Le biocapteur peut détecter le paludisme dans le sang d’un patient en 30 minutes.
Photo: © Organisation panaméricaine de la santé

Un biocapteur promet le dépistage précoce du paludisme

Un biocapteur papier simple, sensible et peu coûteux, contenant une faible quantité de produits chimiques pour le dépistage précoce du paludisme a été mis au point par des chercheurs brésiliens. Il détecte la présence dans le sang de la protéine du paludisme à P. falciparum en 30 minutes et pourrait être d’une grande utilité pour les populations difficiles à atteindre, dans les régions où la maladie est endémique.

Une bandelette de papier chromatographique similaire à celles qui sont utilisées pour les tests rapides de grossesse constitue la base d’un biocapteur permettant de détecter le paludisme. Ce biocapteur a été mis au point par des chercheurs brésiliens.

La bandelette, conçue pour le diagnostic rapide d’une infection causée par les parasites Plasmodium falciparum responsables de la forme la plus violente et mortelle de la maladie, donne un résultat dans les 30 minutes qui suivent son immersion dans une solution contenant des échantillons de sang, de sérum ou de salive de la personne infectée. Les tests actuellement utilisés prennent de deux à dix jours pour donner un résultat.

Si la bandelette de papier change de couleur, cela veut dire que la protéine-2 riche en histidine (HRP2) — protéine uniquement excrétée par le P. falciparum dans les premiers jours qui suivent l’infection — est présente dans le sang.

Lors des tests en laboratoire, ce dispositif a été capable de détecter la présence de protéine HRP2, même lorsque le parasite n’en avait produit qu’une faible quantité.

Ce biocapteur a été testé avec des échantillons de sang de personnes en bonne santé et de personnes infectées par le parasite. Ces échantillons ont été fournis par le laboratoire de parasitologie et d’entomologie de l’Hospital das Clinicas de l’université de Campinas (Unicamp), au Brésil.

Selon Lauro Tatsuo Kubota, membre de l’institut de chimie d’Unicamp et auteur principal de l’étude qui décrit la technologie et a été publiée dans la revue Sensors and Actuators B: Chemical, le coût de production actuel du test est estimé à 0,50 USD.

« Il suffirait que la production augmente pour que ce coût diminue, » a déclaré Lauro Tatsuo Kubota dans le bulletin électronique de science et de développement SciDev.Net.

Le paludisme est transmis par les moustiques du genre Anopheles qui se nourrissent de sang contaminé par les parasites du genre Plasmodium. Les premiers symptômes sont les mêmes pour tous les types de paludisme (fièvre, frissons, maux de tête et courbatures), mais la maladie est plus ou moins dangereuse en fonction de l’agent qui en est responsable.

Le parasite P. falciparum est très répandu en Afrique, mais il est également présent dans 20 pays latins, tout particulièrement au Brésil, et on estime qu’il est annuellement la cause de six décès pour 100 000 personnes dans toute la région.

Selon Osvaldo Novais de Oliveira, de l’institut de physique São Carlos de l’université de São Paulo, le biocapteur pourrait avoir un impact social considérable en améliorant le diagnostic, notamment dans les zones éloignées de centres urbains.

Osvaldo Novais de Oliveira a déclaré à SciDev.Net que « le diagnostic précoce du paludisme est vital si on veut améliorer les chances de traiter les personnes infectées. Mais pour cela, il est indispensable de disposer d’une technologie peu coûteuse dont l’utilisation peut être généralisée, surtout pour les populations les plus vulnérables. »
(SciDevNet/wi)

Reference:

Glauco Pilon dos Santos, Cétai Crispilho Correa, LauroTatsuo Kubota:
 A simple, sensitive and reduced cost paper-based device with low quantity of chemicals for the early diagnosis of Plasmodium falciparum malaria using an enzyme-based colorimetric assay