Archives, Edition 2000/01

La coopération au développement face aux problèmes de la gestion des catastrophes, de la prévention des crises et du développement durable

Dans le contexte des crises, des catastrophes et des conflits - luttes armées en Somalie, en Angola, au Rwanda, en Sierra Leone, au Libéria, en Afghanistan et au Cambodge, ravages causés en automne 1998 par l'ouragan «Mitch» en Amérique latine, événements dans l'ex-Yougoslavie - qui ont eu un impact sans précédent sur la politique de développement de la dernière décennie, le thème de la coopération va très certainement occuper une place très importante lorsque sera venue l'heure du bilan des activités de développement conduites au cours des dix dernières années. Etant donné que l'on peut attendre et redouter que les potentiels de menace et de crise dans les pays en développement aient plutôt tendance à s'aggraver, l'agenda de la politique de développement restera probablement marqué à l'avenir par les problèmes de la gestion des catastrophes, de la prévention des crises et du développement durable.
 
Bernd Hoffmann
Deutsche Gesellschaft für Technische
Zusammenarbeit (GTZ) GmbH
Division Santé, éducation et aide d'urgence
Eschborn
Allemagne

Le temps de la paix: la reconstruction des sociétés déchirées par la guerre

La fin de la Guerre froide ne s'est pas accompagnée de la fin de la guerre, de la peur et de la destruction. L'effondrement du communisme et la chute du rideau de fer étaient censés annoncer l'avènement d'un nouvel ordre mondial, fondé sur la paix, la liberté et la convivialité. Mais au lieu de cela, les relations entre les peuples, les Etats et les gouvernements se sont soudainement restructurées selon des schémas qui ne nous étaient pas familiers et l'instabilité des processus politiques, lourde d'éventualités en tout genre, a effrayé et paralysé une bonne partie d'entre nous. Nous nous sommes barricadés derrière des rideaux de fer plus petits, cachés derrière de nouveaux murs et réfugiés dans des définitions toujours plus étroites de notre identité et du groupe dont nous faisons partie. Et nous sommes préparés à entrer une nouvelle fois en conflit si jamais notre tentative désespérée de chercher la sécurité dans une identité ethnique, religieuse ou autre venait à être contestée.
 
Agneta M. Johannsen
Adjointe du directeur,
programme de transistion WSP, PNUD/UN-DPA
Bureau des Nations Unies
Geneve
Suisse

Les mouvements de réfugiés dans les zones rurales: facteurs déterminants, incidences, problèmes et solutions possibles

Dans leur grande majorité, les réfugiés viennent du monde rural et sont le plus souvent accueillis dans des régions rurales de pays voisins. Le sort des réfugiés dans ces pays d'asile, ainsi que l'impact de leur présence sur le milieu d'accueil et les populations avoisinantes, tiennent à divers facteurs. Ces facteurs sont décrits ici, avec des références particulières au cas des régions rurales de l'Ouganda et de nombreux exemples.
 
Gerald Duda
Conseiller technique auprès de la Direction des réfugiés, Cabinet du premier ministre de l'Ouganda
Deutsche Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit (GTZ) GmbH
Bureau de la GTZ
Kampala
Ouganda
 
Geofrey Mugumya
Direction des réfugiés, Cabinet du premier ministre de l'Ouganda
Kampala
Ouganda

Les mines antipersonnel: une menace pour la reprise de la production agricole

Grâce à la sensibilisation suscitée par la campagne internationale pour l'interdiction des mines antipersonnel, la plupart des gens ont maintenant une idée du problème. Il s'agit là d'un problème mondial par nature, et d'une extrême ampleur. Mais les mines antipersonnel ne sont pas le seul danger: les munitions explosives non explosées (UXO) constituent un danger tout aussi terrible pour la vie humaine et le développement. Le sol de la planète recèle peut-être encore plusieurs millions de mines, qui sont autant de pièges pour des victimes sans méfiance et n'ayant pas conscience du danger. Il y a à peu près autant de munitions explosives non explosées, aussi dangereuses et mortelles que les «tueurs cachés» si justement nommés. Ce sont les résidus de la guerre, qui constituent une très grave menace pour la reconstruction des pays touchés.
 
Christopher J. Pearce
Mine-Tech
Harare
Zimbabwe

Le rôle des organisations rurales dans la responsabilisation des ruraux pauvres - L'expérience du FIDA

Les organisations et associations rurales constituent des rouages essentiels pour permettre aux populations de participer à la planification des investissements gouvernementaux en leur faveur. Le Fonds international de développement agricole - FIDA - octroie des financements et des prêts aux gouvernements des pays en développement pour aider les petits agriculteurs et les ruraux sans terre. Il collabore dans une mesure croissante avec les organisations rurales dans le travail de conception et de mise en oeuvre des activités. L'expérience acquise ainsi peut s'avérer utile pour mettre au point de nouveaux projets de développement.
 
