À Lilongwe (Malawi), dans un centre de soins, Mary Ambweni (assistante de surveillance sanitaire) distribue du savon aux bénéficiaires.
Photo: Concern Worldwide

Étude d’Alliance2015 : l’impact de la COVID-19 sur les pays les plus pauvres du monde

Selon une étude internationale menée par le réseau Alliance2015, dont Helvetas est partenaire, la pandémie COVID-19 a un impact généralisé et grave sur certaines populations parmi les plus pauvres du monde. Cette étude a porté sur des populations de 23 pays du Sud global.

Réalisée par les huit organisations membres du réseau Alliance2015, l’étude a mesuré l’impact de la pandémie dans les domaines de l’alimentation, des revenus, de l’accès aux soins de santé, de l’éducation et de la dynamique communautaire. Les chercheurs ont analysé les expériences concrètes de 13 820 personnes.

Plus de 40 pour cent des répondants ont constaté une diminution de la quantité et de la qualité des aliments. Environ 90 pour cent ont déclaré avoir eu plus de mal à gagner de l’argent qu’avant la pandémie. 

Les expériences ont varié en fonction du lieu de résidence des personnes interrogées (zone rurale, urbaine ou périurbaine, ou camps), du pays et de facteurs individuels tels que le genre, la composition des ménages et la principale source de revenu. Toutefois, d’une manière générale, ce sont les personnes âgées, les personnes handicapées, les femmes et les enfants qui ont été les plus durement touchés.

Alors que le virus et les mesures nécessaires pour s’en protéger étaient connus, jusqu’à un tiers des répondants n’ont pas disposé des masques et du savon indispensables. Jusqu’à un quart des répondants n’ont pas pu se procurer de masques. Pour 38 pour cent des répondants vivant dans des camps, la promiscuité due à l’entassement des ménages a fait que la distanciation physique n’a pas été possible.

C’est en République démocratique du Congo, au Malawi, en Équateur et au Kenya que ceux qui ont fait état d’une diminution de la quantité de nourriture ont été les plus nombreux. Ceux qui ont considéré que la qualité de la nourriture avait diminué depuis le début de la pandémie ont été les plus nombreux au Kenya, en Équateur, au Malawi et en Afghanistan.

L’analyse des répondants ayant déclaré une forte diminution de leurs revenus a montré que les plus durement touchés ont été les travailleurs occasionnels et les petits commerçants. L’étude a également montré que trois quarts des répondants recevant des envois de fonds ont déclaré que ces paiements avaient diminué ou complètement cessé pendant la pandémie.

Tous les principaux secteurs sources de revenus sont très touchés par les mesures prises pour lutter contre la COVID-19. Curieusement, le secteur agricole a également été très touché par la réduction des revenus, la principale raison évoquée étant le manque de possibilités de vendre les produits agricoles. 

Les autres résultats clés de l’étude ont été les suivants :

  • deux tiers des répondants vivant dans des ménages avec enfants considèrent que l’accès à l’éducation a diminué par rapport à avant la COVID-19 ;
  • un tiers des personnes interrogées ont considéré que la santé et le bien-être des membres de leur famille étaient pires maintenant qu’avant la pandémie ; 
  • jusqu’à 70 pour cent des répondants ont fait état d’une augmentation des conflits au sein de leur communauté et de leur famille. 

Les membres d’Alliance2015 ont adapté leurs programmes à la lutte contre la crise
 

« La pandémie affaiblit la résilience des communautés à l’échelle mondiale, dans toutes les régions et dans tous les groupes socioéconomiques, » a déclaré Antonia Potter Prentice, directrice d’Alliance2015. « Tous les membres d’Alliance2015 ont adapté leurs programmes et lancé de nouvelles activités pour lutter contre la crise à court, à long et à moyen terme. »

« L’étude va aider les membres d’Alliance2015 à améliorer la résilience des communautés en ciblant mieux leurs interventions et en les adaptant aux circonstances, » a souligné Antonia Potter Prentice, avant d’ajouter : « Elle contribue grandement à mieux connaître la résilience communautaire au niveau mondial, et elle constitue le socle de précieuses évaluations longitudinales qui alimenteront la conception de programmes au fil du temps. » 

Les données tirées de l’étude serviront à faire face à un certain nombre de besoins clés tels que la conception de projets, l’élaboration d’un programme de développement, le positionnement, le plaidoyer et le dialogue avec de nombreux groupes de parties prenantes.

Alliance2015 est un réseau stratégique de huit organisations non gouvernementales européennes intervenant dans le domaine de l’action humanitaire et celui du développement. Ses membres sont ACTED/France, Ayuda en Acción/Espagne, Cesvi/Italie, Concern Worldwide/Irlande, HELVETAS /Suisse, Hivos/Pays-Bas, People in Need/République tchèque et Welthungerhilfe/Allemagne.

(Alliance2015/wi)

Les principaux résultats de l’étude peuvent être consultés ici 

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