Olivier De Schutter est membre du Comité des droits économiques, sociaux et culturels des Nations unies et il a été le rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à l’alimentation de 2008 à 2014.
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01.02.2019

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Les gouvernements et les organisations internationales ne s’intéressent guère à l’agroécologie que depuis quelques années, en raison des avantages de ce système pour l’environnement. Mais l’auteur considère qu’il y a d’autres bonnes raisons de soutenir la révolution agroécologique. Elle redonne un rôle de premier plan aux agriculteurs, opte pour des solutions locales et est un facteur clé de la réalisation de la démocratie alimentaire.

L’agroécologie contribue aux sciences agronomiques en ceci qu’elle vise à réduire l’utilisation des intrants externes fossiles, à recycler les déchets et à associer, dans le processus de production, différents éléments de la nature afin d’optimiser leurs synergies. Mais l’agroécologie, ce n’est pas seulement une panoplie de techniques agronomiques présentant certaines de ces caractéristiques. C’est à la fois un moyen de réfléchir à la relation que nous entretenons avec la Nature et un mouvement social qui prend de l’ampleur.

Un regard nouveau sur la nature

L’agroécologie nous invite à comprendre la complexité de la nature, une complexité qu’elle ne perçoit pas comme un handicap mais comme un atout. De ce point de vue, l’agriculteur est un découvreur : il procède par expérimentations, par tâtonnements, en notant quelles conséquences sont consécutives à quelles combinaisons, et en tirant les leçons de ce qui marche le mieux – même sans véritables explications « scientifiques ».

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