Dr. Klemens van de Sand
Président adjoint du Fonds international de développement agricole - FIDA
Rome, Italie

Le rôle fondamental des organisations d'agriculteurs dans les pays en développement

Le développement des petites exploitations agricoles est primordial pour éradiquer la faim et la pauvreté dans les pays en développement. Même si ce fait est largement admis, une stratégie adéquate pour y parvenir fait défaut. La plupart des membres de la Fédération internationale des producteurs agricoles (FIPA) - l'organisation mondiale des agriculteurs - sont des organisations de petits agriculteurs des pays en développement. Au congrès mondial des agriculteurs qui s'est tenu à Manille en 1998, la FIPA a adopté une déclaration de politique générale et un plan d'action pour combattre la pauvreté et promouvoir un développement durable. Au cour de ce plan d'action figure précisément le rôle stratégique dévolu aux organisations d'agriculteurs pour mobiliser les efforts d'autopromotion des populations rurales.
 
Rashid Pertev
Secrétaire général adjoint
pour les pays en développement
 
David King
Secrétaire général
 
Fédération internationale
des producteurs agricoles - FIPA
Paris
France

Organisations féminines et groupements d'entraide: un pas vers l'autonomie?

Dans les régions rurales d'Afrique, les femmes constituent la clef de voûte de la production agricole. Alors qu'elles produisent jusqu'à 80 pour-cent des denrées de bases, elles comptent parmi les groupes de population les plus pauvres, ceux auxquels l'accès à la propriété foncière, au crédit et à l'instruction reste interdit. La multiplication des groupements d'entraide observée durant ces 25 dernières années montre que les femmes sont aujourd'hui décidées à améliorer leur statut dans la société et l'économie. Les expériences recueillies dans le cadre de la coopération avec des groupements de femmes au Cameroun seront le propos de cet article.
 
Elisabeth Hartwig
Kleve
Allemagne

Une organisation de paysans à l'interface d'une laiterie privée et d'un organisme étatique de développement

On sait depuis longtemps que la production laitière renferme un potentiel de génération de revenu pour les populations rurales ne disposant que de faibles ressources. Et pourtant, rares sont les exemples d'application réussie de cette approche, à savoir la mise sur pied d'organisations de commercialisation et de vulgarisation. L'un d'eux est l' || ' || 'Idara-e-Kissan, une coopérative de commercialisation au Pakistan.
 
Ernst Grosse Herrenthey
Nils Teufel
Gulberg, Lahore
Pakistan

Groupements de riziculteurs exploitant des périmètres irrigués - le projet Betsiboka à Madagascar

Dans la plupart des pays africains où est pratiquée l'agriculture irriguée, toutes les structures organisationnelles, étatiques ou non, ont lamentablement échoué. C'est au plus tard lors de la crise économique des années 80 et 90 que l'échec des organisations bureaucratiques, incapables ne serait-ce que d'assurer l'entretien régulier des périmètres irrigués, est apparu. Les experts sont depuis longtemps unanimes à penser que l'agriculture irriguée ne peut avoir d'avenir que si les usagers endossent la responsabilité de toutes les activités, de la planification et de la mise en oeuvre de mesures à la remise en état et à l'exploitation des aménagements.
 
Dr. Einhard Schmidt-Kallert
AHT International GmbH
Essen
Allemagne
 
Arne Musch
Université de Twente
Groupe Technologie et Développement
Enschede
Pays-Bas

Groupements féminins dans l'agriculture au Kenya

Au Kenya, les femmes produisent environ 70 pour-cent des denrées de base et accomplissent fréquemment plus de la moitié des travaux dans les secteurs de la production animale et des cultures de rente typiques du pays. Or, les projets de développement agricole tiennent souvent trop peu compte de ce rôle central des femmes. Cet article se propose de donner un bref aperçu du mouvement kényen des groupements féminins et plaide en faveur d'une plus forte intégration de ces groupements dans la planification et la mise en oeuvre des programmes de diffusion des technologies.
 
Matin Qaim
Centre de recherches sur le développement (ZEF)
Université de Bonn
Bonn
Allemagne

Après l'Uruguay Round et avant un nouvel accord de l'OMC 2 - Bilan et perspectives pour les pays en développement dans le secteur de l'agriculture

L'article 20 de l'Accord de l'Uruguay Round sur l'agriculture, intitulé «Poursuite du processus de réforme», trace le cadre du prochain cycle de négociations de l'OMC. D'une certaine manière, le succès réel de ces négociations dépend en très grande partie du degré de prise en compte des considérations évoquées ici, en particulier de l'expérience tirée jusqu'ici de l'Uruguay Round. Pour beaucoup de pays en développement, l'«OMC 2» est peut-être la première occasion de prendre une part effective, au sens véritable du terme, aux négociations.
 
