Petits exploitants proposant leurs pommes de terre à Eldoret, au Kenya.
Photo: F. Hartwich

Intégration des petits exploitants dans les chaînes de valeur : qui en bénéficie et dans quelles conditions ?

Les chaînes de valeur peuvent offrir la chance d’intégrer les petits exploitants des pays en développement dans les marchés lucratifs de biens de consommation existant dans le monde. Cependant, elles ne constituent pas une garantie infaillible de succès. L’article donne un aperçu des conditions dans lesquelles l’engagement des petits paysans dans les chaînes de valeur est judicieux et ce qui est nécessaire pour en faire un outil de développement efficace.

Les chaînes de valeur agricoles sont des systèmes d’organisation qui permettent qu’un produit primaire puisse être vendu et transformé en produit fini consommable moyennant création de valeur ajoutée à chaque étape d’un processus graduel de transformation et de commercialisation. Ce n’est pas seulement depuis récemment que le concept de la chaîne de valeur alimente le débat sur le développement. Dès les années 1990, les chercheurs dans le domaine du management des chaînes d’approvisionnement et de la gestion logistique de même que l’école des chaînes de valeur de l’économie mondiale (school of global value chains – GVC) avaient constaté que les chaînes de valeur jouaient un rôle important dans le développement. Ces chercheurs ont, sous différents angles, cherché à savoir comment les fournisseurs de pays en développement s’intégraient au marché dans les pays plus avancés.

Les chaînes de valeur ont plus récemment connu un regain d’intérêt. Les agences de développement, de même que des sociétés privées les utilisent comme moyen d’impliquer les petits exploitants. Ce nouvel agenda a été établi sur la base des hypothèses suivantes :

  • La production paysanne peut facilement être absorbée par des chaînes de valeur nationales et mondiales.
  • L’implication des petits paysans génère des revenus et crée des emplois au bénéfice de ces petits exploitants.
  • Les petits exploitants ont les capacités et les ressources nécessaires pour produire ce que demandent les acteurs de chaînes de valeur ou, pour le moins, ils peuvent acquérir ces capacités moyennant un effort et un temps raisonnable.
  • D’importants acteurs des chaînes de valeur, tels que les acheteurs internationaux, seraient disposés à soutenir l’engagement des petits exploitants.

Certains éléments tendent à prouver néanmoins que le proverbe « tout ce qui brille n’est pas or » s’applique aussi à l’engagement des petits exploitants dans le développement de chaînes de valeur. En effet, s’il y a des projets qui ont efficacement aidé les agriculteurs à améliorer leur productivité et leurs revenus tout en satisfaisant aux conditions exigées des acheteurs internationaux, le bilan d’autres initiatives montre que les agriculteurs restés dans la course sont peu nombreux et que les bénéfices qu’ils ont retiré de leur engagement est maigre.

Le présent article s’efforce de clarifier un certain nombre de questions soulevées par l’engagement des petits exploitants dans des chaînes de valeur et de tirer certaines conclusions sur l’utilité de cette approche et sur les facteurs de succès déterminants.
 

Comment les petits exploitants peuvent-ils s’intégrer ?

Souvent, ce sont les petits producteurs qui intègrent les chaînes de valeur dans le segment de production primaire en fournissant des produits aux acheteurs nationaux et internationaux. On citera, à titre d’exemple, les petits producteurs d’Indonésie qui vendent leurs fèves de cacao à des commerçants ; ces derniers apportent ces fèves à des usines de transformation du cacao qui les traitent et les transforment en beurre et en pâte de cacao, qui seront vendus aux fabricants de chocolat du monde entier.
L’engagement des petits producteurs dans la chaîne de valeur des fleurs au Kenya est un autre exemple de type différent ; dans ce cas, les petits producteurs se retirent de la production indépendante pour s’engager comme salariés dans des sociétés de plantation de fleurs, ce qui leur permet de gagner bien plus que la moyenne des petits producteurs indépendants ou des travailleurs employés dans d’autres secteurs. Les petits exploitants peuvent s’engager dans une voie créant de la valeur ajoutée, ce qui est le cas, par exemple, de ces producteurs de riz au Vietnam qui se lancent dans l’usinage du riz parce qu’ils constatent que cette activité complémentaire à la culture du riz est plus profitable que cette dernière. On peut, de façon générale, distinguer trois types d’engagement des petits exploitants dans des chaînes de valeur :

  1. engagement dans une activité indépendante de production agricole primaire ayant un impact sur les revenus des petits agriculteurs ;
  2. engagement dans une activité salariée de production primaire ayant des effets sur les revenus et l’emploi ;
  3. engagement dans la création de valeur ajoutée à la production agricole, ayant des effets sur les revenus et l’emploi.

