Une femme avec des oeufs dans la main.

Des femmes à Damas, en Syrie. Des millions de personnes dans la région NENA sont exposées à l’insécurité alimentaire.
Photo : © FAO / Louai Beshara

La faim augmente au Proche-Orient et en Afrique du Nord

Les conflits, qui sont les principaux facteurs d’insécurité alimentaire dans la région Proche-Orient et Afrique du Nord, entravent également les efforts de transformation rurale et creusent le fossé entre les zones urbaines et rurales. Une transformation rurale inadéquate freine les efforts visant à éradiquer la faim et la malnutrition d’ici à 2030, alerte la FAO.

La faim dans la région Proche-Orient et Afrique du Nord (NENA) continue d'augmenter, alors que les conflits et les crises prolongées se sont propagés et aggravés depuis 2011, alerte l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) dans un rapport publié en mai. Selon la FAO, 52 millions de personnes souffrent de sous-alimentation chronique dans la région.

Les conflits sont toujours le principal facteur de souffrances liées à la faim dans la région. Plus de deux-tiers des personnes souffrant de la faim dans la région NENA, soit près de 34 millions de personnes, vivent dans des pays affectés par des conflits, en comparaison aux autres 18 millions de personnes souffrant de la faim, qui ne vivent pas dans des pays directement affectés par un conflit. Les cas de retard de croissance, d'émaciation et de sous-alimentation sont également beaucoup plus graves dans les pays frappés par des conflits que dans les autres pays.

La région ne fait pas seulement face à une crise alimentaire, certains pays de la région affichent également des taux d'obésité particulièrement élevés, compromettant la santé des populations, leurs styles de vie ainsi que l'économie et les systèmes de santé de ces pays. Lutter contre l'obésité implique de mettre en place des systèmes alimentaires capables de garantir une alimentation saine et nutritive, d'améliorer la sensibilisation du public aux problèmes liés à l'alimentation et de les informer sur les risques associés au surpoids et à l'obésité.

Les conflits nuisent à la transformation rurale

Les conflits compromettent non seulement les efforts de la région visant à atteindre l'objectif Faim Zéro, mais aussi le degré de transformation rurale. Tel est le constat présenté dans le rapport intitulé « Aperçu régional de l'état de la sécurité alimentaire et de la nutrition au Proche-Orient et en Afrique du Nord ». Les zones rurales abritent près de 40 pour cent de la population et la majorité des personnes pauvres.

Le chômage, en particulier chez les jeunes et les femmes, représente un défi majeur pour la région NENA, un défi bien plus important que dans les autres régions du monde. À cela s'ajoute le fossé entre zones urbaines et rurales, avec des disparités importantes en ce qui concerne les niveaux de vie et les taux de pauvreté et des différences en matière de rendement du travail entre l'agriculture traditionnelle et l'industrie et les services. L'écart se creuse encore plus lorsqu'il s'agit d'accès à l'éducation, à la santé, aux services publics ou encore au logement.

Le salaire moyen des personnes employées dans le secteur agricole est inférieur à ceux ne travaillant pas dans ce secteur. Compte-tenu de la faiblesse des salaires dans le secteur agricole, les zones rurales de la région NENA présentent généralement des taux de pauvreté plus élevés que les zones urbaines. En moyenne, la pauvreté rurale est deux fois plus importante que la pauvreté en zone urbaine.

Au niveau régional, il existe de nombreuses façons de transformer l'agriculture de manière durable, par exemple, en améliorant l'accès aux marchés pour les agriculteurs, en faisant la promotion des investissements dans l'agriculture et le transfert des technologies et d'autres innovations, en améliorant la gestion des ressources en eaux et en élaborant des changements politiques importants qui permettront de faciliter le passage d'une agriculture de subsistance vers des systèmes de production plus commerciaux et diversifiés.

(FAO/ile)

Plus d’informations sont disponibles sur le site internet de la FAO