Les nouvelles variétés de blé dur peuvent résister à des températures pouvant atteindre 40°C ; elles offrent la possibilité de lutter contre la faim et aident les agriculteurs à s’adapter à l’élévation des températures. <br/> Photo: © ICARDA

Les nouvelles variétés de blé dur peuvent résister à des températures pouvant atteindre 40°C ; elles offrent la possibilité de lutter contre la faim et aident les agriculteurs à s’adapter à l’élévation des températures.
Photo: © ICARDA

Un blé tolérant à la chaleur, adapté au changement climatique

Des chercheurs ont utilisé des techniques de sélection moléculaire non GM pour élaborer un ensemble de variétés de blé dur résistant à des températures pouvant atteindre 40°C le long du bassin du fleuve Sénégal. Utilisée à grande échelle, la technologie offre la possibilité de lutter contre la faim et d’aider les agriculteurs à s’adapter à l’élévation des températures.

Des chercheurs du Centre international de recherche agricole dans les zones arides (ICARDA) ont mis au point des cultivars de blé dur ultra-précoces et tolérants à la chaleur et les ont testés sur des terres laissées en jachère par des riziculteurs pendant les mois d’hiver – de décembre à mars – dans le bassin du fleuve Sénégal.

Le fleuve Sénégal arrose 200 000 hectares de terres couvrant en partie le Sénégal, la Guinée, la Mauritanie et le Mali. Les exploitants agricoles de la région cultivent le riz pendant huit mois de l’année. Les terres restent en jachère les quatre autres mois de l’année.

Les variétés ICARDA, identifiées après trois ans de tests en des lieux multiples, ont également la particularité de pousser vite, si bien que les agriculteurs peuvent les produire pendant la période de jachère entre deux périodes de culture du riz.
 
Testées dans la vallée du fleuve Sénégal, les nouvelles variétés de blé ont produit plus de trois tonnes à l’hectare en exactement 90 jours. Les chercheurs de l’ICARDA estiment que, cultivées à grande échelle, ces variétés pourraient produire jusqu’à 600 000 tonnes de cette nouvelle source alimentaire, soit des recettes supplémentaires estimées à 180 millions d’euros pour les petits exploitants agriculteurs, sans que la production de riz en soit affectée. 

La politique de libre accès au germoplasme appliquée par l’ICARDA à l’endroit des pays en développement permet de mettre cette technologie à la disposition des agriculteurs, non seulement en Afrique de l’Ouest, mais également dans d’autres régions arides.

Le projet « Deployment of Molecular Durum Breeding to the Senegal Basin: Capacity Building to Face Global Warming » (application à grande échelle de la sélection moléculaire du blé dur dans le bassin du fleuve Sénégal : renforcement des capacités pour faire face au réchauffement climatique) de l’ICARDA, a reçu le prix Olam 2017 de l’innovation pour la sécurité alimentaire. Il bénéficie du soutien financier du Conseil suédois de la recherche.

(ICARDA/wi)