Situation mondiale des pêches et de l'aquaculture

Pourtant malgré des progrès remarquables observés dans certains domaines, la situation mondiale des ressources marines ne s'est pas améliorée. Le nouveau rapport de la FAO sur la situation mondiale des pêches et de l’aquaculture appelle à redoubler d’efforts pour freiner la surpêche.

La dernière publication de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) sur la Situation mondiale des pêches et de l'aquaculture (SOFIA) indique que près d'un tiers des stocks de poissons commerciaux sont à présent pêchés à des niveaux biologiquement non viables, soit trois fois plus qu'en 1974. 

Pour la première fois, la consommation mondiale de poisson par habitant a dépassé les 20 kilos par an grâce à un approvisionnement aquacole plus important, à des captures record pour certaines des principales espèces et une réduction du gaspillage.

« La vie aquatique, que les Objectifs de développement durable nous engagent à préserver, est un allié capital permettant de relever une série de défis, en partant de la sécurité alimentaire jusqu'au changement climatique », a déclaré le Directeur général de la FAO, M. José Graziano da Silva, lors de la présentation du rapport à la mi-juin à Rome. «Ce rapport démontre que la pêche de capture peut être gérée de manière durable et souligne que l'énorme potentiel de l'aquaculture est capable d'améliorer l'alimentation humaine et de soutenir les moyens d'existence avec des emplois productifs».

Quelques chiffres clés du rapport:

  • A l'échelle mondiale, les poissons ont fourni 6,7 pour cent de l'ensemble des protéines consommées par les humains et offert une source abondante d'acides gras oméga-3, de vitamines, de calcium, de zinc et de fer. Près de 57 millions de personnes travaillaient dans le secteur primaire de la production de poisson, dont un tiers dans l'aquaculture.
     
  • En 2014, la production mondiale de la pêche de capture s'élevait à 93,4 millions de tonnes, ceci comprend notamment les prises issues de la pêche continentale, légèrement en hausse ces deux dernières années. Le colin d'Alaska était l'une des principales espèces, remplaçant l'anchois pour la première fois depuis 1998 et prouvant ainsi l'efficacité des pratiques de gestion de ressources.
     
  • Les produits issus de la pêche ont représenté un pour cent du commerce mondial de marchandises en termes de valeur et plus de neuf pour cent du total des exportations agricoles. En 2014, les exportations mondiales s'élevaient à 148 milliards de dollars, une hausse de 8 milliards de dollars par rapport à 1976. Les exportations des produits de la pêche des pays en développement ont rapporté 80 milliards de dollars, générant ainsi des revenus commerciaux nets plus élevés que ceux liés à la viande, au tabac, au riz et au sucre, tous réunis.
     
  • En 2014, la production globale de l’aquaculture a atteint les 73,8 millions de tonnes dont un tiers de mollusques, crustacés et autres animaux hormis les poissons. Plus important encore, du point de vue de la sécurité alimentaire et de la durabilité environnementale, près de la moitié de la production d'animaux d'aquaculture dans le monde – souvent des crustacés, des carpes et des plantes (dont des algues et des micro-algues) – repose sur des espèces qui n'ont pas besoin d'être nourries.
     
  • Le rapport indique que si la Chine reste de loin le premier pays à pratiquer l'aquaculture, le phénomène se répand ailleurs. Au Nigéria, la production aquacole est 20 fois plus importante que lors des deux dernières décennies et l'ensemble de l'Afrique subsaharienne semble suivre ce rythme. Le Chili et l'Indonésie ont également enregistré une croissance remarquable, tout comme la Norvège et le Vietnam, à présent numéro 2 mondial et numéro 3 en termes d'exportations de poisson.
     
  • En 2013, quelque 31,4 pour cent des stocks de poissons commerciaux, régulièrement surveillés par la FAO, étaient surexploités, le niveau s'était pourtant stabilisé depuis 2007.
     
  • Selon le rapport, les chaînes d'approvisionnement et les autres améliorations ont également contribué à l'augmentation de la production mondiale de poissons destinés à la consommation humaine, qui atteint les 87 pour cent ou les 146 millions de tonnes en 2016. Un chiffre en hausse par rapport aux 85 pour cent et aux 136 millions de tonnes de 2014.
     
  • Le secteur de la transformation des produits de la pêche, en plein essor, offre également des opportunités d'améliorer la durabilité de la chaîne d'approvisionnement des poissons grâce à une quantité de produits dérivés à fort potentiel et de nombreuses possibilités d'utilisation. Cela va de la farine de poisson pour l'aquaculture à la production de collagène pour l'industrie cosmétique, en passant par les petites arêtes de poisson que les humains peuvent consommer sous forme d'apéritifs.

(FAO/sri)

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