Travaux de restauration : investir dans des pépinières pour obtenir de jeunes plants de multiples espèces différentes.
Photo: ©Sonny Royal, SEARRP

La restauration accélère la régénération des forêts

Un jeu de séries chronologiques montre que la restauration active aide les forêts à se régénérer après des perturbations. Même si les forêts ont la capacité de se régénérer naturellement, la restauration active permet d’accélérer le processus.

Une étude à long terme réalisée par l’université de Dundee à Aberdeen et l’ETH Zurich sur des forêts tropicales de faible altitude de Bornéo montre qu’après été exploitées, les forêts restaurées activement retrouvent leur biomasse de surface plus rapidement que lorsqu’elles doivent se régénérer naturellement. L’étude a été publiée en août 2020 par la revue Science.

Les forêts tropicales d’Asie du Sud-Est font partie des écosystèmes tropicaux mondiaux qui se détériorent le plus rapidement. À Sabah, sur l’île malaisienne de Bornéo, des chercheurs de 13 institutions ont étudié une zone de forêt tropicale qui avait fait l’objet d’une exploitation intensive dans les années 1980 mais avait ensuite été protégée contre toute activité ultérieure de déforestation ou de conversion en terres agricoles.

Les forêts soumises à une restauration active se régénèrent beaucoup plus vite
 

Cette étude à long terme a notamment porté sur la capacité de la forêt à reconstituer de la biomasse. Les chercheurs ont découvert que les zones qui devaient se régénérer naturellement récupéraient environ 2,9 tonnes de carbone de surface par hectare et par an. D’après les scientifiques, cela confirme que les forêts dégradées peuvent se régénérer naturellement si elles sont correctement protégées. Plus important encore, l’équipe chargée de l’étude a découvert que les zones de la forêt qui avaient fait l’objet d’une restauration active s’étaient régénérées 1,5 fois plus vite, la quantité de carbone de surface passant de 2,9 à 4,4 tonnes par hectare et par an.

Pratiquée à Sabah depuis de nombreuses années, l’exploitation commerciale et sélective du bois a fortement dégradé de larges sections du domaine forestier. Sabah dispose encore de plus de 50 % de couvert forestier naturel (près de la moitié de cette superficie étant totalement protégée), mais la part de cette forêt qui est actuellement en parfait état de conservation est relativement faible. La remise en état, particulièrement dans les forêts de faible altitude fortement exploitées, est considérée comme essentielle pour préserver la biodiversité, la fixation du carbone et autres services écosystémiques.

La restauration active favorise la biodiversité


Les chercheurs soulignent que la remise en état active encourage l’implantation d’une forêt naturellement variée et qu’elle est donc beaucoup plus bénéfique pour la biodiversité que les monocultures ou les plantations forestières. Cette approche implique de couper les lianes (plantes grimpantes qui s’épanouissent dans les forêts dégradées, faisant concurrence aux arbres et réduisant la survie et la croissance des jeunes plants), de désherber et d’effectuer des « plantations d’enrichissement » avec de jeunes plants. Cette dernière solution a pour but d’augmenter, dans les forêts dégradées, la présence d’espèces d’arbres natives décimées par l’exploitation commerciale.

(ETH Zurich/ile)

Plus d’informations sur le site Internet de l’ETH Zurich (en anglais)

Référence (en anglais):
Philipson CD, Cutler MEJ, Brodrich PG, et al. Active restoration accelerates the carbon recovery of human-modified tropical forests. Science, publié en ligne le 13 août 2020, doi : 10.1126/science.aay4490

Rural 21: Regardons de plus près - Forêts