Les petits exploitants peuvent en outre s’engager dans différents services qui soutiennent le fonctionnement de la chaîne de valeur, par exemple, les transports, les services de vulgarisation, etc. Le graphique ci-dessous donne un aperçu des différents effets grâce auxquels les petits exploitants peuvent profiter du développement des chaînes de valeur.


Qui incite les petits exploitants à s’engager ?

Un scénario courant est que les petits exploitants s’engagent dans la chaîne de valeur à l’incitation d’acheteurs, c’est-à-dire de détaillants internationaux de produits alimentaires. Habituellement, les acheteurs sont motivés par le fait qu’ils ont des difficultés à s’approvisionner en produits primaires. Cette motivation s’accompagne parfois d’arguments liés à la responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Il est important, dans tous les cas, d’opérer une distinction entre les motifs d’approvisionnement et ceux liés à la RSE. Ces derniers s’adressent à un groupe cible limité de bénéficiaires (par exemple, construction d’une école dans une région de production) alors que les premiers produisent souvent un impact plus durable sur les activités économiques dans lesquelles s’engagent les petits exploitants.

Les programmes d’aide aux petits producteurs ou « systèmes de plantations-satellite », dans lesquels un acheteur fournit des semences et des fertilisants ou, alternativement, des crédits de même qu’un savoir-faire agronomique aux paysans « contractuels », constitue un cas particulier. Les paysans « contractuels », à leur tour, produisent selon un protocole particulier et sont tenus de livrer leurs produits dans les centres de collecte des acheteurs où, s’ils répondent aux normes de qualité, ces produits sont payés, parfois avec retard et déduction faite des paiements d’avance. Les systèmes de plantations-satellites constituent une méthode efficace pour approvisionner rapidement les agriculteurs avec la technologie et les intrants qui leur sont nécessaires pour s’engager dans des chaînes de valeur. Ils sont cependant vulnérables dans la mesure où les paiements et les crédits doivent faire l’objet d’un suivi et que la mise en place et le fonctionnement de systèmes comptables fiables, couvrant souvent un grand nombre de petits exploitants, sont onéreux. Souvent, les acheteurs ne sont pas disposés à gérer les comptes d’un grand nombre de producteurs contractuels qui comptent sur des organisations paysannes, des programmes de crédit et/ou des agences de développement qui sont eux-mêmes souvent exposés à une mauvaise gestion et à des conflits. Les systèmes de plantations-satellites sont particulièrement vulnérables dans la mesure où les petits exploitants peuvent décider de vendre à d’autres détaillants en omettant de rembourser leurs dettes.

Un autre scénario est celui où des fournisseurs d’intrants agricoles, notamment des semences et des fertilisants, s’efforcent d’impliquer des petits exploitants dans une chaîne de valeur afin d’accroître leurs ventes. Dans certains autres cas, ce sont les petits exploitants eux-mêmes qui, de leur propre initiative, s’engagent dans une chaîne de valeur en s’efforçant de trouver des acheteurs pour leurs produits. Enfin, dans de nombreux cas, ce sont les gouvernements et les agences de développement qui sont les initiateurs de l’engagement des petits exploitants, l’idée étant que le fait de subventionner l’intégration des petits exploitants dans la chaîne de valeur débouchera sur des avantages sociaux. Ce dernier cas de figure a favorisé l’émergence d’un modèle très courant dans lequel les agences de développement ont engagé des partenariats avec de grands acheteurs afin de faciliter ainsi la participation des petits exploitants dans les chaînes de valeur. Ce dernier modèle a cependant été critiqué dans bon nombre de cas où les agences de développement ont subventionné toutes les activités afin d’aider les petits exploitants à satisfaire aux normes exigées et que les acheteurs privés ont intégralement engrangé le bénéfice de cet approvisionnement en produits de meilleure qualité dont ils ont profité sans avoir à débourser aucun frais supplémentaire.

