La section informatique de l‘école Oneputa, à Owambo, en Namibie. Actuellement, un Africain sur trois seulement a accès à l‘électricité.
Photo: © John Hogg / World Bank

Rendre l’électricité abordable pour les pauvres

Un nouveau rapport de la Banque mondiale révèle comment les compagnies d’électricité en Afrique subsaharienne peuvent devenir financièrement viables sans pour autant pratiquer des tarifs inaccessibles pour les pauvres. Elle propose plusieurs solutions pour permettre aux fournis-seurs de recouvrer leurs coûts tout en rendant l’électricité abordable.

Selon une nouvelle étude publiée par la Banque mondiale en octobre 2016, un Africain sur trois seulement a aujourd’hui accès à l’électricité ; les pannes de courant sont en outre fréquentes : à court d’argent et pénalisées par des infrastructures obsolètes qui auraient besoin d’investissements, les compagnies d’électricité ont bien du mal à maintenir un service fiable et constant.

Cette nouvelle étude, intitulée Making Power Affordable for Africa and Viable for its Utilities, a consisté à passer au crible les rapports financiers des compagnies d’électricité de 39 pays d’Afrique, les données sur les dépenses des ménages tirées de 22 enquêtes et les tarifs de l’électricité dans 39 pays également.

Si l’étude met l’accent sur le raccordement au réseau pour l’ensemble des citadins et pour nombre des ménages ruraux, elle souligne également l’importance capitale d’autres solutions comme les mini-réseaux ou les dispositifs hors réseau (basés notamment sur l’énergie solaire) pour assurer l’électrification des zones rurales d’Afrique subsaharienne.

Recouvrer les coûts d’alimentation et rendre l’électricité abordable

Pour élargir l’accès à l’électricité, la priorité consiste à rendre les coûts initiaux de raccordement abordables pour les pauvres. L’une des options consiste à répartir ces frais sur tous les usagers, y compris les grandes et moyennes entreprises.

Dans un tiers des pays étudiés, les compagnies pourraient effacer leur déficit en parvenant uni-quement à réduire les pertes liées au transport, à la distribution et à la facturation à hauteur de 10 pour cent de l’électricité fournie.

Dans les pays restants, le besoin de financement ne pourra pas être uniquement comblé par une amélioration de l’efficacité opérationnelle, et exige par conséquent une hausse des tarifs. Des hausses limitées et fréquentes des tarifs seront probablement mieux acceptées, à condition de garantir la fiabilité de l’alimentation.

Parce qu’ils rechignent à assumer les dépenses initiales élevées du raccordement, les ménages pauvres tendent à partager un seul compteur, devenant de ce fait inéligibles aux tarifs subven-tionnés. L’installation de compteurs individuels dans ces foyers peut améliorer le ciblage des sub-ventions.

Pour les ménages à faible revenu, la possibilité de régler régulièrement de petites sommes per-met de caler ces dépenses sur les rentrées de fonds, tandis que les compagnies d’électricité sont assurées de toucher un paiement anticipé.

Pour en savoir plus et télécharger l’étude 

(World Bank/ile)