À la suite de la déclaration de l’état d’urgence en Sierra Leone, des mesures de contrôle sont entrées en vigueur le long des principaux axes routiers.
Photo : D. Pilar/Welthungerhilfe

La crise Ébola et ses conséquences sur la Sierra Leone rurale

L’épidémie d’Ébola a eu des conséquences graves sur les moyens d’existence des populations rurales, notamment dans les villages où de nombreuses personnes ont été victimes de la maladie. Mais dans l’ensemble du pays également, les mesures prises pour atténuer la propagation de la maladie ont entraîné la fermeture temporaire de marchés ruraux et une récession du secteur économique formel et informel. Néanmoins, la proactivité des mesures prises a atténué les pires effets de la crise sur les moyens d’existence et la population a de nouveau confiance dans l’avenir.

Pour les épidémiologistes, l’origine de la maladie d’Ébola est due à la transmission du virus par des chauves-souris à des êtres humains dans des villages installés le long de la forêt tropicale de Guinée formant une ceinture à forte biodiversité dans l’Union du fleuve Mano, entre la Sierra Leone, la Guinée, le Liberia et la Côte d’Ivoire. L’augmentation annuelle de deux pour cent de la population rurale et l’intensification de l’exploitation économique des richesses naturelles que sont le minerai de fer, les diamants, l’or et la terre sont à l’origine de l’installation de villages venant empiéter sur des réserves naturelles et des habitats fauniques préservés.

Souvent influencés par les investisseurs internationaux et par le rêve d’un avenir prospère, les autorités locales intègrent rarement la protection et la gestion de l’environnement dans la planification du développement. Or, l’interaction croissante entre l’homme et le milieu animal dans des paysages fragmentés où les taux de déforestation sont élevés peut entraîner la découverte de nouveaux virus zoonotiques. Dans le cas du virus Ébola, les chauves-souris frugivores prospèrent dans ces environnements changeants à la lisière de la forêt et elles disposent de vastes perchoirs dans les savanes arborées, dans les arbres creux et, plus récemment, dans les constructions, sous les toits et les surplombs.

L’épidémie d’Ébola en Afrique occidentale a été sans précédent ; en Sierra Leone, elle a touché 13 982 personnes et a fait 3 955 victimes. Dans ce pays, le cas de référence a été celui d’une guérisseuse traditionnelle de la chefferie rurale de Kissy, dans le district oriental de Kailahun, qui a participé à des funérailles en Guinée, en mai 2014. À lui seul, ce cas a infecté plus de 30 membres de la famille, amis et personnels de santé ayant rendu visite ou soigné une femme « normale » de leur société.

Le nombre de cas a rapidement augmenté au point d’être supérieur à 500 seulement huit semaines plus tard. La plupart des victimes étaient des personnes pauvres et sans éducation vivant dans des bidonvilles urbains ou en zones rurales. La propagation de la maladie a été facilitée par les mauvaises conditions de vie, le manque d’installations sanitaires, de mauvaises pratiques en matière d’hygiène et de lavage des mains, et par les rites funéraires traditionnels au cours desquels le corps du mort est honoré par des cérémonies au cours desquelles de nombreux membres de la famille et de nombreux amis dansent autour du corps et l’embrassent.

Les symptômes de la maladie ressemblent à ceux de maladies locales courantes telles que le paludisme et la fièvre typhoïde, si bien qu’au début, la population n’a fait aucun cas des informations communiquées par les agents de santé et les ONG quant à la nature et aux conséquences de ce nouveau virus mortel. Cette attitude de la population a empêché de réduire le nombre de nouvelles transmissions de la maladie dans la mesure où les cas suspects n’étaient pas déclarés et où on continuait  de soigner les proches à la maison.

