Le Cobaye, gage de sécurité alimentaire et source de revenus

Le Sud-Kivu est l’une de 11 provinces de la République démocratique du Congo qui a connu une série de guerres à répétition. Le cheptel animal (bovin, ovin, caprin, etc.) a été pillé et, dans certaines circonstances, des récoltes ont été ravagées et/ou emportées au détriment des petits producteurs. La pauvreté et l’insécurité alimentaire n’ont fait que gagner vertigineusement du terrain.

Face à cette situation, le cobaye s’est frayé un chemin. Il a balayé tous les dédais et tabous dont il était, jadis, victime. Il était considéré appartenir à famille des rats et souris et, par conséquent, sa viande ne devait pas être consommée.

Aujourd’hui, le cobaye constitue la seule source de protéines animales pour les ménages pauvres de la région. Il est désormais consommé par la quasi-totalité des personnes, âges et sexes confondus. C’est ce qui explique d’ailleurs la prolifération des petits restaurants à viande de cobaye sur les marchés locaux de la place. De surcroît, il procure des revenus non négligeables à ces ménages, qui les utilisent pour financer la scolarisation des enfants, l’accès aux soins de santé primaires, l’achat de vêtements, etc. Son fumier, de bonne qualité, est utilisé pour fertiliser les champs et surtout les jardins potagers de case.

La demande devient de plus en plus importante alors que l’offre reste faible. Mais son élevage demeure traditionnel, avec un taux très élevé de consanguinité. C’est dans cette optique qu’un petit centre de multiplication/sélection de géniteurs zootechniquement performants a été mis sur pied en vue de mettre des géniteurs à la disposition de ceux qui en ont besoin.

Thierry Metre
Ingénieur agronome
Coordinateur, Association Villages Cobayes (VICO asbl)
Sud-Kivu, République démocratique du Congo
thierrymetre(at)yahoo.fr