Qui devrait initier l’engagement des petits exploitants ? Un argument souvent avancé est que seulement les grands acheteurs sont des initiateurs appropriés de l’engagement des petits exploitants. Or, le point de vue défendu ici est que chacun des acteurs mentionnés ci-dessus peut, individuellement ou collectivement, initier un tel engagement des petits exploitants et, ce qui est plus important encore, que l’intégration des petits exploitants est bénéfique aux acteurs de la chaîne de valeur, en général, et aux petits exploitants, en particulier. Cela dépend d’un certain nombre de facteurs et ne peut être établi que sur la base d’une analyse approfondie.
 

En quoi les petits exploitants bénéficient-ils de cette intégration ?

L’intégration des petits exploitants dans les chaînes de valeur, par exemple dans le cadre d’une approche axée sur les grands acheteurs, ne doit pas nécessairement se traduire par des bénéfices. De nombreuses études ont montré, par exemple, que les coûts de la certification peuvent être plus élevés que les bénéfices retirés de la vente d’un produit à des acheteurs internationaux. Certaines considérations figurant ci-après contribuent à faire mieux comprendre les bénéfices que les petits exploitants peuvent retirer de leur participation dans la chaîne de valeur.

Dans le cas de production autonome, l’engagement des petits exploitants dans la chaîne de valeur présente l’avantage que ces derniers peuvent vendre un produit à un prix fixe (et probablement plus élevé). Cependant, cette intégration des petits exploitants s’accompagne souvent de coûts supplémentaires liés à la mise en place d’un nouveau système de production et aux efforts à mettre en œuvre pour satisfaire à certaines normes.

Il arrive souvent que les petits exploitants ne peuvent adopter de nouveaux modes de production qu’après des mesures intensives de renforcement des capacités et des investissements supplémentaires dans l’achat d’intrants et d’équipements. Par exemple, la production de soja destiné au marché international exigera habituellement une mise en culture sans travail du sol et l’achat de variétés de soja « Roundup Ready ». Cette pratique exige des capitaux substantiels et des parcelles de terre plus importantes. À la fin, c’est le ratio coûts-bénéfices individuel de chaque exploitant qui détermine si son engagement dans la chaîne de valeur est judicieux ou non. Pour certains exploitants, cette implication peut être plus bénéfique que pour d’autres.

Quand des mesures de formation et de renforcement des capacités sont nécessaires, les coûts de projet afférents doivent être comparés avec les avantages globaux résultant de l’engagement des petits exploitants (ratios coûts/bénéfices individuels cumulés). Si seul un petit nombre d’agriculteurs s’engagent dans une chaîne de valeur et que chacun ne gagne que quelques dollars de plus, un projet onéreux favorisant l’engagement de ces petits exploitants peut ne pas se justifier.

Selon certains praticiens du développement, la logique de « croître ou périr » fait qu’il n’y a souvent pas d’alternative à un engagement dans la chaîne de valeur. En effet, les marchés locaux peuvent parfois ne pas constituer une alternative pour des produits qui ne sont rémunérés de façon adéquate que lorsqu’ils pénètrent les chaînes de valeur de l’économie mondiale. Cependant, les petits exploitants profitent souvent des marchés locaux où des produits de moindre qualité peuvent être vendus parallèlement à ceux de meilleure qualité qui sont commercialisés au travers des chaînes de valeur. Par exemple, des mangues de second choix du Ghana, qui ne satisfont pas aux critères d’exportation, peuvent être vendues sur les marchés locaux, souvent même à des prix plus élevés que les mangues d’exportation de qualité supérieure. Dans tous les cas, l’engagement dans des chaînes de valeur peut être une condition nécessaire pour que les petits exploitants puissent maintenir leur production agricole quand ces chaînes de valeur leur procurent des débouchés sûrs pour leurs produits.