Dans ce pays pauvre, le système de santé était déjà déficient et n’était absolument pas préparé à répondre à une crise sanitaire de cette ampleur. Médecins Sans Frontières (MSF), dans le district de Kailahun, et la Fédération de la Croix rouge, dans le district de Kenema, ont été les premiers à ouvrir des unités de traitement de l’Ébola et à améliorer les analyses en laboratoire. L’hôpital du district de Kenema a été le premier établissement public à offrir un traitement aux personnes touchées par le virus. Toutefois, au début de juillet, on ne disposait d’aucun équipement spécialisé de protection, les connaissances médicales de lutte contre Ébola étaient encore très limitées et les normes d’hygiène très insuffisantes, si bien que l’hôpital lui-même est devenu un vecteur du virus Ébola qui s’est répandu dans la population urbaine de Kenema puis, de là, dans le reste du pays.

En raison de la longue période d’incubation (21 jours) pendant laquelle une personne infectée et ne présentant aucun symptôme pouvait se rendre dans d’autres régions, le virus a pu se propager géographiquement au gré des déplacements et des activités de la population. Les hésitations de certains quant à la réalité de la maladie ont fait que des personnes infectées sont restées cachées chez elles et sont même allées jusqu’à fuir les centres de traitement. Elles ont ainsi infecté les membres de leur famille et le personnel soignant local.

« État d’urgence (sanitaire) »

Le 31 juillet 2014,  le Gouvernement a déclaré un « état d’urgence (sanitaire) », espérant ainsi enrayer la propagation du virus. Il a notamment interdit les cérémonies funéraires traditionnelles et les rites initiatiques de sociétés secrètes, a ordonné la fermeture des écoles, des marchés locaux et d’autres lieux de réunion publics, a proscrit les ateliers, réunions d’affaires et rassemblements de toutes sortes, et a formulé des règlements locaux visant à réglementer l’interaction sociale des membres des collectivités et à éviter la traversée du pays par des étrangers. Des mesures de contrôle de la circulation routière visant à restreindre les voyages et les échanges commerciaux sont entrées en vigueur, avec intervention de la police et de l’armée et mise en place de points de contrôle le long des principaux axes routiers ; des couvre-feux ont interdit les déplacement en-dehors de certaines heures, et des permis de voyager dans le pays ont été nécessaires pour les véhicules et leurs passagers.

La proclamation de l’état d’urgence a aggravé le sentiment d’insécurité entourant la situation socio-économique du pays si bien que de nombreux investisseurs étrangers ont quitté la Sierra Leone. La peur, l’incertitude et la frustration ont commencé à gagner les villages et les zones urbaines.

Le virus s’est propagé de façon irrégulière et a frappé directement et durement certains villages dont de nombreux habitants ont été infectés – parfois, des familles entières ont pratiquement été anéanties. Dans de tels cas, des restrictions supplémentaires, parmi lesquelles la mise en quarantaine de villages et de ménages – ‘détention à domicile’ – ont été imposées (voir la figure). La mise en quarantaine d’un village ou d’un ménage durait au moins trois semaines, mais dans bien des cas, il a fallu une dizaine de semaines pour éradiquer le virus Ébola dans une communauté. Le nombre de villages mis en quarantaine et directement touchés par l’épidémie a varié d’un district à l’autre (de 14 à 50 communautés). Dans le sud-est de la Sierra Leone, selon le district, il a fallu de 15 à 25 semaines pour éradiquer l’épidémie d’Ébola.

L’impact sur les moyens d’existence en milieu rural

Tout comme le virus s’est propagé de manière irrégulière dans le pays, l’état d’urgence a eu des effets variés sur le pays et les moyens d’existence des gens. Il importe de faire des distinctions entre l’économie nationale et les sources de revenus en milieu rural, entre les zones urbaines et les zones rurales, et entre les zones directement touchées par le virus et dans lesquelles le taux d’infection était élevé et les zones essentiellement affectées par les mesures d’atténuation.

L’économie : La crise Ébola a entraîné un recul de 13 pour cent du PIB en 2015. Les entrepreneurs ont interrompu leurs activités, les décisions d’investissement ont été reportées à plus tard, et de nombreux investisseurs et travailleurs humanitaires étrangers, ainsi que des membres de l’élite sierra-léonaise, ont quitté le pays. Ces dernières années, la Sierra Leone avait connu des taux exceptionnels de croissance économique en grande partie dus aux exportations de minéraux, secteur dominé par des compagnies étrangères, et la fuite des investisseurs a entraîné une chute brutale du PIB. Toutefois, le secteur des minéraux est très mécanisé et crée relativement peu d’emplois, et les recettes générées par ce secteur ne se traduisent pas toujours en avantages directs pour la population rurale.

