La sécurité alimentaire est assurée quand toutes les personnes disposent, à tout moment, d’un accès physique et économique à une nourriture suffisante, sûre et nutritive
Foto : J. Boethling

Comment l’agriculture peut améliorer la nutrition

Que l’agriculture puisse jouer un rôle crucial dans la lutte contre la malnutrition est une évidence. Mais que faut-il faire pour qu’elle joue bien ce rôle ? L’auteure dresse un bilan de la situation et présente les multiples points d’entrée et les grandes priorités d’une agriculture sensible à la nutrition.

Ces cinq dernières années, au niveau mondial et national, l’amélioration de la nutrition grâce à l’agriculture a suscité un intérêt considérable. Dans leurs discours et financièrement, les États et les donateurs se sont engagés en faveur d’une agriculture sensible à la nutrition (par ex. les engagements du sommet Nutrition pour la croissance, les engagements de la deuxième Conférence internationale sur la nutrition [CIN2] et les objectifs de développement durable des Nations unies). Ces engagements sont le reflet d’un constat selon lequel les systèmes alimentaires ne répondent pas aux besoins nutritionnels de tous et le problème de la malnutrition ne peut être résolu par de seules interventions thérapeutiques. Il faut toutefois que les engagements pris soient suivis d’effets. Cette synthèse présente brièvement les multiples points d’entrée et les grandes priorités d’une agriculture sensible à la nutrition.

En tant que principale source d’alimentation, l’agriculture a un rôle à jouer pour assurer l’accès de tous à une nourriture saine, nutritive et suffisante pour répondre aux besoins nutritionnels tout au long de l’année. Comme c’est-là la définition de la sécurité alimentaire (voir encadré), « l’agriculture sensible à la nutrition » est moins un concept nouveau qu’un moyen de mettre l’accent sur une logique centrale de développement agricole. D’une manière générale, l’agriculture sensible à la nutrition est une agriculture qui a un objectif en matière de nutrition et qui s’attaque à une ou plusieurs des causes sous-jacentes de la malnutrition, et notamment à l’accès insuffisant à l’alimentation, aux pratiques de soins et d’alimentation des nourrissons, ainsi qu’à la santé et à l’assainissement.

« La sécurité alimentaire est assurée quand toutes les personnes disposent, à tout moment, d’un accès physique et économique à une nourriture suffisante, sûre et nutritive qui satisfait leurs besoins nutritionnels et préférences alimentaires et leur permet de mener une vie saine et active. »
Définition FAO/Nations unies, 1996

Il est à noter que différents termes ont été utilisés pour communiquer ce concept fondamental. On a ainsi parlé d’agriculture « axée sur la nutrition » et d’agriculture « améliorant la nutrition ».  Différentes parties prenantes peuvent utiliser des termes divers pour un concept similaire, mais majoritairement, c’est l’expression agriculture « sensible à la nutrition » qui est utilisée.

L’accès insuffisant à une alimentation nutritive est une cause de malnutrition. Compte tenu des ressources alimentaires actuelles, il est théoriquement possible pour tout le monde de consommer suffisamment de calories ; toutefois, même si la nourriture était également répartie, il serait impossible que tout le monde ait le régime alimentaire nutritif recommandé. C’est un problème qu’on retrouve dans toutes les formes de malnutrition, y compris la dénutrition maternelle et infantile, les carences en micronutriments, la surcharge pondérale, l’obésité et les maladies non transmissibles (MNT) liées à l’alimentation. Tous les pays du monde connaissent un grave problème de malnutrition. De plus en plus, les pays à faible revenu sont exposés à la « double peine » de la dénutrition sous diverses formes (retard de croissance des enfants, insuffisance pondérale des mères, carences en vitamines et minéraux) et de la prévalence accrue de la surcharge pondérale, de l’obésité et du diabète. On prévoit également que l’Afrique sub-saharienne et l’Asie du Sud – régions dans lesquelles la dénutrition infantile est la plus élevée – connaîtront la plus forte augmentation des cas de diabète d’ici à 2030. Les risques alimentaires constituent le facteur de risque numéro un pour les décès et les années de vie corrigées de l’incapacité (DALY, pour disability-adjusted lifeyears) perdues à l’échelle mondiale. Parmi les facteurs qui contribuent le plus aux risques alimentaires, citons la faible consommation de fruits et légumes, de fruits à coque et de graines, de céréales complètes, d’acides gras oméga-3 et de fibre, et la forte consommation de sodium et de viandes transformées. Ces risques alimentaires sont liés à la disponibilité des aliments et à leur accessibilité financière.