Ramesh Sharma
Division Produits et Commerce
Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO)
Rome
Italie

Politique de développement et politique agricole de l'Union européenne : plaidoyer pour une plus grande cohérence

D'aucuns reprochent à la politique agricole européenne de rendre difficiles les échanges agricoles avec les pays en développement ou de les gêner en subventionnant les exportations. D'autres rétorquent que les pays en développement ne sont pas en mesure de livrer de nombreux produits soumis à l'organisation de marché et qu'ils doivent eux-mêmes les importer. Ces pays ont des intérêts à l'exportation légitimes, dont il est tenu compte dans des concessions spéciales accordées dans le cadre du Système de préférences généralisées (GPS), de la Convention de Lomé et des accords d'association. Toutefois, un examen attentif montre que l'importance de ces concessions est généralement limitée. Les modifications qui ont été introduites par l'Agenda 2000, sans considération des intérêts des pays en développement, devraient en fin de compte avoir des effets positifs pour eux. Pour le développement de la politique agricole commune et de la politique du développement, une plus grande cohésion est nécessaire.
 
Professeur Dr. Winfried von Urff
Université Technologique de Munich,
Institut des sciences économiques et sociales
Freising-Weihenstephan
Allemagne

Que peut attendre un pays en développement de l'OMC 2? Analyse sous l'angle d'un pays exportateur de denrées alimentaires

La libéralisation des échanges dans le secteur agricole peut bénéficier non seulement aux pays exportateurs nets tels que l'Afrique du Sud, mais encore à l'ensemble des pays en développement. Car dans nombre de ces pays, les mesures de soutien et de protection de l'agriculture ont eu des effets négatifs sur l'économie générale. Les études réalisées tant par la Banque mondiale que par la FAO ont souligné la corrélation qui existe entre croissance et degré d'ouverture d'une économie, exportatrice nette ou non. Quoiqu'il en soit, on ne doit pas oublier que le commerce est un moyen pour parvenir à une fin. Les attentes des pays en développement face au prochain cycle de négociations de l'OMC, et de fait, la durabilité des nouveaux efforts de libéralisation, seront modelées par l'expérience des pays dans la mise en oeuvre de l'Accord sur l'agriculture de l'Uruguay Round, notamment par l'impact sur les objectifs de politique intérieure.
 
Tracey Simbi
Ministère de l'Agriculture et des affaires agraires
Pretoria
Afrique du Sud

Que peut attendre un pays en développement de l'OMC 2? Analyse sous l'angle d'un pays importateur de denrées alimentaires

Les pays en développement importateurs nets de produits alimentaires, de même que les pays les moins avancés, ont été officiellement reconnus comme un groupe particulier au sein des pays en développement, susceptible de subir les effets négatifs de la libéralisation des échanges agricoles dans le cadre de l'OMC. Les pays en développement importateurs nets de produits alimentaires, notamment, présentent certaines particularités qui les distinguent des autres pays en développement en ce sens qu'ils sont tributaires des importations alimentaires, que leur production nationale de denrées alimentaires est insuffisante, que leur population souffre de malnutrition et qu'ils ont des difficultés à équilibrer leur balance des paiements.
 
Rashid S. Kaukab
Consultant senior
Projet pilote Sud Centre de l'OMC
Genève
Suisse

Les normes sociales et environnementales de l'OMC

Dans une économie de plus en plus mondialisée, le respect de garanties minimales en matière de protection de l'environnement, de prévention des risques professionnels et de protection sociale est une exigence qui semble tomber sous le sens. Mais il existe une différence fondamentale entre sanctionner le non-respect de ces garanties minimales par des mesures commerciales et encourager les pays en développement, par des incitations positives et des offres de coopération, à améliorer leur niveau social et la situation de leur environnement de manière à éviter les conflits commerciaux et à garantir le développement durable de leur économie. Et puisque l'Organisation mondiale du commerce (OMC) crée, à juste titre, des obstacles aux mesures commerciales destinées à imposer des normes écologiques et sociales à un niveau extraterritorial, la coopération au développement doit jouer un rôle plus important dans l'amélioration de la protection de l'environnement dans les pays en développement ainsi que dans le renforcement des droits sociaux des travailleurs.
 
Dr. Jürgen Wiemann
Deutsches Institut für Entwicklungspolitik
Berlin
Allemagne

Les pays en développement sont-ils préparés à l'OMC 2?

Les pays en développement (PED) adhèrent l'un après l'autre à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), acceptant ainsi tous les accords commerciaux internationaux. En 1998, la plupart des 30 pays figurant dans la liste des adhésions étaient des pays en développement. Tous attendent beaucoup de cette démarche: les nouveaux membres espèrent en particulier qu'elle aura à moyen et long terme des effets positifs pour leur propre pays, notamment qu'elle leur donnera plus facilement accès à des marchés jusqu'ici protégés, comme ceux de l'Union européenne, des Etats-Unis, du Japon ou encore de la péninsule arabique.
 
Dr. Wilhelm Elfring
Expert indépendant
Kronberg
Allemagne
 
Klaus Pilgram
Deutsche Gesellschaft für Technische
Zusammenarbeit (GTZ) GmbH
Division Développement rural
Eschborn
Allemagne