Par contre, les marchés agricoles locaux et les activités agricoles ont été perturbés et l’insécurité généralisée des marchés a eu une incidence néfaste sur les principaux centres de négoce du pays. Certains négociants ont mis fin à leurs activités alors que d’autres ont tiré parti de nouveaux avantages offerts par le marché. Par exemple, l’insécurité du marché a eu une incidence négative et positive sur le secteur du cacao – ce dernier constituant une source importante de recettes à l’exportation et de revenu pour les cacaoculteurs. Pendant la période de récolte du cacao, de septembre à novembre 2014, le nombre de négociants étrangers a considérablement diminué et les négociants locaux ont compensé leur départ. Le « ralentissement » de la demande a permis aux cacaoculteurs de mettre l’accent sur la qualité du produit. La production a légèrement reculé, mais elle a été compensée par l’application de prix plus élevés pour un produit de meilleure qualité.

Grâce à l’ampleur du soutien et des fonds internationaux, la réaction à l’épidémie du virus Ébola a également créé de nouveaux emplois. De nouveaux produits, essentiellement des produits d’hygiène, ont été mis sur le marché par les commerçants locaux et une campagne d’éducation sanitaire de base a stabilisé de nombreux « filets de sécurité » locaux.

Production agricole : La maladie à virus Ébola (MVE) et l’impact des mesures d’atténuation ont entraîné une réduction de la production agricole dans de nombreuses parties du pays. Au printemps 2014, la saison de plantation et de semis a pris du retard en raison de pluies tardives et elle a coïncidé au début de l’épidémie dans le sud-est. Des arrêtés locaux ont imposé des restrictions en matière de déplacement et ont interdit certaines activités collectives ; les intrants agricoles n’étaient plus accessibles en raison des restrictions commerciales et les gens avaient peur de travailler sous la pluie et d’attraper une maladie susceptible d’être confondue avec la maladie à virus Ébola. Les villages comptant des victimes de la MVE ont été mis en quarantaine si bien qu’il n’était plus possible d’accéder aux exploitations agricoles, de désherber, de faire fuir les animaux nuisibles ou de récolter. À l’échelle nationale, des périodes de confinement de trois jours, en août et septembre, ont eu un impact négatif similaire sur les travaux agricoles.

Dans les communautés directement affectées, les familles rurales pratiquant essentiellement une agriculture de subsistance ont fait de moins bonnes récoltes de produits clés tels que le riz, le manioc, le haricot et l’arachide. De nombreux ménages ont été obligés de consommer une partie de leurs semences au lieu de les stocker pour la prochaine saison de semis et de plantation. Il semble que de nombreux ménages aient cultivé une moindre quantité et une moindre diversité de produits agricoles pendant les pluies de 2015, si bien que ces produits risquent de manquer, même après les prochaines récoltes.

Revenus des ménages : La majorité de la population rurale dépend de la vente de produits agricoles et du petit commerce de produits tels que les condiments, les babouches, le savon, etc. Nombreux sont ceux qui n’ont qu’un accès limité aux gros marchés et que peu de possibilités d’avoir un revenu non agricole, et dont les revenus en espèces sont très bas. En raison des mauvaises récoltes et des restrictions d’accès aux marchés, des familles rurales ont perdu de petites, mais non moins importantes, sources de revenu qu’elles utilisent normalement pour investir dans leur activité agricole et dans les dépenses de santé, d’éducation, etc. Toutefois, les personnes dépendant plus fortement des marchés et celles qui vivent en zones urbaines ou périurbaines et qui gagnent uniquement leur vie dans le secteur du commerce ou des services (restauration, loisirs, etc.) ont vu leurs moyens d’existence diminuer considérablement.

