Une étude montre qu’il est possible d’obtenir de gros rendements par unité de production, avec un faible impact sur l’environnement.
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Analyse des feuilles de route pour une augmentation de la production mondiale de riz

Le riz est la principale denrée alimentaire de plus de la moitié de la population mondiale et, bien sûr, à mesure que la population augmente, la demande de riz devrait augmenter elle aussi. La question qui se pose est la suivante : comment produire plus de riz sur les sols actuellement cultivés, tout en minimisant l’impact sur l’environnement ?

L’accroissement de la production mondiale de riz n’est pas une question simple à résoudre. Selon Shen Yuan, associé de recherche postdoctoral à l’université agricole de Huazhong, en Chine, qui a passé deux ans en tant qu’universitaire invité à l’université du Nebraska, à Lincoln, aux États-Unis, la production mondiale de riz est actuellement confrontée à un problème dû à son impact environnemental négatif, à la rareté de l’eau, à la pénurie de main-d’œuvre et au ralentissement des accroissements de rendement dans de nombreuses parties du monde.

Le défi consiste à produire plus de riz sur les sols actuellement cultivés, tout en minimisant l’impact sur l’environnement. Une récente étude menée par Shaobing Peng, professeur d’agronomie à l’université agricole de Huazhong, et Patricio Grassini, professeur associé d’agronomie à l’université du Nebraska et coresponsable de la base de données Global Yield Gap Atlas, fait une analyse des feuilles de route pour l’intensification durable de la production mondiale de riz. Elle a été publiée le 9 décembre 2021 dans Nature Communications.

« La comparaison des systèmes de riziculture du monde entier en termes de productivité et d’efficacité des intrants utilisés peut aider à identifier les opportunités d’amélioration, » déclare Patricio Grassini.

L’analyse effectuée à l’échelle mondiale a été menée par l’université agricole de Huazhong et l’université du Nebraska à Lincoln, en collaboration avec l’université de Californie, à Davis, et le Texas A&M’s AgriLife Research Center, aux États-Unis ; l’Institut international de recherche sur le riz ; le Centre du riz pour l’Afrique ; le Centre indonésien de recherche sur le riz et l’Institut d’évaluation des technologies agricoles en Indonésie ; l’université fédérale de Santa Maria et EMBRAPA Arroz e Feijão au Brésil ; l’Institut national de recherche agricole en Uruguay ; l’Institut indien de recherche sur les systèmes de production agricole, ainsi que l’Institut indien de gestion de l’eau, en Inde. L’étude a évalué les rendements de riz et l’efficacité d’utilisation de l’eau, des engrais, des pesticides et de la main-d’œuvre dans 32 systèmes de culture du riz représentant la moitié de la superficie mondiale cultivée en riz.  

« Pour autant que je sache, cette étude est l’évaluation mondiale la plus exhaustive des systèmes de production d’une denrée de base majeure, et elle servira de référence à toute comparaison mondiale à venir de tels systèmes, » précise Kenneth G. Cassman, professeur émérite à l’université du Nebraska et coauteur du document.

Il est encore possible d’augmenter la production de riz de manière durable 


La bonne nouvelle, selon l’étude, c’est qu’il est encore possible d’accroître considérablement la production de riz et de réduire ses conséquences négatives sur l’environnement.

« Environ deux tiers de la superficie rizicole totale prise en compte dans notre étude ont des rendements inférieurs à celui que de bonnes pratiques agronomiques permettraient d’atteindre, » déclare Shen Yuan. « Pour combler l’actuel déficit de rendement, il faut mieux gérer les nutriments, les parasites, le sol et l’eau, réduire les risques de production et utiliser des programmes de sélection qui produisent des cultivars de riz offrant une plus grande tolérance aux parasites et aux maladies. »

Une autre conclusion de l’étude est importante : il n’y a pas conflit entre la production de riz et les objectifs environnementaux. « Nous avons constaté qu’il est possible d’obtenir des rendements élevés avec un faible impact environnemental par unité de production, » déclare Shaobing Peng. « De fait, pour de nombreux systèmes de riziculture, il est possible de réduire considérablement l’impact négatif tout en préservant, voire augmentant, les rendements de riz. »

Pour Patricio Grassini, l’accroissement de la production et la réduction de l’empreinte environnementale constituent un énorme défi à relever. « L’amélioration des pratiques agricoles appuyée par des institutions et des politiques appropriées, peut contribuer à faire en sorte que la culture du riz soit plus respectueuse de l’environnement, » assure Patricio Grassini. « Notre étude est un premier pas vers l’identification de systèmes offrant le plus de possibilités d’accroître les rendements agricoles et l’efficacité d’utilisation des ressources. Elle constitue un modèle d’orientation des programmes de recherche et de développement agricoles au niveau national et mondial. » 

(Nebraska university/wi)

Référence :
Shen Yuan, Patricio Grassini: Sustainable intensification for a larger global rice bowl; Nature Communications, décembre 2021

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