Un pas de plus dans la lutte contre la trypanosomiase

Une équipe internationale de chercheurs a identifié deux gènes qui ont un rapport avec les résistances contre la trypanosomiase. La maladie est provoquée par des parasites unicellulaires du groupe des trypanosomes, qui sont transmis par la mouche tsé-tsé, et elle occasionne des dommages estimés à 4–5 milliards de dollars US par an. Ce sont particulièrement les éleveurs de bovins vivant dans ce qui est appelé la «ceinture tsé-tsé» de l’Afrique, qui va du Sénégal à la Tanzanie et du Tchad au Zimbabwe, qui sont particulièrement touchés. Les animaux atteints sont affaiblis, ne peuvent plus être utilisés pour les travaux des champs, cessent de produire du lait et meurent la plupart du temps.

Alors que les zébus ou bovins d’Afrique de l’Est (Bos indicus) sont très sensibles à cet agent pathogène, les bovins N’Dama d’Afrique de l’Ouest (Bos taurus) sont trypanotolérants. Les scientifiques considèrent qu’ils ont développé ces résistances au fil de millénaires. Mais les bovins N’Dama sont en règle générale plus petits, produisent moins de lait et ne sont pas aussi appropriés pour les travaux des champs que les zébus qui, eux, sont plus robustes. C’est pourquoi des scientifiques s’efforcent depuis plus de vingt ans à découvrir les gènes responsables de ces résistances afin de les croiser avec ceux des zébus plus productifs. Les mécanismes responsables de la résistance sont cependant extrêmement complexes et dépendent des interactions entre un grand nombre de gènes.

Si les travaux de recherche ultérieurs révèlent que les gènes nouvellement identifiés sont effectivement responsables de la résistance à la maladie, il se pourrait que l’on dispose, dans cinq à quinze ans, selon que l’on recoure au génie génétique ou à des méthodes de sélection conventionnelles, d’un petit troupeau de bovins trypanotolérants pour la sélection.

Pour l’équipe de chercheurs, qui se composait de scientifiques de l’International Livestock Institute (ILRI) du Kenya ainsi que de différentes universités en Grande-Bretagne, Irlande et Corée du Sud, il ne fait cependant aucun doute qu’il faudra encore plusieurs décennies avant que la grande majorité des petits paysans africains puissent disposer de bovins résistants. Selon Steve Kemp, spécialiste de la génétique moléculaire de l’ILRI, on a constaté une nouvelle fois combien il était important pour la sécurité alimentaire future du continent de préserver le plus grand nombre possible de races animales et d’espèces végétales autochtones.
(ILRI/sri)

Les résultats de ces recherches ont été publiés vers la mi-mai 2011 dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS – comptes rendus
de l’académie nationale des sciences).Pour plus d’informations (en anglais),
voir: www.ilri.org