Le grand succès des institutions de microfinance a remis les coopératives et leur potentiel en matière de réduction de la pauvreté sous le feu des projecteurs.
Photo: © J. Boethling

26.06.2012

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Bien qu’elles soient véritablement prédestinées à lutter contre la pauvreté en raison des valeurs et des principes qu’elles défendent, les coopératives sont pendant de nombreuses années restées dans l’ombre. Cela tient certainement à des attentes exagérées, d’une part, mais aussi, de l’autre, à des interprétations erronées. L’article donne un aperçu de l’idée de la genèse des coopératives et aborde la question du principe de « l’entraide pure et simple » en se demandant combien celui-ci est important et réaliste.

La coopération internationale au développement considère les coopératives d'un œil plutôt critique depuis les années 1980. Cela peut tenir, d’une part, à ce que l’on se soit laissé emporter par l’euphorie initiale suscitée par l’idée que les coopératives étaient la solution de tous les problèmes, du dépassement de l’économie de subsistance jusqu’à la démocratisation en passant par la promotion d'entrepreneurs autonomes, de sorte que la déception qui s’en est obligatoirement suivie a provoqué une réaction contraire. D’autre part, la « touche socialiste » dont les coopératives ont souvent été affublées a fortement nui à leur image dans la mesure où elles ont souvent été associées, voire même assimilées, à l’idée de dirigisme d’État, de mauvaise gestion des affaires publiques, de corruption et de népotisme. Cela a conduit à un certain « aveuglement coopératif » (Birchall) des organisations donatrices internationales, qui ont certes propagé et même appliqué les principes d’auto-assistance qui en soi sont des principes coopératifs qu’elles jugeaient utiles, tels que la participation libre et sur un pied d’égalité, l’auto-administration autonome démocratique et la solidarité, sans toutefois faire le lien avec la notion de coopérative afin de ne pas éveiller des réminiscences négatives.

Ce n’est que dans les années 1990 que l’on a prudemment commencé à reconsidérer la situation dans le cadre des efforts déployés afin d’aider les coopératives existantes, par le biais de programmes de dé-officialisation, à se dégager de l’emprise de l’État et à se soustraire de l'instrumentalisation par l’État.

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