Il est également important de contrebalancer les effets liés à l’engagement des petits exploitants dans les différents segments de la chaîne de valeur. L’emploi créé au niveau de la transformation (par exemple, quelques centaines d’emplois) peut constituer un petit bénéfice par rapport aux dizaines de milliers de petits exploitants qui obtiennent des prix plus élevés pour leurs produits. Un autre point à prendre en considération est que l’emploi créé dans des régions dans lesquelles les emplois sont sous-payés peut constituer un facteur de croissance important pour le marché du travail. Au contraire, si les salaires se situent juste au-dessus d’autres opportunités d’emploi, le bénéfice pour les travailleurs peut être négligeable. La création d’emplois destinés aux femmes peut être importante dans une optique d’autonomisation des femmes.

En résumé, les principaux critères à prendre en considération pour évaluer les bénéfices que procure l’engagement des petits exploitants dans des chaînes de valeur sont les suivants :

  • le prix des produits payés aux petits exploitants ;
  • les coûts de la production paysanne répondant aux critères des acheteurs ;
  • les coûts de la formation et des mesures de renforcement des capacités nécessaires pour permettre aux petits exploitants de s’engager dans des chaînes de valeur ;
  • le nombre de petits exploitants qui seront en mesure de s’intégrer dans la chaîne de valeur (également en relation avec le nombre de ceux qui risquent de décrocher) ;
  • les effets sur l’emploi générés par le fait que des petits exploitants s’engagent dans la production primaire et dans d’autres segments de la chaîne de valeur.


Facteurs de succès

Qu’est-ce qui fonctionne et qu’est-ce qui ne fonctionne pas dans l’intégration des petits exploitants dans les chaînes de valeur ? Cette question est au cœur d’un grand nombre de débats parmi les agents de développement et les concepteurs de chaînes de valeur. À la lumière de l’expérience de l’auteur, un certain nombre de recommandations peuvent être énoncées sur ce point :

  • L’engagement des petits exploitants peut être viable pour toutes les chaînes de valeur à l’exception de celles dans lesquelles les petits exploitants ont des difficultés à produire dans le respect des normes requises ou dans lesquelles produire en conformité avec ces normes exigerait un investissement trop important en moyens humains et en capitaux. Sauf cas exceptionnels, il est probable qu’une communauté de petits exploitants ne sera pas capable de produire des articles sophistiqués tels que des montres suisse ou du bœuf Kobé. Cependant, dans le monde entier, les petits exploitants devraient être capables de s’engager dans la production de fruits, végétaux, céréales, légumes à racines et à tubercules et de légumineuses de même que dans la production animale destinées aux chaînes de valeur nationales et à l’exportation. De nombreuses études ont montré que ces activités peuvent même être assurées de façon plus efficace par les petits exploitants que par les grands producteurs.
  • L’intégration des petits exploitants dans les chaînes de valeur fonctionne bien là ou « l’engagement » procure un bénéfice substantiel, qui est significativement plus élevé que celui tiré de la production hors des chaînes de valeur. En d’autres termes, l’effort investi pour s’engager dans une chaîne de valeur doit être payant et il importe que les petits exploitants soient bien conscients de ce fait.
  • L’engagement des petits exploitants dans des chaînes de valeur exige habituellement des investissements importants en matière de renforcement des capacités. Les petits exploitants vivent souvent dans des conditions où prévalent l’aversion du risque et la rareté des ressources. Changer les modes de production exige du temps, un accompagnement continu et, éventuellement, quelques subventions et des possibilités d’interaction entre les petits exploitants de même qu’avec des pairs afin d’instaurer la confiance et de capitaliser des connaissances sur les nouvelles méthodes de production.
  • Les initiatives qui ont pour seul objet de faire en sorte que les petits exploitants satisfont aux normes des acheteurs ne produiront probablement guère de bénéfices pour les petits exploitants. Elles devraient être associées à des efforts qui aident les petits exploitants à améliorer leur rentabilité en diminuant les coûts et en organisant mieux le travail. Par exemple, de grands transformateurs de produits laitiers ont appris à leurs dépens que le fait de mettre uniquement l’accent sur la conformité des petits producteurs aux critères de qualité ne contribuait pas à accroître leurs possibilités de s’approvisionner en lait. Ils ont réagi en s’engageant dans des services de vulgarisation qui aident les agriculteurs à améliorer la qualité du lait tout en assurant que la production de lait soit plus lucrative.
  • L’engagement des petits exploitants dans des chaînes de valeur est judicieux quand le marché des produits finis est suffisamment vaste pour pouvoir inclure un nombre raisonnable de petits exploitants. Si la majorité des petits exploitants sont exclus, les modes d’intégration auront plutôt pour effet de provoquer des frustrations et des déséquilibres dans les zones de production. Cet argument peut être étendu à certains produits s’intégrant dans des « niches » du marché, tels que les aliments de spécialité et les produits issus de l’agriculture biologique et du commerce équitable. Si de tels produits ne bénéficient qu’à une très petite partie de la communauté des petits exploitants, laissant la majorité d’entre eux sans option de revenus, leur maintien dans la production n’a guère de sens.
  • Les arrangements contractuels aident à fixer de façon ferme les engagements souscrits par les acheteurs dans les systèmes de plantations-satellites. Dans la plupart des cas cependant, les petits exploitants risquent de ne guère apprécier la logique de contrats rédigés par écrit dont la mise en application risque en outre d’être difficile à imposer dans l’environnement socioculturel d’un grand nombre de pays en développement. Par contre, il est éminemment important que des relations de confiance puissent s’établir entre les acheteurs et les petits producteurs, ce qui mène à des accords verbaux qui forment la base d’activités économiques durables.
  • Dans les cas où des acheteurs principaux et des fournisseurs collaborent avec les gouvernements et les agences de développement, le partenariat doit être négocié dans le détail et l’investissement du secteur privé doit être clairement défini. Les détails devraient être arrêtés dans un accord contractuel. En aucun cas, les gouvernements et les agences de développement ne devraient s’engager dans des arrangements rapides favorisant un acheteur unique, voire même garantissant des droits d’achat exclusifs à des acheteurs individuels. Il existe souvent des possibilités de travailler avec des réseaux d’acheteurs, ce qui permet un développement intégré des chaînes de valeur bénéficiant à l’ensemble des partenaires impliqués dans ces dernières.


