L' objectif fixé au Sommet mondial de l'alimentation de 1996 – réduire de moitié le nombre de personnes affamées à l'horizon 2015 – demeure irréalisable à l'échelle mondiale.
Photo: Neil Palmer (CIAT)

L’État de l’insécurité alimentaire dans le monde (SOFI 2013)

Selon un rapport publié par les organisations spécialisées des Nations unies, quelque 842 millions d’êtres humains étaient victimes de faim chronique en 2011–13. En dépit des progrès réalisés à l'échelle mondiale dans la réduction de la faim, des écarts importants persistent.

Quelque 842 millions d’êtres humains dans le monde, soit approximativement une personne sur huit, étaient victimes de faim chronique en 2011–13, ce qui signifie qu’elles n’avaient pas assez à manger pour mener une vie saine et active, selon un rapport publié par les organisations spécialisées des Nations unies. Ce chiffre est en recul par rapport aux 868 millions de personnes sous-alimentées en 2010–12 dont faisait état le rapport L’État de l’insécurité alimentaire dans le monde (SOFI 2013), publié chaque année par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le Fonds international pour le développement agricole (FIDA) et le Programme alimentaire mondial (PAM). La grande majorité de ces personnes vit dans les régions en développement, alors  que 15,7 millions sont des habitants du monde industrialisé.

La croissance économique constante des pays en développement a permis d'améliorer les revenus et l'accès à la nourriture. Et la reprise récente de la croissance de la productivité agricole, soutenue par l'intensification des investissements et un regain d'intérêt des investisseurs privés dans l'agriculture, a permis d'accroître les disponibilités de nourriture.
Par ailleurs, dans certains pays, les envois de fonds des travailleurs migrants ont eu un impact non négligeable dans la réduction de la pauvreté en améliorant l'alimentation et la sécurité alimentaire et en contribuant également à doper les investissements productifs des petits exploitants.

Des écarts importants

En dépit des progrès réalisés à l'échelle mondiale dans la réduction de la faim, des écarts importants persistent. L'Afrique subsaharienne n'a fait que des progrès modestes au cours des dernières années et reste la région à la plus forte prévalence de sous-alimentation. On estime qu'un Africain sur quatre (24,8 %) souffre de la faim.

L'Asie de l'Ouest n'affiche aucun progrès récent, alors que l'Asie du Sud et l'Afrique du Nord ont connu une certaine amélioration. Des réductions plus importantes – à la fois du nombre de personnes souffrant de la faim et de la prévalence de la sous-alimentation – ont été observées dans la plupart des pays d'Asie de l'Est, d'Asie du Sud-Est et d'Amérique latine.

Depuis 1990–92, le nombre total de personnes sous-alimentées dans les pays en développement a fléchi de 17 pour cent, passant de 995,5 millions à 826,6 millions de personnes.

Le rapport souligne que la croissance économique est essentielle pour progresser dans la réduction de la faim mais qu'elle n'est pas pour autant un gage d'emplois et de revenus meilleurs pour tous, à moins que les politiques ne ciblent spécifiquement les pauvres, en particulier en milieu rural. « Dans les pays pauvres, seule une croissance non seulement soutenue, mais aussi largement partagée, permettra de réduire la faim et la pauvreté », souligne le rapport.

Pour en savoir plus

(FAO/WFP/IFAD/sri)