Taux de fertilité baissant en Afrique

Mère allaitant son dernier-né, Hayelom, Tigray, Éthiopie. L’Éthiopie est l’un des pays affichant une baisse de la natalité.
Photo : © FAO / IFAD / WFP / Petterik Wiggers

La baisse des taux de fertilité favorise le développement

Des scientifiques exigent de placer davantage le thème de la croissance démographique au centre des débats de la politique extérieure et de la politique de développement car la baisse des taux de natalité peut avoir une influence decisive sur le développement.

La baisse de la natalité peut influencer positivement le développement des États, c’est ce que des scientifiques de l'Institut de Berlin pour la population et le développement ont fait savoir en juin 2019. Ils plaident pour ce que thème ne soit pas occulté, même si le désir d’avoir un enfant et le nombre des naissances est un thème très sensible et privé au sein d’une famille. Ils sont d’avis que ce thème devient une question politique intéressant l’ensemble de la société dès lors qu’il peut exercer une influence sur le développement d’États tout entiers.

Ils recommandent une discussion ouverte, claire et pragmatique sur les enjeux associés à une forte croissance démographique afin d’identifier des moyens et des possibilités de la réduire de manière démocratique et humaine, ce qui permettrait d’améliorer les conditions de vie dans les États concernés.

Atteindre un bonus démographique

Nulle part ailleurs la population ne croit aussi rapidement qu’en Afrique – d’ici à 2050, le nombre de personnes vivant sur le continent aura presque doublé. Même aujourd’hui, de nombreux États africains sont incapables d’offrir à leurs citoyens la nourriture, les services de santé, les services éducatifs et les emplois dont ils ont besoin. Ils sont pris au piège d’un cercle vicieux associant croissance démographique élevée et pauvreté persistante. Pour échapper à ce piège, la première chose à faire est de réduire les taux de fertilité. Cela permettrait, en effet, de limiter la pression liée à l’obligation pour les pays de répondre aux besoins d’un si grand nombre de personnes, mais aussi de modifier la structure par âge de la population.

Moins de naissances signifie qu’une fois que les dernières générations d’ampleur seront en âge de travailler, un nombre disproportionnellement important de travailleurs, n’ayant qu’un nombre limité d’enfants et de personnes âgées à charge, seront au service de l’économie. Ce bonus démographique pourra alors être transformé en une relance du développement, à condition que les jeunes puissent trouver du travail. Dans les Tigres asiatiques, cette évolution a déclenché une dynamique qui a permis à de larges pans de la société d’atteindre un meilleur niveau de vie. En d’autres termes, ils ont récolté un dividende démographique.

Certains pays ont déjà des taux de fertilité relativement bas

La plupart des pays africains ont encore du chemin à parcourir avant d’aboutir à une structure par âge capable d’engendrer un bonus démographique. Certains d’entre eux affichent toutefois déjà des taux de fertilité réduits et d’autres enregistrent un rapide déclin du nombre de naissances. Dans leur étude Africa‘s Demographic Trailblazers: How Falling Fertility Rates Are Accelerating Development (comment la baisse des taux de fertilité accélère le développement), les chercheurs ont étudié sept de ces pays et expliquent les circonstances qui ont conduit, directement ou indirectement, à un déclin des taux de fertilité.

L’expérience de la Tunisie, du Maroc, du Botswana, du Ghana, du Kenya, de l’Éthiopie et du Sénégal montre que les taux de fertilité déclinent lorsque les pays réussissent à développer un concept global efficace, source de progrès dans les secteurs de l’éducation, de la santé et de la création d’emplois. L’amélioration de l’accès aux méthodes de planification familiale et de l’égalité entre les femmes et les hommes fait également partie de ce concept.

(Berlin-Institut / ile)

Pour en savoir plus :

Étude de l'Institut de Berlin