Comment alors faire en sorte que les investissements, projets et politiques agricoles soient plus sensibles à la nutrition ? Un moyen simple consiste à améliorer la disponibilité et l’accès aux denrées riches en micronutriments, variées et souvent périssables qui sont absentes ou insuffisantes dans le régime alimentaire de la plupart des gens : légumes, fruits, légumineuses et certains aliments de source animale. Les investissements publics, non lucratifs et privés ont un rôle à jouer pour faire en sorte que ces denrées soient plus disponibles et abordables et qu’elles présentent moins de risques et soient plus lucratives pour les agriculteurs. Dans de nombreux endroits la demande de régimes alimentaires variés incluant ces aliments est croissante mais plusieurs facteurs empêchent l’offre d’être suffisante. La poursuite d’une politique d’investissement mettant l’accent sur un petit nombre de céréales de base par rapport à des politiques de recherche et développement neutres en matière de cultures est l’un d’eux. Cela demande un changement de direction par rapport à ce qui a été le principal objectif de la R&D et des investissements depuis la Révolution verte  – produire plus de calories grâce aux céréales de base – au profit d’investissements dans la production de denrées plus variées, ce changement de direction étant également décrit comme un changement d’objectif, le passage d’un paradigme de pénurie de produits alimentaires à un paradigme de pénurie de produits alimentaires nutritifs (Banque mondiale 2014). Les aliments nutritifs sont moins disponibles et abordables que les aliments mauvais pour la santé ; si la situation était inverse, les signaux du marché soutiendraient la consommation d’aliments sains au lieu de la contrarier.

Dans l’optique d’un meilleur ciblage, de meilleurs retours d’informations et d’une meilleure conception, une meilleure évaluation de l’impact de l’agriculture serait un autre moyen fondamental de faire en sorte qu’elle devienne plus sensible à la nutrition. Au lieu de s’en tenir à l’accroissement de la production et des revenus et de supposer que cela a un impact positif sur la nutrition, on pourrait recueillir bien plus d’informations en mesurant les effets sur des facteurs plus étroitement liés à la nutrition. Les indicateurs de qualité alimentaire et d’accès à des aliments nutritifs sont souvent appropriés pour de nombreuses interventions agricoles sensibles à la nutrition. Les indicateurs les mieux adaptés varient avec l’importance et la nature des investissements et doivent correspondre aux domaines affectés par les investissements. Ils peuvent être choisis parmi un grand nombre d’indicateurs existants, notamment parmi ceux qui ont fait l’objet de nombreuses recherches et sont validés pour mesurer certaines situations, par exemple l’indicateur Diversité alimentaire minimale-Femmes (Minimum Dietary Diversity for Women – MDD-W) et l’indicateur Échelle basée sur l’expérience de l’insécurité alimentaire (Food Insecurity Experience Scale – FIES). Lorsqu’aucun indicateur standard n’a été élaboré, de nombreux indicateurs sont utilisés et il faut plus de recherches et de créativité, notamment pour évaluer la situation alimentaire, le niveau de santé et d’assainissement, et l’autonomisation des femmes.   

Il existe plusieurs autres points d’entrée à l’agriculture sensible à la nutrition, au niveau des aliments et au-delà. La figure montre de nombreuses façons, pour l’agriculture, d’avoir une incidence sur la nutrition – ce qui est utile pour planifier les interventions et mesurer leur impact. Les investissements peuvent avoir une incidence :

  • sur les aliments disponibles et abordables sur les marchés, ainsi que sur la diversité des aliments disponibles dans l’exploitation agricole. L’accès à des aliments suffisamment nutritifs est assuré lorsque les deux environnements alimentaires et certains facteurs individuels (par exemple, les revenus) permettent aux gens de disposer d’aliments sains, nutritifs et en quantité suffisante pour répondre à leurs besoins alimentaires ;
  • sur le temps, le travail, le revenu et d’autres aspects de l’autonomisation des femmes. Ces facteurs affectent non seulement la nutrition des femmes, mais également celle de leurs familles, y compris des jeunes enfants, compte tenu du rôle de garante de l’alimentation joué par les femmes ;
  • sur les pratiques de gestion des ressources naturelles pouvant avoir une incidence sur les risques pour la santé, par exemple en raison de la disponibilité ou de la contamination de l’eau, de vecteurs de maladies et de l’hygiène liée à la proximité avec les animaux ;
  • sur les connaissances et normes nutritionnelles qui peuvent modifier les pratiques en matière de soins et les risques pour la santé. Une éducation nutritionnelle et la promotion de la nutrition bien ciblées peuvent être assurées par l’intermédiaire du secteur agricole lui-même ou en partenariat avec d’autres secteurs tels que ceux de la santé et de l’éducation.

Ces multiples points d’entrée sont résumés dans les recommandations clés pour l’amélioration de la nutrition grâce à l’agriculture et aux systèmes alimentaires (Key Recommendations for Improving Nutrition through Agriculture and Food Systems) (voir encadré). Ces recommandations ont été formulées par la communauté de pratique Ag2Nut et adoptées par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture  (FAO), après un examen approfondi des orientations disponibles sur la programmation de l’agriculture pour la nutrition et après consultation d’un large éventail de partenaires (OSC, ONG, personnel du gouvernement, donateurs, agences des Nations unies). Ces recommandations sont le reflet de la cohérence remarquable de la communauté du développement relativement aux grands principes de ce qui peut être fait pour améliorer la nutrition grâce à l’agriculture, et elles ont été adoptées et sont utilisées par de nombreuses organisations. Compte tenu de leur concision, la FAO a récemment publié un aide-mémoire et un document d’orientation pour la formulation de programmes, contenant des indications plus détaillées sur la façon d’intégrer ces principes dans les projets.
 

