Culture en terrasses dans la province de Tarma, sur les hauts-plateaux andins.
Photo : © Can Stock Photo / jkraft5

Rencontre internationale sur les assurances agricoles

Des représentants de ministères de l’Agriculture, de compagnies d’assurance et de milieux universitaires de toute l’Amérique latine se sont réunis les 17 et 18 octobre à l’occasion de la rencontre internationale « Sur la bonne voie pour la gestion des risques dans le secteur de l’agriculture et de l’élevage » pour parler des bonnes pratiques en matière d’assurances agricoles.

Les assurances agricoles prennent de plus en plus d’importance au niveau de la politique internationale :

  • dans 38 pays sur 165, elles font partie des contributions décidées au niveau national (NDC) pour l’adaptation au changement climatique, conformément à la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC) ;
  • elles contribuent à la réalisation de trois des 17 objectifs de développement durable, à savoir la fin de la pauvreté, la faim « zéro » et l’adaptation au changement climatique, et à la réalisation des objectifs du cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe 2015-2030 ;
  • des initiatives telles que « InsuResilience » et le « Partenariat mondial pour des solutions d’assurance et de financement des risques climatiques et de catastrophe » visent à assurer des millions de personnes contre les risques climatiques.

En Amérique latine et dans les Caraïbes, les assurances agricoles jouent un rôle important dans le développement du secteur agricole. Elles sont un instrument financier qui confère un caractère durable au travail des agriculteurs en transférant le risque de pertes à des assureurs spécialisés, en stabilisant les revenus face aux pertes de production et en assurant la continuité de l’entreprise.

Le nombre d’exploitations agricoles assurées augmente en Amérique latine

D’une manière générale, en Amérique latine, le nombre d’exploitants agricoles ayant accès à des régimes d’assurance augmente alors que les pertes dues à la variabilité climatique croissante diminuent. Dans le contexte du changement climatique, les assurances agricoles sont un outil essentiel pour le transfert des risques de catastrophe.

C’est pourquoi le ministère péruvien de l’Agriculture et de l’Irrigation, la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ont organisé la rencontre internationale « Sur la bonne voie pour la gestion des risques dans le secteur de l’agriculture et de l’élevage ». Les 17 et 18 octobre, des représentants de ministères de l’Agriculture, de compagnies d’assurance et de milieux universitaires de toute l’Amérique latine se sont réunis à Lima, Pérou, pour parler des bonnes pratiques en matière d’assurance agricole, partager leurs expériences dans la gestion des risques de catastrophe et promouvoir la coopération Sud-Sud dans le secteur agricole.

La rencontre était axée sur deux thèmes : politiques et institutions publiques, et information.

Le programme était le suivant :
a) l’analyse coûts-avantages politiques, économiques et sociaux des assurances agricoles ;
b) les bonnes pratiques qui existent en matière de subventions gouvernementales, de coopération entre le secteur public et le secteur privé, et les produits d’assurance ;
c) l’importance d’informations agricoles fiables dans l’élaboration des produits d’assurance ;
d) la promotion des initiatives innovantes et des technologies de pointe pour la production d’informations agricoles.

La rencontre a été inaugurée par William Arteaga, vice-ministre des politiques agraires du ministère péruvien de l’Agriculture et de l’Irrigation, Maria Elena Rojas, représentante de la FAO au Pérou, et Paul Garaycochea, responsable de la coopération à l’ambassade d’Allemagne au Pérou. Dès le départ, Paul Garaycochea a insisté sur le fait que les subventions gouvernementales ne devaient pas seulement viser les solutions d’assurance agricole pour ceux qui pratiquent une agriculture de subsistance, comme cela était le cas au Pérou, mais qu’elles devaient également soutenir les solutions d’assurance agricole pour les petits exploitants ayant accès au marché. Dans le droit fil du plaidoyer de M. Garaycochea, Luis Tejada, directeur du financement et des assurances agricoles au ministère de l’Agriculture et de l’Irrigation, a annoncé que les subventions du gouvernement pour les assurances agricoles allaient augmenter de 28 pour cent en 2019 et qu’un budget plus conséquent serait ultérieurement alloué aux assurances agricoles commerciales.

Le deuxième jour, la rencontre a mis l’accent sur les informations agricoles et sur leur pertinence dans la conception de produits d’assurance adaptés et abordables. Les intervenants et les participants ont reconnu que des informations agricoles de qualité étaient cruciales pour la prise de décisions en connaissance de cause, aussi bien pour les agriculteurs que pour les politiciens et les acteurs du secteur privé.

Les représentants de trois administrations régionales du Pérou ont présenté les progrès réalisés dans la collecte d’informations agricoles au moyen d’images satellites exploitées grâce à un outil de cartographie des zones agricoles (Mapping of Agricultural Areas – MAA). Cet outil très rentable classe les terres en zones agricoles et non agricoles et fait même la distinction entre cultures annuelles, permanentes et fourragères dans les zones agricoles.

Les images satellites sont actuellement gratuites et les données obtenues sont bien supérieures à celles qui sont actuellement collectées. L’outil MAA pourrait être particulièrement précieux pour d’autres administrations régionales, compte tenu de leurs moyens humains et financiers limités, et pourrait devenir un produit phare pour la fourniture d’informations agricoles dans les pays en développement centralisés.

Katharina Heß, Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) GmbH, Lima / Pérou