Dans le cadre du programme sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle, la GIZ s’efforce de promouvoir et de renforcer les compétences de femmes chefs d’entreprise dans la ville de Tanguiéta.
Photo: © GIZ/ Klaus Wohlmann

Sécurité alimentaire et nutritionnelle : nécessité d’adopter une approche sensible au genre

Les objectifs de l’Agenda 2030 ne pourront pas être menés à bien tant que l’égalité de genre ne tiendra pas une place centrale dans la coopération au développement. Alors que les femmes jouent un rôle clé dans la sécurité alimentaire et nutritionnelle, rares sont celles qui ont accès aux ressources requises dans ce domaine. Avec le programme « Sécurité alimentaire et nutritionnelle, résilience améliorée », la GIZ (Deutsche Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit) s’efforce de résoudre ce problème en appliquant une méthode sensible au genre.

Les droits des femmes et des filles jouent un rôle important dans le développement rural, l’agriculture, la sécurité alimentaire et la nutrition. Les femmes sont particulièrement concernées par la pauvreté et par la malnutrition sachant qu’environ 60 % des personnes sous-alimentées dans le monde sont des femmes. Or, alors que les femmes sont les principales responsables de la nutrition et de la santé au sein de la famille, la plupart d’entre elles ne disposent pas des ressources nécessaires. Seules 5 % des femmes des zones rurales bénéficient de services de vulgarisation agricole, et seulement 10 % environ du montant total de l’aide destinée à la foresterie, à l’agriculture et à la pêche revient à des femmes. Il est donc crucial d’adopter une approche sensible au genre dans le cadre des mesures liées à la sécurité alimentaire et nutritionnelle.

Les mesures de sécurité alimentaire et nutritionnelle doivent tenir compte non seulement de la situation nutritionnelle générale, mais aussi de la problématique hommes-femmes de chaque pays. Cette approche requiert une évolution majeure de la volonté politique, ainsi que des actions et des ressources ciblées. Le principal facteur permettant de garantir la réussite d’une activité prometteuse est non seulement que la situation nutritionnelle générale soit parfaitement comprise, mais que la problématique hommes-femmes dans le contexte considéré soit pleinement prise en compte. Pour y parvenir, le programme « Sécurité alimentaire et nutritionnelle, résilience améliorée » cible plusieurs domaines en même temps afin d’améliorer durablement la situation alimentaire et nutritionnelle des populations, et plus particulièrement celle des femmes et des enfants.

Approches sensibles au genre en Inde et au Bénin

En Inde, par exemple, le Programme sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle a décidé, en collaboration avec Mme Archana Chitnis, ministre de la promotion de la femme et de l’enfant, d’élaborer un « calendrier nutritionnel » pour améliorer les connaissances nutritionnelles dans tous les foyers. L’objectif est de promouvoir les aliments saisonniers tels que les céréales, les légumineuses, le lait, les fruits et légumes et d’expliquer comment les préparer et les consommer. Une attention particulière est portée aux besoins nutritionnels spécifiques des enfants et des femmes enceintes et allaitantes. Ce calendrier est un outil particulièrement utile pour sensibiliser chaque foyer à la diversité nutritionnelle.

Pendant ce temps, les collègues qui travaillent au Bénin ont profité de la Journée mondiale de la femme pour promouvoir et renforcer les capacités de femmes chefs d’entreprise dans la ville de Tanguiéta. Une visite a été organisée pour présenter des femmes qui travaillent dans le secteur de la transformation alimentaire de cultures nourrissantes et localement appréciées comme le riz, le soja et le sésame. Les autorités locales ont participé à l’événement, ce qui leur a permis de prendre conscience de l’importance des approches sensibles au genre pour le développement durable des communautés.

Le Programme sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle est actif dans 11 pays du monde. Parmi les autres approches prometteuses utilisées, l’une consiste à enseigner de nouvelles technologies agricoles aux femmes pour améliorer et simplifier la production d’aliments nourrissants. L’accès à l’eau locale doit également être sécurisé afin de réduire le fardeau qui consiste à aller chercher de l’eau propre pour la nourriture, l’hygiène et les plantes. Et enfin, les femmes doivent être formées aux effets positifs d’un régime alimentaire plus varié. Les aliments à forte teneur en nutriments sont essentiels pour le développement et la santé, non seulement des individus mais aussi de pays entiers. Porter une attention particulière aux femmes et aux enfants représente donc le meilleur investissement d’avenir possible.

Auteur: Silke Könighofer et Zula Tesfai, Deutsche Gesellschaft für internationale Zusammenarbeit (GIZ), Bonn/Eschborn, Allemagne