Nous allons maintenant examiner ces difficultés plus en profondeur en commençant par la caractéristique clé des ERC, qui est le double insu.

L’expert en évaluations Michael Scriven, entre autres, insiste sur le fait que le double insu est une des conditions de réussite d’un ERC. Le double insu part du principe que les individus qui participent à l’ERC et les chercheurs qui le réalisent ne savent pas qui reçoit ou non un traitement particulier. La logique du double insu est d’éviter  les résultats de recherche biaisés dus à l’effet placébo. Dans le milieu médical, où les ERC sont courants, le double insu peut être assuré par la réalisation d’ERC en laboratoires, où l’environnement peut être entièrement contrôlé, mais la situation n’est pas la même pour les études menées dans le domaine des sciences sociales et notamment du développement international. Par exemple, les ERC servant à évaluer l’impact de l’éducation, des services sociaux ou des programmes de microfinance sont généralement à simple insu, mais le plus souvent à « zéro insu ».