Conclusions

L’intégration des petits exploitants dans les chaînes de valeur peut, mais ne doit pas forcément, générer des bénéfices pour les petits exploitants de même que pour les acheteurs, les fournisseurs et d’autres acteurs de la chaîne de valeur. Certaines des conditions nécessaires pour que cette intégration débouche sur des bénéfices réels pour les petits exploitants ont été discutées ci-dessus. Cependant, on ne peut que répondre au cas par cas à la question de savoir si le bénéfice tiré de « l’engagement » est suffisamment élevé.

L’approche de l’acheteur principal, une pratique courante

Pour de nombreux gouvernements et agences de développement, il est difficile de choisir le point d’entrée approprié pour intégrer des petits exploitants dans des chaînes de valeur. Une approche courante est celle consistant à retenir un acheteur principal et à soutenir le développement de la chaîne de valeur au travers de cette société. Une entreprise clé ayant des connexions avec les marchés, par exemple une entreprise de transformation de farine de manioc en Colombie, bénéficie du soutien d’agences de développement pour s’approvisionner en manioc auprès des agriculteurs locaux. L’agence de développement aide l’entreprise principale à fournir des technologies aux agriculteurs, ce qui inclut des modalités de financement d’avances pour l’achat d’intrants tels que des semences et des fertilisants.

Les approches axées sur un acheteur principal présentent l’avantage que le soutien devant être assuré par les agences de développement peut être facilement organisé et que tous les fonds peuvent être canalisés au travers d’une seule entreprise au lieu d’avoir à faire à un grand nombre de producteurs primaires. Dans de nombreux cas cependant, les agences de développement soutiennent également les producteurs primaires, dans la mesure où l’entreprise principale n’est pas capable d’assurer la formation technique nécessaire à de vastes communautés de producteurs.


Frank Hartwich
Service du développement de l’agrobusiness de
l’Organisation des Nations unies pour le développement
industriel (ONUDI)
Vienne, Autriche
f.hartwich@unido.org