Tortue à écailles flottant sur un récif de corail dans l’Océan indien aux Maldives.

Tortue à écailles flottant sur un récif de corail dans l’Océan indien aux Maldives.
Photo : Andrey Armyagov / Shutterstock.com

Rapport d’évaluation mondiale sur la biodiversité et les services écosystémiques

Malgré les progrès accomplis pour préserver la nature et mettre en œuvre les politiques, les trajectoires actuelles ne permettent pas d'atteindre les objectifs mondiaux de conservation et d'utilisation durable de la nature et d'atteindre la durabilité, selon le présent rapport. Les tendances négatives en matière de biodiversité et d'écosystèmes entraveront les progrès accomplis dans la réalisation de 80 pour cent des objectifs évalués des objectifs de développement durable (ODD).

La nature décline globalement à un rythme sans précédent dans l'histoire humaine – et le taux d’extinction des espèces s’accélère, alerte le nouveau rapport historique d’évaluation mondiale de la biodiversité et des services écosystémiques de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), dont le résumé à l’intention des décideurs a été publié au début de mai 2019. Le rapport complet, qui comprend six chapitres (et toutes les données), fera plus de 1 500 pages et sera publié dans le courant de l’année.

Élaboré par 145 experts issus de 50 pays au cours des trois dernières années, avec des contributions additionnelles apportées par 310 autres experts, le rapport évalue les changements au cours des cinq dernières décennies et fournit un aperçu complet de la relation entre les trajectoires de développement économique et leurs impacts sur la nature. Le document propose également un éventail de scénarios possibles pour les décennies à venir. Basé sur une revue systématique d'environ 15 000 références scientifiques et sources gouvernementales, le rapport s’appuie aussi (et pour la première fois à une telle échelle) sur les savoirs autochtones et locaux, et aborde en particulier les questions concernant les peuples autochtones et les communautés locales.

Un million d'espèces menacées d'extinction

Le rapport estime qu’environ 1 million d'espèces animales et végétales sont aujourd'hui menacées d'extinction, notamment au cours des prochaines décennies, ce qui n’a jamais eu lieu auparavant dans l'histoire de l’humanité.

Depuis 1900, l'abondance moyenne des espèces locales dans la plupart des grands habitats terrestres a diminué d'au moins 20 pour cent en moyenne. Plus de 40 pour cent des espèces d’amphibiens, près de 33 pour cent des récifs coralliens et plus d'un tiers de tous les mammifères marins sont menacés. La situation est moins claire pour les espèces d'insectes, mais les données disponibles conduisent à une estimation provisoire de 10 pour cent d’espèces menacées. Au moins 680 espèces de vertébrés ont disparu depuis le 16ème siècle et plus de 9 pour cent de toutes les races domestiquées de mammifères utilisées pour l’alimentation et l’agriculture avaient disparu en 2016, et 1 000 races de plus sont menacées.

Cinq moteurs de changement dans la nature

Les auteurs de l'évaluation ont classé les cinq facteurs directs de changement qui affectent la nature et qui ont les plus forts impacts à l’échelle mondiale. Les facteurs responsables sont par ordre décroissant :
(1) les changements d’usage des terres et de la mer;
(2) l'exploitation directe de certains organismes;
(3) le changement climatique;
(4) la pollution et
(5) les espèces exotiques envahissantes.

Le rapport présente également un large éventail d’exemples d'actions en faveur du développement durable et les trajectoires pour les réaliser dans des secteurs tels que l'agriculture, la foresterie, les écosystèmes marins, les écosystèmes d'eau douce, les zones urbaines, l'énergie, les finances et bien d'autres. Le document souligne combien il est important, entre autres, d'adopter une gestion intégrée et des approches intersectorielles qui prennent en compte les compromis entre la production alimentaire et celle de l’énergie, les infrastructures, la gestion de l’eau douce et des zones côtières, ainsi que la conservation de la biodiversité.

En vue de créer une économie mondiale durable, l'évolution des systèmes financiers et économiques mondiaux a également été identifiée comme un élément clé de politiques futures plus durables. Elle s'éloigne du paradigme actuel trop limité de la croissance économique.

(IPBES / db)

En savoir plus :

Téléchargez le résumé à l’intention des décideurs du rapport d’évaluation mondiale sur la biodiversité et les services écosystémiques