Forêt naturelle au Panama.
Photo: ©Carola Paul, TUM

Une plus grande biodiversité présente-t-elle des avantages économiques ?

Quels avantages économiques les agriculteurs et les sylviculteurs tirent-ils de l’exploitation de multiples espèces plutôt que d’une seule ? Selon les chercheurs, un niveau moyen de biodiversité est le plus utile lorsque des compromis sont nécessaires entre différents services ou retombées économiques, d’une part, et les risques, d’autre part.

Les écosystèmes comportant relativement peu d’espèces végétales peuvent être plus avantageux, économiquement, que ceux qui ne comportent qu’une espèce ou un grand nombre d’espèces : telle est la conclusion à laquelle sont parvenus des chercheurs de l’université technique de Munich dans une étude publiée en janvier 2020.

Les résultats de cette étude montrent que la biodiversité et les fonctions des écosystèmes suivent rarement une courbe ascendante régulière. Au contraire, l’équipe a recueilli des preuves empiriques et théoriques de relations strictement concaves ou strictement convexes entre la biodiversité et la valeur économique. 

Même de petits enrichissements de la biodiversité peuvent présenter des avantages économiques 


Les chercheurs soulignent toutefois que les résultats ne veulent pas dire que les écosystèmes très riches en biodiversité ne méritent pas d’être protégés. Ils montrent au contraire que les seuls arguments économiques ne sont pas suffisants pour de telles « zones sensibles » de la biodiversité.

Inversement, les relations montrent clairement les avantages économiques que même de petits accroissements de la biodiversité peuvent présenter dans les terres agricoles et les forêts. Ces relations récemment établies donnent de précieuses informations pour la future planification de l’occupation des sols.

Un degré élevé de biodiversité peut réduire les coûts sociaux 


Selon les chercheurs, dans un écosystème, plus la diversité des végétaux est grande, mieux c’est pour la diversification des risques. Cela a des implications pour la valeur d’assurance de l’écosystème. En conséquence, la prime de risque – l’incitation dont une personne réticente à prendre des risques a besoin pour accepter un risque plus élevé – peut être réduite par ne serait-ce qu’un petit changement du niveau de biodiversité. 

Les chercheurs ont également déterminé la valeur potentiellement élevée de la biodiversité, surtout parce qu’elle permet d’éviter des coûts sociaux. Il s’agit des coûts qui sont supportés par le grand public, par exemple la pollution de l’air. En tenant compte des coûts sociaux, l’étude présente des arguments économiques pour la valeur que présentent des systèmes de gestion agricole et sylvicole plus variés et mixtes, par exemple en montrant que les écosystèmes riches en biodiversité ont besoin de moins d’engrais. 

L’évaluation de la biodiversité dépend des objectifs 


Les chercheurs font remarquer que toutes les fonctions d’un écosystème n’ont jamais un lien également positif avec la biodiversité. Une forêt, par exemple, a différentes fonctions. Elle sert de biotope pour la faune et la flore ; elle fournit du bois comme matière première ; elle a une fonction de protection, par exemple pour le sol et le climat ; et elle offre des activités de loisirs. 

La prise en compte de toutes les tâches assurées par un écosystème et le calcul de sa valeur donnent une courbe avec une valeur maximale. Les chercheurs montrent que dans la plupart des cas, la maximisation de la biodiversité au niveau de l’écosystème n’entraîne pas une maximisation de la valeur économique. Cela est particulièrement vrai lorsque des compromis sont nécessaires entre différents services ou différentes retombées économiques, d’une part, et les risques, d’autre part. Dans ce cas, un niveau moyen de biodiversité est le plus avantageux. 

(TUM/ile)

À lire également (en anglais):
Plus d’informations sur le site de l’université technique de Munich (TUM) 
Paul, C.; Hanley, N.; Meyer, S.T.; Fürst, C.; Weisser, W.W.; Knoke, T. On the functional relationship between biodiversity and economic value. Science Advances 29/01/2020