Recommandations clés pour l’amélioration de la nutrition grâce à l’agriculture et aux systèmes alimentaires

Les programmes agricoles et les investissements dans l’agriculture peuvent améliorer leur impact sur la nutrition en

1) intégrant des indicateurs et objectifs explicites de nutrition dans leur conception, et en identifiant et atténuant les effets négatifs potentiels tout en recherchant des synergies avec des objectifs économiques, sociaux et environnementaux ;

2) évaluant le contexte au niveau local pour concevoir des activités appropriées visant à lutter contre les types et causes de la malnutrition, y compris de la dénutrition chronique ou aigüe, des carences en vitamines et minéraux, de l’obésité et des maladies chroniques. L’évaluation du contexte peut tenir compte des ressources alimentaires potentielles, de l’écologie agricole, du caractère saisonnier de la production et des revenus, de l’accès aux ressources productives telles que la terre, des débouchés commerciaux et de l’infrastructure, de la dynamique et des rôles de genre, des possibilités de collaborer avec d’autres secteurs ou programmes, et des priorités locales ;

3) ciblant les groupes vulnérables et en améliorant l’équité grâce à la participation, à l’accès aux ressources et à des emplois décents. Par groupes vulnérables, on entend les petits exploitants agricoles, les femmes, les jeunes, les sans terre,  les habitants des zones urbaines et les chômeurs ;

4) collaborant et en coordonnant leurs efforts avec ceux d’autres secteurs (santé, environnement, protection sociale, travail, eau et assainissement, éducation, énergie) et programmes, grâce à des stratégies conjointes et des objectifs communs, pour lutter contre les multiples causes sous-jacentes de malnutrition ;

5) préservant ou améliorant les ressources naturelles (eau, sol, air, climat, biodiversité) primordiales pour les moyens de subsistance et la résilience des agriculteurs vulnérables, pour l’alimentation durable et la sécurité nutritionnelle de tous ; en gérant les ressources en eau, notamment pour réduire les maladies à transmission vectorielle et pour assurer des sources d’eau durables et sûres pour les ménages ;

6) autonomisant les femmes en leur assurant l’accès à des ressources productives, à des possibilités de revenu, aux services de vulgarisation, à l’information, au crédit, au travail et aux technologies qui permettent de gagner du temps (notamment aux services d’approvisionnement en énergie et en eau) et en les aidant à avoir leur mot à dire quant aux décisions concernant le ménage et l’activité agricole. Les opportunités équitables d’apprendre et de gagner sa vie doivent être compatibles avec une grossesse sans risque et l’alimentation des jeunes enfants ;

7) facilitant la diversification de la production et en accroissant la production de végétaux riches en nutriments et le petit élevage de bétail (par exemple, produits horticoles, légumineuses, élevage d’animaux et pisciculture à petite échelle, cultures sous-exploitées et cultures biofortifiées). Les systèmes de production diversifiés sont importants pour les producteurs vulnérables car ils améliorent leur résilience aux chocs climatiques et à ceux des prix ; ils leur garantissent une consommation alimentaire plus diversifiée ; ils réduisent les fluctuations saisonnières en matière d’aliments et de revenus, et leur assurent un revenu plus important et respectant le principe d’équité entre hommes et femmes ;

8) améliorant la transformation, le stockage et la conservation des aliments de manière à conserver leur valeur nutritionnelle, à assurer leur durée de conservation et la sécurité alimentaire, à réduire le caractère saisonnier de l’insécurité alimentaire et les pertes après récolte, et à faire en sorte qu’il soit pratique de préparer des aliments sains ;

9) élargissant les marchés et en les rendant plus accessibles aux groupes vulnérables ; notamment quant à la commercialisation d’aliments nutritifs ou de produits que les groupes vulnérables ont un avantage comparatif à produire. Cette action peut inclure des formes de promotion innovantes (par exemple, commercialisation basée sur la teneur en nutriments), des valeurs ajoutées, l’accès aux informations sur les prix et la création d’associations d’agriculteurs ;

10) intégrant la promotion de la nutrition et l’éducation nutritionnelle, en ce qui concerne les aliments et les systèmes alimentaires durables, s’appuyant sur les connaissances, attitudes et pratiques locales. Les connaissances nutritionnelles peuvent accroître l’impact de la production et des revenus dans les ménages ruraux, ce qui est particulièrement important pour les femmes et les jeunes enfants, et peuvent augmenter la demande d’aliments nutritifs dans l’ensemble de la population.

Source : FAO 2015

Anna Herforth
Consultante indépendante
New Haven, États-Unis
anna@annaherforth.net

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