Village indigène traditionnel, État de Perak, Malaisie.
Photo: ©Suzillco Suki/Shutterstock

Appel à un autre modèle de conservation

Les activistes autochtones et non autochtones, ainsi que les experts, critiquent les conclusions du Congrès mondial de la nature de l’UICN et demandent un autre modèle de conservation mettant l’accent sur les droits et les besoins des populations indigènes.

« Le manifeste de l’UICN recommande une approche de statu quo qui a totalement été incapable de stopper la perte de biodiversité ou la destruction du milieu naturel. Et il soutient l’objectif 30 x 30 », critique l’ONG Survival International.

Dans un manifeste publié immédiatement avant le Congrès mondial de la nature de l’UICN, en septembre 2021, les participants au congrès pour la décolonisation de la conservation « Notre Terre, notre Nature » à Marseille, France, soutenu par Minority Rights Group International, la Rainforest Foundation (UK) et Survival International, entre autres, ont demandé l’arrêt total des nouvelles zones protégées qui excluent les communautés indigènes et locales. Ils expriment aujourd’hui leur déception face aux conclusions du congrès de l’UICN. 

Au lieu de mettre 30 pour cent de la surface de la Terre sous protection d’ici à 2030, ils demandent un autre modèle de conservation, qui place les populations indigènes au centre des droits humains et d’une approche fondée sur la justice. Selon eux, la méthode de conservation la meilleur marché et celle qui a le mieux fait ses preuves est celle qui consiste à soutenir les droits des populations indigènes à la terre.

Les projets de conservation mis en place doivent toujours obtenir le consentement libre, préalable et en connaissance de cause des populations locales ou indigènes. Selon Survival International, lorsque cela n’est pas possible, aucun projet de conservation ne doit être mis en œuvre. Toujours selon Survival International, les questions centrales à poser aux populations indigènes avant de lancer des projets de conservation sont donc les suivantes : Comment pouvons-nous vous aider à protéger votre forêt ? et Comment pouvons-nous vous aider à protéger vos droits ? 
 

Dans le Manifeste de Marseille : un manifeste populaire pour l’avenir de la conservation, les signataires demandent que :

- les gouvernements « respectent, protègent et défendent intégralement les droits des populations indigènes à la terre et à la forêt, et qu’ils respectent l’utilisation collective coutumière de la terre et de la forêt par les communautés locales, pour assurer la protection de ces terres conformément à leurs souhaits » comme moyen essentiel de protéger la biodiversité de la planète ; 

- « les gouvernements et les organismes de conservation reconnaissent le prix énorme que les zones de conservation strictement protégées ont fait payer aux terres, aux moyens de subsistance et aux droits de nombreuses communautés du monde entier ; et qu’ils prennent des mesures concrètes de réparation des erreurs passées, notamment en redonnant à leurs gardiens historiques et locaux le contrôle de ces terres » ; 

-  « les pays à revenu élevé… mettent fin aux programmes de conservation qui détruisent les populations locales et leurs moyens de subsistance, notamment en raison du dysfonctionnement (intentionnel ou non) du FPIC. »

Ines Lechner, Rural 21

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