Utilisation durable des puits

Selon une étude de l’UNC, si les comités locaux de l’eau collectaient des redevances pour financer la réparation des puits et former les membres de la communauté à la réalisation de ces travaux, ces puits pourraient être utilisés pendant des décennies.

Que se passe-t-il une fois qu’un puits a été foré, qu’il a été équipé d’une pompe à main et que la communauté a célébré l’événement consistant à avoir accès à de l’eau salubre pour la première fois ? La moitié des puits en question ne sont plus en état de fonctionner au bout d’un an. 

Lorsqu’une communauté manque de ressources et de formation, ces puits deviennent inutilisables. Toutefois, une récente étude réalisée par l’institut de l’eau de l’université de Caroline du Nord (University of North Carolina – UNC) à Chapel Hill, et par Eau et Assainissement pour l’Afrique, une agence humanitaire panafricaine, a montré que si un comité local de l’eau collectait une redevance pour réparer les puits et former les membres de la communauté à la réalisation de ces travaux, les puits en question pourraient être utilisés pendant des décennies. C’est ce qu’a déclaré l’ONG Vision du Monde en septembre 2014.

Les chercheurs ont examiné 1 470 puits dans la grande région des Plaines d’Afram, au Ghana. 898 de ces puits ont été forés par Vision du Monde. L’étude a montré que les puits avaient nettement plus de chances de fonctionner lorsqu’un comité local de l’eau et un système de collecte des redevances étaient mis en place dans la communauté. 

Dans les communautés où Vision du Monde opère, des comités locaux de l’eau, d’assainissement et d’hygiène sont mis en place pour gérer chaque nouveau point d’eau. Entièrement composés de membres de la communauté, ces comités collectent une redevance pour l’utilisation et la réparation des puits. L’ONG offre également aux comités des boîtes à outils et une formation complète pour l’entretien et la réparation des puits qui, à un moment ou un autre, finissent par ne plus fonctionner. La formation des comités est aujourd’hui une pratique standard dans de nombreuses organisations gouvernementales (OG) et non gouvernementales (ONG) et cette étude semble confirmer le bien-fondé de cette approche.

Les modèles de collecte des redevances varient d’une communauté à l’autre, certaines optant pour une redevance mensuelle alors que d’autres font payer quelques pennies le plein d’une cruche d’eau.

Il est ressorti de l’étude qu’au cours des 12 derniers mois, 45 pour cent des puits n’étaient plus en état de fonctionner, alors que la majorité des puits forés par Vision du Monde étaient régulièrement réparés et continueront de fonctionner pendant des années encore. 

Les chercheurs s’accordent à dire que l’appropriation et la responsabilisation du fonctionnement des puits sont indispensables pour que l’accès à l’eau potable soit préservé après le départ des institutions de bienfaisance et des ONG.

(World Vision/ile)