L’ « économie de village » s’est avérée relativement résiliente et adaptable, et la population rurale a été en mesure de compenser la chute des revenus réguliers. Les femmes, tout particulièrement, se sont engagées dans des activités temporaires telles que la récolte de l’arachide et la production d’huile de palme, mais il semble que le système traditionnel d’échange mutuel de main-d’œuvre se soit « monétarisé », c’est-à-dire que là où les femmes s’entraidaient normalement contre un repas pendant le travail, elles étaient maintenant payées en nourriture à emporter à la maison.

Grâce à la levée de l’interdiction de se déplacer, l’économie rurale a commencé à reprendre et la population rurale peut désormais mieux gagner sa vie, même si certains dépendent encore de prêts et de transferts de fonds. Toutefois, beaucoup ont consommé leurs semences et dépensé leurs économies et si cela leur a permis de se nourrir pendant l’épidémie, un grand nombre de ménages doivent maintenant s’en remettre à des « filets de protection sociale » épuisés et à une capacité d’investir réduite.

Consommation de gibier et récolte de denrées alimentaires et de plantes médicinales sauvages : En Sierra Leone, le gibier est une importante source de protéines animales mais sa consommation a été officiellement interdite pendant l’épidémie en raison des risques de transmission du virus Ébola entre l’animal et l’homme. De nombreux ménages ont cessé ou réduit leur consommation de gibier, ce dernier n’en restant pas moins commercialisé sous de faux noms et à petite échelle.

Pendant les périodes où les produits alimentaires se font rares, les ménages ruraux s’en remettent couramment à des aliments sauvages tels que des racines et des tubercules, des fruits et des légumes verts sauvages, et ils récoltent régulièrement des plantes médicinales (végétaux, herbes et écorces) pour le traitement de maladies courantes telles que le paludisme, les vers, la dysenterie et des maladies de la peau. Mais la sensibilisation à la maladie Ébola a jeté un voile d’ambiguïté sur la récolte de produits alimentaires de secours ou de plantes médicinales ; certains avaient peur de pénétrer dans la forêt de crainte d’entrer en contact avec des animaux sauvages, et dans certaines régions, les autorités locales avaient promulgué des arrêtés locaux imposant des restrictions quant à qui pouvait entrer dans la forêt et pour quelle raison. Il semble que l’utilisation de plantes médicinales sauvages se soit plus ou moins poursuivie pendant l’épidémie d’Ébola dans la mesure où le système de santé officiel était surchargé par la lutte contre la maladie et où la population rurale – qui n’a déjà qu’un accès limité aux soins de santé – craignait de s’approcher des établissements de soins.

Pratiques en matière d’hygiène : La crainte du virus Ébola a déjà contribué à améliorer certaines pratiques en matière d’hygiène. De nombreux ménages ont déjà pris des mesures supplémentaires à cet effet et remplacent plus régulièrement l’eau potable stockée, font bouillir ou purifient l’eau destinée à la consommation, lavent les ustensiles de cuisine au savon et les partagent moins avec d’autres personnes et d’autres ménages. Le lavage des mains au savon ou avec des cendres s’est vraisemblablement amélioré grâce à l’installation de lavabos devant les locaux communaux et même dans des ménages privés, partout dans le pays. Certaines collectivités rurales ont également construit des clôtures autour des sources d’eau et ont gardé les puits et les trous de forage en réaction à une rumeur répandue selon laquelle les sources d’eau étaient empoisonnées de manière à volontairement accroître le nombre de cas de maladie d’Ébola et ainsi faire rentrer, au profit du gouvernement, plus de « fonds destinés à lutter contre Ébola » en provenance des donateurs internationaux.

