Dans les régions rurales, huit personnes sur dix n’ont pas accès à de l’eau potable salubre.
Photo: © UNICEF/ETHA20130084/Ose

Rapport de l’OMS/UNICEF : De l’eau insalubre : une violation fréquente des droits humains

Cinq ans après que l’accès à l’eau et à des services d’assainissement a été reconnu comme étant un droit humain, des millions de personnes dans le monde restent encore privées de ce droit. Selon les estimations les plus récentes de l’UNICEF et de l’OMS, 663 millions de personnes n’ont toujours pas accès à de l’eau potable et 2,4 milliards de personnes ne disposent ni d’une toilette ni d’une latrine.

L’absence de progrès en matière d’assainissement menace de compromettre les gains qu’un meilleur accès à l’eau potable a permis d’obtenir pour la survie et la santé de l’enfant, avertissent l’OMS et l’UNICEF dans un rapport analysant l’accès à l’eau potable et à l’assainissement comparé aux Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Le rapport du Programme commun OMS/UNICEF de suivi intitulé Progrès en matière d’assainissement et d’eau potable: mise à jour et évaluation des OMD, rapport 2015, affirme qu’un individu sur trois dans le monde, soit 2,4 milliards de personnes, vit toujours sans installations sanitaires. Sur ce total, 946 millions pratiquent la défécation en plein air.

Selon le rapport l’accès à des points d’eau améliorés a constitué une réussite majeure pour les pays et la communauté internationale. Environ 2,6 milliards de personnes ont obtenu l’accès depuis 1990, ce qui fait que 91 pourcent de la population mondiale disposent à présent d’eau potable et ce nombre ne cesse de croître. En Afrique subsaharienne, par exemple, 427 millions de personnes ont obtenu cet accès, soit une moyenne de 47 000 personnes par jour, chaque jour depuis vingt-cinq ans.

Les gains en matière de survie de l’enfant ont été considérables souligne le rapport. Aujourd’hui, moins de 1000 enfants de moins de cinq ans meurent chaque jour de diarrhées provoquées par de l’eau insalubre, des moyens d’assainissement inadéquats et une mauvaise hygiène, contre plus de 2000 il y a quinze ans.

Cependant le rapport souligne également que les progrès en matière d’assainissement ont été freinés par l’insuffisance des investissements dans des campagnes menées en faveur des changements de comportement, par le manque de produits bon marché pour les pauvres et par des normes sociales qui acceptent, voire encouragent, la défécation en plein air.

Bien que 2,1 milliards de personnes aient obtenu accès à un assainissement amélioré depuis 1990, le monde a manqué la cible des OMD,  disent les deux organisations. Pour l’atteindre, il aurait fallu couvrir près de 700 millions de personnes supplémentaires. Aujourd’hui, seulement 68 pour cent de la population mondiale utilise une installation d’assainissement améliorée, soit 9 points de moins que la cible de 77 pour cent des OMD.

L’accès à des infrastructures suffisantes d'approvisionnement en eau, d'assainissement et d'hygiène est essentiel pour la prévention et le traitement de 16 des 17 « maladies tropicales négligées » (MTN), notamment le trachome, l'helminthiase transmise par le sol (vers intestinaux) et la schistosomiase. Les MTN touchent plus d’1,5 milliard de personnes dans 149 pays et provoquent la cécité, le défigurement, un handicap permanent et la mort.

Le rapport note que les zones rurales abritent sept personnes sur dix sans accès à des installations d’assainissement améliorées et neuf personnes sur dix qui pratiquent la défécation en plein air.

Les plans des nouveaux Objectifs de développement durable (ODD), qui doivent être fixés par l’Assemblée générale des Nations unies en septembre 2015, comprennent une cible d’élimination de la défécation en plein air d’ici 2030. Cela impliquerait la multiplication par deux des taux actuels de réduction, notamment en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne, affirment l’OMS et l’UNICEF.

Les deux organisations affirment aussi qu’il est essentiel de tirer des leçons des progrès inégaux de la période 1990-2015 et de veiller à ce que les ODD réduisent les inégalités et permettent de parvenir à l’accès universel en matière d’eau et d’assainissement. Pour cela, la communauté internationale a besoin:

  • de se procurer des données ventilées pour pouvoir identifier les populations et les zones qui se trouvent à l’extrême des moyennes nationales;
  • de se concentrer sur les populations les plus difficiles à atteindre, notamment les pauvres des zones rurales;
  • de pouvoir disposer de technologies et d’approches innovantes pour apporter des solutions durables en matière d’assainissement aux communautés pauvres à des prix abordables;
  • de prêter plus d’attention à l’amélioration de l’hygiène dans les foyers, les écoles et les établissements de soins.


Pour en savoir plus:

Progrès en matière d’assainissement et d’eau potable 2015 - en anglais

Programme commun OMS/UNICEF de surveillance de l'approvisionnement en eau et de l'assainissement - en anglais

(OMS/UNICEF/wi)