Terre désertifiée à Sanaa – Alhasbah, Yémen, 2018.
Photo: ©FAO/Soliman Ahmed

Décennie des Nations unies pour la restauration des écosystèmes

La Décennie des Nations unies pour la restauration des écosystèmes vise à renforcer massivement la restauration des écosystèmes dégradés et détruits, en tant que mesure éprouvée pour lutter contre la crise climatique et renforcer la sécurité alimentaire, l'approvisionnement en eau et la biodiversité.

Au début de mars 2019, l’Assemblée générale des Nations unies a déclaré la période 2021–2030 Décennie des Nations unies pour la restauration des écosystèmes. La restauration des écosystèmes est définie comme un processus visant à inverser leur dégradation. Ces écosystèmes peuvent être des paysages, des lacs et des océans qui retrouvent, grâce à la restauration, leur fonctionnalité écologique. Autrement dit, il s’agit d’améliorer la productivité et la capacité des écosystèmes à répondre aux besoins de la société. Cela est rendu possible en permettant, par exemple, la régénération naturelle d’écosystèmes surexploités ou en plantant des arbres et autres plantes.

La Décennie vise à associer soutien politique, recherche scientifique et pouvoir financier afin d'intensifier de manière décisive la restauration en partant d'initiatives pilote réussies pour englober des superficies de plusieurs millions d'hectares. Selon les spécialistes, plus de deux milliards d’hectares de paysages déboisés et dégradés dans le monde offrent un potentiel de restauration.

La dégradation des écosystèmes terrestres et marins compromet le bien-être de 3,2 milliards d'individus et coûte environ 10 pour cent du produit brut mondial annuel en perte d'espèces et de services écosystémiques. Les écosystèmes clés qui fournissent de nombreux services essentiels à l'alimentation et à l'agriculture, y compris l'approvisionnement en eau douce, la protection contre les dangers et la création d'habitats à des espèces telles que les poissons et les pollinisateurs, déclinent rapidement.

La restauration de 350 millions d'hectares de terres dégradées d'ici à 2030 pourrait générer des services écosystémiques d’une valeur de 9 000 milliards de dollars US et éliminer de l’atmosphère 13 à 26 gigatonnes supplémentaires de gaz à effet de serre.

Accélérer la réalisation des objectifs de restauration mondiaux

La Décennie accélérera les objectifs de restauration mondiaux existants comme, par exemple, le Défi de Bonn qui vise à restaurer 350 millions d'hectares d'écosystèmes dégradés d'ici à 2030, soit une zone presque aussi grande que l'Inde. À l'heure actuelle, 57 pays, gouvernements infranationaux et organisations privées se sont engagés à restaurer plus de 170 millions d'hectares. Cette entreprise s'appuie sur des efforts régionaux tels que l'Initiative 20x20 en Amérique latine, qui vise à restaurer 20 millions d'hectares de terres dégradées d'ici à 2020, et l'Initiative AFR100 pour la restauration des paysages forestiers en Afrique, qui vise à restaurer 100 millions d'hectares de terres dégradées à l’horizon 2030.

La restauration des écosystèmes est essentielle à la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD), principalement ceux qui concernent le changement climatique, l'éradication de la pauvreté, la sécurité alimentaire, la conservation de l'eau et la préservation de la biodiversité. Elle constitue également un pilier des conventions internationales sur l'environnement, telles que la Convention de Ramsar sur les zones humides et les Conventions de Rio sur la biodiversité, la désertification et le changement climatique.

À l’heure actuelle, environ 20 pour cent des surfaces végétalisées de la planète affichent des tendances à la baisse en termes de productivité, avec des pertes de fertilité liées à l’érosion, à l’épuisement et à la pollution dans toutes les parties du monde. D'ici à 2050, la dégradation des écosystèmes et le changement climatique pourraient réduire les rendements de 10 pour cent dans le monde et de 50 pour cent dans certaines régions.

(FAO/ile)