Les femmes constituent une main d’œuvre agricole essentielle au Sahel. Elles jouent en outre un rôle clé dans l’amélioration de la sécurité alimentaire.
Photo: © Michael Tewelde

Renforcer la résilience des femmes et des jeunes au Sahel

Une nouvelle initiative des Nations unies basée sur l’agriculture intelligente face au climat vise à améliorer les moyens de subsistance d’un million de femmes et de jeunes dans le Sahel en doublant leur revenu en l’espace de trois ans.

Les Nations unies s’efforcent d’améliorer les conditions de vie des femmes et des jeunes au Sahel. Une nouvelle initiative, lancée en décembre 2017, vise à renforcer la résistance aux impacts du changement climatique d’un million de femmes et de jeunes au Sahel grâce à l’agriculture intelligente. Il s’agit d’un programme de la Stratégie intégrée des Nations unies pour le Sahel (SINUS) et du Secrétariat du G5 Sahel.

Les femmes représentent plus de 40 pour cent de la main d’œuvre agricole au Sahel et jouent un rôle clé dans l’amélioration de la sécurité alimentaire et de la nutrition. Dans la plupart des endroits où prédomine la sous-alimentation, l’accès des femmes agricultrices à la terre, à l’information, au financement et aux intrants agricoles est très limité.

Cela les rend plus vulnérables aux chocs climatiques, affecte leur santé ainsi que la sécurité alimentaire et nutritionnelle de l’ensemble du ménage. Le manque d’emplois, par ailleurs, expose les jeunes au risque de recrutement terroriste.

Construire une identité économique

Le programme en faveur de l’agriculture intelligente face au changement climatique entend tirer pleinement parti des technologies de l'information et de la communication afin de faciliter l’accès aux actifs agricoles. Grâce à une plateforme numérique connue sous le nom de « Buy-From-Farmers » ou AgriFed, des femmes agricultrices et des jeunes agriculteurs et agricultrices seront mis en relation avec des clients et des fournisseurs et auront accès à des informations, des marchés et des financements pour les aider à construire leur identité économique et à faire d’elles et d’eux de véritables entrepreneurs capables de mettre fin à l’insécurité alimentaire au Sahel.

Le G5 Sahel, qui est le cadre institutionnel assurant la coordination du développement pour les cinq pays de la région (Burkina Faso, Tchad, Mali, Mauritanie et Niger), a fait de la lutte contre le changement climatique, la dégradation de l’environnement et les impacts de ces phénomènes sur les populations rurales l’une de ses priorités. Au niveau national, les gouvernements travaillent sur des stratégies d’adaptation et la nouvelle initiative est conçue pour soutenir ces efforts.

Les trois piliers de l’agriculture intelligente face au changement climatique

L’Initiative conjointe des Nations unies répond à 12 des 17 Objectifs de développement durable et pourrait contribuer à l’autonomisation économique d’au moins 1 million de personnes, principalement des femmes, des jeunes et des groupes marginalisés au Sahel, en doublant leurs revenus en l’espace de 3 ans.

En s’appuyant sur les programmes en faveur du climat actuellement mis en œuvre par les agences des Nations unies qui participent à l’Initiative conjointe, ce programme contribue aux trois piliers de l’agriculture intelligente face au changement climatique qui visent à accroître la productivité et les revenus sans porter atteinte à l’environnement, à favoriser l’adaptation en renforçant la résilience et les capacités des communautés locales ainsi qu’à réaliser l’atténuation en réduisant et/ou supprimant les émissions de gaz à effet de serre grâce à une agriculture responsable, à la gestion des sols et au reboisement.

(IFAD/UN women/ile)