Mise au pré des animaux, Dahra, Sénégal 2018. L'Afrique affiche les taux de faim les plus élevés au monde, et ceux-ci ne cessent de progresser dans presque toutes les sous-régions.
Photo: ©Benedicte Kurzen/NOOR for FAO

Le nombre de personnes souffrant de la faim continue d’augmenter

Selon un nouveau rapport des Nations unies, le nombre de personnes souffrant de la faim augmente pour la troisième année consécutive dans le monde. Ce nombre s’élève à plus de 820 millions et les cibles de l’ODD 2 concernant la nutrition seront de plus en plus difficiles à atteindre.

Selon un rapport des Nations unies publié à la mi-juillet 2019, une personne sur neuf souffre de la faim dans le monde. On estime à 820 millions le nombre de personnes n’ayant pas mangé à leur faim en 2018, soit plus que les 811 millions de l’année précédente, ce qui en fait la troisième année consécutive d’augmentation de ce nombre. 

Le rapport annuel intitulé L’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde est publié conjointement par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Fonds international de développement agricole (FIDA), le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

La récession économique sape les efforts déployés pour éliminer la faim

Les éditions antérieures de ce rapport montrent comment les conflits, ainsi que la variabilité et les extrêmes climatiques, exacerbent les tendances indiquées ci-dessus. Cette année, le rapport montre que le rythme irrégulier de la reprise économique et les mauvaises performances économiques continuant d’être enregistrées dans de nombreux pays après la récession mondiale de 2008–2009 sapent également les efforts déployés pour éliminer la faim et la malnutrition.

La faim progresse dans de nombreux pays où la croissance économique est à la traîne, notamment dans les pays à revenu moyen et dans ceux qui dépendent fortement du commerce international de produits primaires. Le rapport fait également état de ce que les inégalités de revenu augmentent dans de nombreux pays où la faim progresse, si bien qu’il est encore plus difficile pour les pauvres, ainsi que les personnes vulnérables et marginalisées, de faire face aux ralentissements et aux récessions économiques.

Les cibles de l’ODD 2 concernant la nutrition sont de plus en plus difficiles à atteindre

Selon le rapport, les progrès visant à réduire de moitié le nombre d’enfants présentant un retard de croissance et à diminuer le nombre de bébés présentant une insuffisance pondérale à la naissance sont trop lents, si bien que les cibles de l’ODD 2 concernant la nutrition sont d’autant plus difficiles à atteindre. Parallèlement, en plus de ces problèmes, le surpoids et l’obésité continuent de progresser dans toutes les régions, notamment chez les enfants d’âge scolaire et les adultes. Les femmes ont plus de chances que les hommes d’être exposées à l’insécurité alimentaire sur tous les continents, l’écart le plus important dans ce domaine étant enregistré en Amérique latine. 

Les auteurs utilisent un nouvel indicateur de mesure de l’insécurité alimentaire à différents niveaux de gravité et de suivi des progrès vers la réalisation de l’ODD 2 – Faim Zéro : la prévalence d’une insécurité alimentaire modérée ou grave. Cet indicateur est établi sur la base de données obtenues directement auprès de la population dans le cadre d’études sur l’accès aux aliments au cours des 12 derniers mois ; pour cela on utilise l’échelle de mesure de l’insécurité alimentaire vécue (FIES).

De la sous-nutrition à la malnutrition

Selon le rapport, l’écart de l’indice moyen de masse corporelle (IMC) entre les zones urbaines et les zones rurales va en diminuant car l’IMC augmente plus vite dans les zones rurales que dans les zones urbaines. Cette tendance est constatée à l’échelle mondiale, mais surtout dans les pays à faible et moyen revenu. Le problème de la malnutrition dans les zones rurales résulte clairement du passage d’une situation dominée par la sous-nutrition à une autre situation liée aux multiples aspects de la malnutrition. Chez les enfants de moins de cinq ans, les différences de prévalence du surpoids par zones de résidence urbaines ou rurales sont vraiment minimes. 

C’est en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne qu’on souffre le plus de la faim

La situation est particulièrement alarmante en Afrique. C’est dans cette région du monde que les pourcentages de personnes souffrant de la faim sont les plus élevés et continuent d’augmenter, lentement mais sûrement, dans presque toutes les sous-régions. En Afrique de l’Est, notamment, près d’un tiers de la population (30,8 pour cent) est sous-alimentée. Cette augmentation est due aux ralentissements et récessions économiques qui viennent s’ajouter aux problèmes climatiques et aux conflits. Depuis 2011, près de la moitié des pays dans lesquels on a constaté une augmentation du nombre de personnes souffrant de la faim en raison de ralentissements économiques se situent en Afrique.   

Le plus grand nombre de personnes sous-alimentées (plus de 500 millions) vivent en Asie, surtout dans les pays sud-asiatiques. À elles deux, l’Afrique et l’Asie ont la plus grosse part de toutes les formes de malnutrition et comptent, à l’échelle planétaire, plus de neuf enfants sur dix en retard de croissance et plus de neuf enfants sur dix souffrant de dénutrition. Dans le sud-asiatique et l’Afrique subsaharienne, un enfant sur trois présente d’un retard de croissance.

En plus de ces problèmes de retard de croissance et de dénutrition, c’est également en Asie et en Afrique qu’on trouve près des trois quarts de tous les enfants en surpoids dans le monde, cette situation résultant en grande partie d’une mauvaise alimentation. 

(FAO/IFAD/UNICEF/WFP/WHO/ile)

Plus d‘information et téléchargement du rapport L’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde (en anglais) : http://www.fao.org/state-of-food-security-nutrition/fr/