Systèmes de santé : L’épidémie d’Ébola a eu des effets négatifs plus étendus sur la sante publique. Le système de santé était surchargé et les gens avaient peur de s’approcher des établissements de soins, si bien que de nombreuses autres maladies n’ont pas été traitées et que la mortalité infantile a augmenté, notamment parce que les gens avaient peur de pénétrer dans ces établissements. Les programmes de vaccination des enfants contre la polio, la rougeole, etc. ont été interrompus pendant l’épidémie mais ils ont repris avec des campagnes de vaccination de masse en avril 2015. Pendant la lutte contre le virus Ébola, les normes d’hygiène des centres de soins de santé ruraux – appelées unités de santé périphériques – se sont considérablement améliorées. De nombreux praticiens, des hygiénistes aux infirmières et aux équipes chargées des funérailles, ont suivi une formation technique et constituent aujourd’hui des ressources humaines améliorées pour les soins de santé en milieu rural. Dans la phase de transition post-Ébola, d’importantes ressources provenant des donateurs et du gouvernement seront consacrées à l’amélioration des prestations de services et à la mise en place d’un programme intégré de gestion des pathologies.

Stigmatisation sociale : Le virus peut être présent dans le sperme plus de six mois après qu’un homme ayant survécu à la maladie a cessé son traitement médical. Les survivants restent un réservoir potentiel de résurgence de la maladie et des cas d’infection de partenaires sexuelles ont déjà contribué à la stigmatisation de survivants à la maladie Ébola par leurs communautés d’accueil. Pendant l’épidémie, les survivants de retour dans leurs villages ont parfois été confrontés à un phénomène de stigmatisation. Mais progressivement, à mesure que dans le cadre de la lutte contre la maladie Ébola des programmes et des fonds provenant des donateurs ont été mis à la disposition des victimes de la maladie, être une ancienne victime du virus Ébola est devenu plus acceptable et parfois si « lucratif » que de faux survivants ont commencé à se présenter. Les survivants peuvent avoir besoin de services spécialisés difficiles à obtenir dans la mesure où ils souffrent de problèmes de santé tels que des problèmes de la vue (uvéite), des douleurs articulaires, des maux de tête et des troubles psycho-traumatiques.

Mais actuellement, des campagnes de sensibilisation et d’amélioration des moyens d’existence soutenant la réintégration des survivants mettent également l’accent sur les membres des familles de victimes, notamment sur les « orphelins d’Ébola » – enfants ayant perdu leurs parents pendant l’épidémie – en reconnaissance du fait que ce sont à la fois ceux qui ont directement été affectés par le virus et les communautés qui ont supporté le poids de la crise Ébola sur leurs moyens d’existence et dans leur esprit.

En résumé…

L’état d’urgence continue de planer sur le pays, mais les restrictions ont progressivement été levées pendant toute l’année 2015. Les écoles ont rouvert en mai, et en août, les gens ont pu à nouveau se réunir en public, danser dans les boîtes de nuit ou héler un mototaxi une fois la nuit tombée. Un an après l’épidémie, l’économie locale se remet progressivement sur ses pieds et les gens recréent patiemment leurs moyens d’existence.

La gravité de la crise Ébola a touché tout le pays et on ne connaît pas encore très bien toutes les conséquences qu’elle peut avoir sur le tissu socioéconomique de la Sierra Leone. Les villages ayant eu un grand nombre de cas d’infection par le virus Ébola ont connu l’expérience directe de la mort, des mises en quarantaines, des pénuries alimentaires et des traumatismes sociaux, alors que ceux qui ont échappé au virus ont subi les effets des restrictions imposées aux déplacements, au commerce et à l’agriculture. Malgré les conséquences de l’épidémie sur l’économie nationale, le gouvernement a réussi à établir un équilibre entre l’insécurité du marché et les restrictions et à éviter les troubles civils dans les zones rurales en facilitant le transport de produits essentiels tels que les denrées alimentaires. La population rurale vivant d’une économie de subsistance a fait preuve d’une résilience et d’une capacité remarquables à faire front pendant toute la durée de la crise qui a mis leurs moyens d’existence à dure contribution et a créé un climat généralisé d’indifférence et d’incertitude publiques. Une population déjà pauvre se retrouve aujourd’hui encore plus vulnérable, mais elle entrevoit lentement l’avenir sous des jours meilleurs.  


Jochen Moninger
Directeur national – Sierra Leone
Jochen.Moninger@welthungerhilfe.de
Mathilde Gronborg-Helms
Experte en nutrition

Deutsche Welthungerhilfe
Kenema, Sierra Leone
 

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