de toute urgence nécessaires au sein de la région MENA. La crise liée aux déplacements prolongés et à la pénurie d'eau soulignent la nécessité de continuer à s'appuyer sur les interventions humanitaires et d'améliorer les politiques qui favorisent la sécurité hydrique à long terme et la résilience aux chocs.

(Banque mondiale/ile)

Pour en savoir plus et télécharger le rapport, consultez le site internet de la Banque mondiale (en anglais) 

 

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