Dynamique démographique et développement rural au Burkina Faso: Des progrès grâce à la crise?

 

Peu de pays sont plus caractérisés par la migration et ses répercussions que le Burkina Faso. Au cours des 40 années qui ont suivi l’indépendance, la moitié de la population a fait l’expérience de la migration, qu’il s’agisse de migration transfrontalière de main-d’œuvre (essentiellement vers la Côte d’Ivoire) ou d’une réinstallation permanente dans le pays même (d’une zone rurale à une autre).

L’importance de l’émigration a fait que la croissance démographique a semblé relativement faible, malgré le taux élevé de croissance démographique naturelle : La production agricole était également en mesure de suivre la croissance démographique. La crise politique en Côte d’Ivoire a entraîné le retour au pays d’environ 400 000 migrants et a stoppé le flux d’émigrants, ce qui a mis fin à ce scénario positif. Si la production agricole a plus que contrebalancé la croissance démographique au cours de la dernière décennie, c’est grâce à une extension de la superficie cultivée de 48 pour cent. Or, cette expansion ne sera bientôt plus possible compte tenu des ressources naturelles limitées.

 

Peu de zones rurales ont trouvé des solutions efficaces à ces problèmes. La région Sud-Ouest est un exemple de celles qui ont réussi. Là, l’interaction d’une politique démographique intelligente et l’application de programmes de développement rural a contribué à faire d’une réponse à court terme à la crise une solution à long terme.

 

Florent Dirk Thies
Directeur de programme
Programme de développement rural
Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ)
Ouagadougou, Burkina Faso
Florent-Dirk.Thies(at)gtz.de

 


Werner Heuler-Neuhaus
Sociologue, consultant indépendant
Ouagadougou, Burkina Faso
neuhaus(at)fasonet.bf