Utiliser l’énergie géothermique dans l’alimentation et l’agriculture

L'énergie géothermique, le flux de chaleur émanant du centre de la terre, offre des opportunités exceptionnelles pour la production et la transformation rentables et durables des aliments dans les pays en développement, selon un nouveau rapport publié par la FAO.

Dans certaines économies en développement, la moitié de toute la nourriture produite se perd durant la phase après récolte – en partie à cause d'un manque d'énergie abordable pour la transformation des aliments. Selon le rapport Uses of geothermal energy in Food and Agriculture (L’utilisation de l’énergie géothermique dans l’alimentation et l’agriculture), publié par la FAO en avril 2015, cela rend l'utilisation de l'énergie thermique particulièrement intéressante pour sécher les aliments, pasteuriser le lait et stériliser les produits dans les pays en développement, où la transformation des aliments renforcera la sécurité alimentaire. Le séchage des aliments peut prolonger leur durée de conservation, comme dans le cas du poisson et des légumes, les rendant ainsi disponibles tout au long de l'année, notamment durant les périodes de sécheresse. L'énergie géothermique est aussi une source principale de chauffage pour les serres agricoles et les sols, et d'eau pour l'aquaculture, précise le rapport.

A l'échelle mondiale, 38 pays appliquent déjà l'énergie géothermique directement à la production agricole et quelque 24 pays l'exploitent pour générer de l'électricité, l'Islande, le Costa Rica, El Salvador, le Kenya, la Nouvelle-Zélande et les Philippines tirant plus de 10 pour cent de leurs besoins en électricité des sources de chaleur naturelle. Selon le rapport, sur les 23 pays en développement utilisant l'énergie géothermique, la majorité l'applique actuellement à des fins de chauffage et de loisirs (baignade), sans exploiter son énorme potentiel pour les utilisations agricoles.


Mais des projets d'agriculture géothermique sont en cours dans presque la moitié de ces pays, notamment dans les domaines de l'aquaculture, de l'agriculture et de l'agroalimentaire. Par exemple, un projet financé par le gouvernement algérien soutient la création de fermes piscicoles qui utilisent l'eau chaude des forages pour chauffer les étangs d'élevage de tilapia. Les trois exploitations crées jusqu'à présent produisent en moyenne 1 700 tonnes de tilapia chaque année.



Les coûts de démarrage demeurent le principal obstacle à l'étude des utilisations de l'énergie géothermique des pays en développement à plus grande échelle, les gouvernements étant donc de plus en plus appelés à s'efforcer d'attirer des investissements et à créer des environnements de politique propices, selon la FAO.


(FAO/sri)

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