Fruitfly Mania™ interrompt le cycle de reproduction de la drosophile.
Photo: © icipe

Substance toxique novatrice: lutte contre la drosophile au Kenya

Un insecticide protéique attire et détruit la drosophile et, ce faisant, améliore les revenus des producteurs de fruits et légumes au Kenya. Testé sur le terrain, le produit contribue à résoudre le problème des pertes de rendement et coûte 70 pour cent moins cher que d’autres produits disponibles dans le commerce.

Un appât protéique anti-drosophile a été produit dans le but de réduire les pertes considérables de fruits et légumes auxquelles sont exposés les agriculteurs au Kenya. Le produit Fruitfly Mania™ élaboré par un partenariat public-privé entre le Centre international de physiologie et d’écologie des insectes (ICIPE) et l’entreprise Kenya Biologics est obtenu à partir de déchets de levure de bière – un sous-produit industriel – et constitue une alternative moins coûteuse aux pesticides commerciaux. 

On estime que les dégâts directs que la drosophile cause aux cultures de fruits et légumes, ainsi que les pertes ultérieures en possibilités d’exportation, coûtent annuellement plus de 1,8 milliard d’euros à l’Afrique. « Au cours des 20 dernières années, l’ICIPE et ses partenaires ont effectué des recherches approfondies pour trouver une solution au problème de la drosophile en Afrique. L’objectif du Centre est de réduire les pertes de rendement et les énormes dépenses effectuées par les producteurs pour acheter des insecticides synthétiques, » déclare le docteur Segenet Kelemu, directeur général de l’ICIPE. « Nous avons également l’intention de contribuer à la réduction des risques pour la santé et l’environnement associés à l’utilisation et l’usage abusif de ces produits chimiques, et d’améliorer la compétitivité mondiale des fruits produits par l’Afrique. »

L’appât protéique contient une substance toxique qui attire les drosophiles femelles et les tue lorsqu’elles en consomment. L’application continue du produit sur une base hebdomadaire ou bihebdomadaire, jusqu’à la récolte des fruits, interrompt le cycle de reproduction de la drosophile et réduit la population de femelles dans les vergers. Selon les résultats des recherches effectuées par l’ICIPE lors d’essais pilote sur le terrain dans toute l’Afrique, Fruitfly Mania™ réduit de 80 pour cent à 5-9 pour cent l’infestation par la mouche des fruits produits. Les exploitants qui utilisent ce produit pour traiter leurs vergers sont certains d’améliorer leurs revenus de 66 pour cent, soit plus ou moins l’équivalent de 236 692 Kenya Shillings (KSh) (2 160 €) par hectare et par saison. 

Lancement de la fabrication commerciale de Fruitfly ManiaTM au Kenya

Une installation de production en grand volume de Fruitfly Mania™ a officiellement été mise en service dans le comté de Muranga, en mars 2017, et elle est la première de ce genre en Afrique subsaharienne. Gérée par Kenya Biologics, elle peut produire 2 000 litres de Fruitfly Mania™ par jour, soit une quantité suffisante pour répondre à la demande des ménages kenyans qui comptent sur la mangue pour assurer leurs moyens de subsistance. Un flacon de 400 millilitres (ml) de Fruitfly Mania™ coûte 250 KSh (2,4 €), soit 70 pour cent moins cher que les produits équivalents disponibles sur le marché. La marque de ce produit a été enregistrée au Kenya et lorsqu’elle le sera également dans toute l’Afrique de l’Est, et notamment en Tanzanie et en Ouganda, environ 600 000 producteurs de mangues bénéficieront des avantages de cet appât protéique.

James Karuga & Munyaradzi Makoni CTA/(wi)